lundi 31 décembre 2012

Éphémérides, nouvelle année et rétrospective...


En attendant mon long article sur les vampires qui célèbre la fin de la saga Twilight comme il se doit, c'est-à-dire en l’enterrant, voici une petite rétrospective de l’an passé... L'occasion aussi d’annoncer que dans les mois à venir, ce blog devrait évoluer pour se métamorphoser en une véritable vitrine de mes différents travaux mais ceci est une autre histoire…



La nouvelle année est l’occasion de tirer des bilans, je vais donc sacrifier à la tradition. Si ce blog continu vaille que vaille son existence, on ne peut pas vraiment dire que l’affluence soit au rendez-vous. Sans surprise c'est la rubrique « Foutages de Gueule Ultime » qui reçoit le plus de visites, lesquelles sont prétexte à débat sur l'état déplorable de la création. Malgré le plaisir que j'éprouve à y épancher mon inépuisable fiel, je préfère de loin me plonger dans la rédaction des univers d’Arkady et de ses joyeux compagnons, aussi cette rubrique ralentira-t-elle dans les mois qui viennent. Les imbéciles et les fils à papa ont tellement vérolés la production francophone dans tous les médiums que je n'en vois plus l'intérêt...

Aüz, dessin préparatoire par Didizuka.

Des heureux changements personnels m’ont amené à prendre un immense retard dans mes projets Bds ou de romans. Ainsi, Un massacre payant  mettant en scène Ethel Arkady est reporté, mais j’espère le boucler avant fin 2013. Une autre histoire de maison hantée écrite en parallèle devrait suivre.

Prime-Time, premier essaie de couverture. Dessin par Horlod.

Au niveau des Bds la plupart des collaborations se sont arrêtées en court de chemin. Soit les dessinateurs se sont lassés (proposer une fiction en ces temps de crises demande une certaine dose conséquente d’abnégation, de patience et de rouerie. A moins d’être adoubé par la naissance, c’est un parcours du combattant dont on a peu de chance de ressortir indemne.), soit il y a eu des différends artistiques. Ainsi, Prime-Time, Wall-Street Payback, La Fille aux Yeux de Diamant, La Foie et La Dame Noire demeurant à l’état de friche. Je consacrerais une nouvelle rubrique à ce sujet. Chacun de ces scénarios bloqués est susceptible d’être repris. Certains sont plus finalisés que d’autres mais tous méritent de croiser le chemin de lecteurs potentiels et d’exister.

La Fille aux yeux de Diamant, recherche pour le personnage de Charon par
Alain Letroye. 

Seul « Monatos » avec le dessinateur DavB progresse très lentement. Mon activité de bibliothécaire me permet de manger, d'avoir un toit et plus de confort mais c’est un frein chronophage et mes histoires n’avancent plus que par soubresauts successifs. Comme d’autres, je suis confronté aux affres du boulot alimentaire et à ses conséquences néfastes dont l’épuisement nerveux. Ecrire ou dessiner se transforme en torture après s’être agité, toute une journée enfermée face à des lecteurs quelquefois odieux avec le personnel. Si les idées trottent dans le crâne, leur faire passer le cap de la main exige certains jours trop d’efforts. Je ne relancerai pas le débat sur la professionnalisation de l’activité artistique tant la question, soulevé sur de nombreux forums se métamorphosent souvent en une foire d’empoigne ou les insultes volent bas.


Une étude d'Arkady pour Wall-Street Payback.

Débuté en 2011 Aüz, un projet BD avec Didizuka, devrait renaître de ses cendres courant 2013. Il en est de même pour le chapitre des aventures d’Arkady se déroulant dans les années 1920 dont le story-board est presque achevé, mais dont j’ai la flemme de commencer les planches.

La Dame Noire, dessin de Nicolas Pitz.


Pour autant 2012 est-elle une année à marquer, comme les autres d’une croix noire ? Non. Malgré un ralentissement prodigieux de ma capacité de production, il y a eu quelques avancés. Ainsi la publication d’une nouvelle « La Cathédrale de Chair » pour un Appel à Texte, ainsi que ma participation aux recueils de Roman Francophone pour les anthologies Handicap et Artistes. Pour tout ceci, je me dois de saluer bien chaleureusement Didizuka, Sissy Pantelis et Tomthomas Krebs qui ont bien voulu prendre sur leurs temps et relire les horribles premiers jets.


La Foie avec les Frères Fradet.

Enfin, une de mes collaborations avec la même talentueuse Didizuka sur le One-Shot « On lave son linge en famille », hommage aux vieux comics d’horreur comme « les contes de la crypte » s’est matérialisé et se diffuse petit à petit dans d’autres pays que la France. Je crois que sous ces auspices, je dois me résoudre à ne plus postuler dans la vieille Europe, mais ailleurs, ou l’on apprécie encore les récits fantastiques…

Couverture de Monatos par DavB


À bientôt en 2013 pour de nouvelles aventures donc…

Une autre illustration de Didizuka pour On lave son linge sale en famille...


PS : Le passage d'une année à l'autre est souvent l'occasion de faire des petits "Best of". Voici donc ce que je retiens de cette merveilleuse année.

En vrac : Le mieux : Sarkozy a dégagé !! Le pire : Il a laissé derrière lui un pays ravagé par le communautarisme et la haine. Il faudra beaucoup de temps pour que le paysage politique français (mais pas seulement) s'en remette.

Cinéma : Des rares films de 2012 pour lesquels je me suis déplacé, c'est ParaNorman (L'étrange pouvoir de Norman) qui mérite les éloges. Scénario en béton, réalisation impeccable, le film conjugue à merveille l'horreur au conte pour enfant sans les prendre pour des glands.

