vendredi 13 septembre 2019

La Femme Écarlate : la Couverture

Pitch :
Alan Svartur et les siens se retrouvent coincés dans la petite communauté de Skull-city après une panne de voiture. Les autochtones manifestent un intérêt grandissant pour les citadins et peu à peu, l’hospitalité des « bons gars du sud » se transforment en piège…

Commencé en Juin 2017 et achevé en Octobre, La Femme Écarlate est le texte qui m’aura demandé le moins de maturation, coulant de ma plume en quelques mois sans en passer par des mutations successives, version après version. Ce court roman s’inspire en grande partie du cinéma et de littérature Gore des années 80. Mon goût prononcé de l'excessif  – âmes sensibles s’abstenir parce que je vais très, mais alors très loin dans l’abject – n'a pas spécialement plu aux maisons d'édition..

De manière comique, c’est ma critique sur le livre Redneck Movies : ruralité & dégénérescence dans le cinéma américain de Maxime Lachaud qui a mis le feu aux poudres de mon imaginaire avec un petit bout de texte fictionnel en préambule, reproduisant l'ambiance les archétypes du gothique sudiste. Ma compagne – outre son rôle de correctrice avisée – a pour sa part ajouté du carburant dans la rédaction avec quelques suggestions bien tordues qui se retrouvent telles quelles dans le résultat final.

N’ayant pas envie de faire dormir ce récit – que je trouve réussi, une fois n’est pas coutume –, je vais donc le mettre à disposition d’un potentiel public en profitant des facilités d’impression que fournit la toile. Mais il me fallait une couverture… Et je ne peux pas toujours solliciter Duarb Du & Didizuka qui m’ont déjà gâté en terme d’iconographies remarquables.

J’ai demandé à une vieille connaissance de mes années d’étude, un de ses dessinateurs stakhanovistes au trait se partageant quelque part entre un expressionnisme bouillonnant et un penchant pour la simplification stylisé de la forme de réaliser la devanture de l’ouvrage : EXP. Étant disponible, il a accepté la tache, ce dont je lui suis reconnaissant.

Exp fait partie de ces personnes qui ont baigné comme moi dans la culture gore et punk avant que le grand ripolinage des années 2010 n’emporte tout ça dans les oubliettes psychiques. Qui de plus idéal que lui pour illustrer ce roman atypique ?

Tout comme pour celle des Chroniques de Yelgor avec Duarb Du, nous avons commencé par discuter autour de croquis avant d’aboutir à la couverture finale…
Voici les différentes étapes :



Trois brouillons simples qui reprennent une idée similaire : donner un symbole au clan de dégénérés révérant la fameuse « Femme Écarlate ». Pour ce faire, il fallait conjuguer la vision des collines arides de la région, ainsi que l’image des serpents, ces reptiles ayant un rôle non négligeable dans l'intrigue. Mon choix s'est porté sur le premier essai qui avait un quelque chose d’ésotérique avec une légère pointe d’influence de films d’horreur des années 80. 





Deuxième version, aux traits d’abord pour bien cerné le motif, retravailler ensuite dans un écarlate faisant écho au texte. Cette fois, le dessin se simplifie pour devenir une sorte de logo : l’emblème de la religion du cru. Le titre est inclus dans la montagne de feu, mais à ce stade il se fond un peu avec le reste.




Plusieurs essais « psychédéliques », mais un brin trop chargé en ce qui me concerne. Cependant, le titrage jaune se détache bien de l’ensemble, ce qui nous aiguillera pour la version finale.




Une version épurée qui s’approche beaucoup de la version final, mais le titrage un peu trop anguleux est difficilement lisible.J'ai aussi demandé de virer le « Jean-Michel » du nom, pour gagner en sobriété.



Je vous invite à jeter un œil sur ces BDs dans lesquelles se manifeste son goût de l’humour (noir) et de la dérision. Les amateurs des opuscules désormais disparus comme Hara-Kiri ou Zoo du Professeur Choron en auront pour leur pesant de cacahouètes. Pour ma part j’ai eu la chance d’assister à la naissance de son trio de crétins de prédilection, les flics de l’enfer, les pieds nickelés de la bavure : Mass ; Turba & Fion. Tout un programme !
Cliquer sur l'image !

http://www.lulu.com/shop/search.ep?contributorId=1452671


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Un peu de musique pour se mettre dans l'ambiance... 

dimanche 18 août 2019

Dessin du Dimanche : Personnages Joueurs

Comme j’ai achevé deux romans (en relecture), il m’est difficile pour le moment de reprendre la plume. Du coup un peu de dessin pour se changer les idées avec des personnages conçus pour une campagne de jeu de rôle que je mène depuis un an, sous les règles de Tranchons & Traquons.

Shilarya la Marionnette voleuse

Serafina l'Elfe vengeresse

lundi 15 juillet 2019

Les Chroniques de Yelgor : La Couverture

Retour sur les Chroniques de Yelgor, pour la réalisation de la couverture en prévision d'une sortie papier que je devrais concrétiser dans les mois qui viennent. Pourquoi faire une version « livre » alors que l’histoire a déjà été contée ? D'une part, cela pérennise mieux le travail accompli qu’une succession de pixels agencés dans un serveur des GAFA, d’autre part j’ai refondu le texte, ajoutant des séquences inédites, perfectionnant certaines scènes pour étoffer un peu plus l’univers.

Le support livre aura donc son intérêt propre, en plus de donner un écrin aux magnifiques illustrations de mes deux acolytes. Je ne retire pas le récit du blog et je compte bien le poursuivre dans les années qui viennent.


Toujours réalisée par mon complice dans le crime, Duarb Du, qui a dû relever le défi de toute couverture qui se respecte : esquisser les personnages et l'action sans cependant trop en dévoiler. Un exercice ardu comme le démontrent les quelques essais ci-dessous. Créer n'importe quoi, une illustration, une histoire, un objet, ne procède pas d'un processus rectiligne contrairement à ce que la mythologie contemporaine de l'artiste génial par essence, parce « qu'artiste » nous inculque.

C'est au contraire une combinaison fastidieuse d'échecs et d'erreurs avant d'aboutir