A l'opposé du spectre, Prometheus restera le film de merde ultime, le mètre étalon du genre, boursouflé de prétention artistique, gangrené de médiocrité scénaristiques et de maladresses dans la réalisation. 




A côté de cet infect étron, même le très médiocre The Dark Knight Rise et sa polémique journalistique moisie passe pour un chef-d'oeuvre, c'est dire ! Quant à Pixar, il confirme tout le mal que je pense d'eux avec Rebelle, une production qui porte très mal son titre...

BD : En tant que bibliothécaire, je lis aussi pas mal de BD. 2012 fut une année chargée de livres (4000 sorties environ) mais au final peu d'ouvrages retiennent l'attention. Je parlerais seulement de l'apparition sur le marché du comics de l'éditeur Urban Comics qui exécute un travail titanesque pour la reconnaissance du médium à travers de belles rééditions des classiques de Vertigo et de DC comics. Certes cela fait très mal au porte-monnaie mais au moins sommes-nous vengés des délires de Panini comics...



Un titre ne cesse de surgir dans ma tête, c'est l'excellent Nou3 de Grant Morrison et Franck Quietly, mélange incroyable de SF cyberpunk et d'émotions dans lesquelles nos amis à quatre pattes sont pris à partis dans des guerres humaines qui ne les concernent pas....

Signalons un éditeur peu connu : les Editions Muffin qui font dans le Yaoi américain avec une aventure "gay" de Sherlock Holmes (une thèse largement mise en avant dans les films de Guy Ritchie) dans "L'aventure du Concussoris Magnus" dont l'impression, la mise en scène et l'histoire en font un des meilleurs mangas du moment.



Dans le registre du foutage de gueule ultime, outre le coup marketing de La Page Blanche, n'oublions pas Glénat, éditeur peu scrupuleux qui fait payer au prix fort le manga 2001 Night Stories en crachant à la figure des lecteurs avec une finition de merde, un papier glacé pourri qui prend les empreinte de doigt et une reliure collée. Pour 99€, l'acheteur peut exiger un peu plus d'effort....

samedi 22 décembre 2012

Fushi

Une ancienne illustration d’une histoire de Dark Fantasy que je n’ai toujours pas eu le temps d’écrire malgré quelques essais sous forme de BD. On y suit les aventures de Fushi, une vampire mercenaire qui sera mêlée malgré elle à un complot visant à s’emparer d’un puissant royaume…

jeudi 6 décembre 2012

Publicité : Artistes !

Aujourd’hui, un peu de publicité pour une idée-cadeau puisque le deuxième recueil de Romans Francophones auquel j’ai pris part est sorti. Vous pouvez vous le procurer sur Lulu. J’avoue que la thématique de l’artiste m’a amené à dépoussiérer une de mes nouvelles les plus gores ! Un hommage  pour le moins violent à l’écrivain H.P.Lovecraft. Un auteur qui me procure toujours autant de plaisir dans l'horreur. Je vous livre en prime un extrait du texte ainsi que son illustration en noir et blanc (Un jour, j’en réaliserais une version couleur…)




DIEU.

[...]Fondu enchaîné. Dégradé du noir au bleu. La caméra pivote sur son axe. Gros plan sur la bouche absurdement pulpeuse de la jeune blonde qui se découpe sur l’écran, sourire blanc, rehaussé par quelques touches de luminosité numérique. Ses énormes seins se balancent au rythme de sa course. Derrière ses épaules se dévoile un paysage anormalement beau. Un homme se détache dans la couleur rougeâtre d'un magnifique coucher de soleil d’un pays idyllique qui n’a jamais existé. Une voix off déclame avec un sérieux imperturbable : pour vous, parce que vous le méritez, le silicone Vénus. 

La musique syncopée détone de toutes parts tandis que des formes abstraites fluorescentes éclatent aux coins de l’écran. Des poissons dopés à la luciférine circulent à trois cent cinquante kilomètres par heure pendant que les basses menacent de faire exploser les enceintes et les tympans. Les bestioles bioluminescentes se regroupent pour former la silhouette des bâtiments d’une ville ultramoderne. Mais l’œil n’a pas le temps de réagir que déjà, toutes les demi-secondes, tel un stroboscope drogué aux amphétamines, les gros plans se multiplient comme des mouches, un après-midi d’août, devant un cadavre frais. Elles bourdonnent, copulent avec une frénésie rageuse pour dessiner peu à peu les contours altiers d’une voiture de sport descendant les allées d’une avenue futuriste. Le véhicule s’arrête montré sous trente angles de vues différents qui défilent à la vitesse supersonique d’un pet de colibri. Une femme pourvue de melons en guise de poitrine sort de l’automobile. Elle s’allonge sur son capot, nous fait admirer son anatomie d’adolescente en phase terminale de cancer. Le logo du fabricant s’inscrit en bas de l’écran.

Une image floue apparaît. Des hommes et des femmes sont rassemblés dans une pièce orange de forme indistincte. À part leurs attributs sexuels moulés dans des jeans si serrés que les acteurs hurlent en coulisse en massant leurs testicules enflés, personne ne se détache de cette masse d’éphèbes jeunes et beaux. La caméra flirte avec les danseurs, cadre au plus près les couilles et les pubis qui se déhanchent. La caméra tourne et se détourne en un enchaînement de mouvements fluides. Ceux qui possèdent le pied marin résistent, les autres spectateurs finissent de rendre leur déjeuner dans les chiottes. Le son de la musique augmente encore de deux crans, comme manié par un sadique nostalgique des tortures de Guantanamo. Enfin, l'objectif se pose près d’un verre dans lequel est reflété le cul d’une fille. La marque d’alcool résonne dans les millions de postes allumés.[...]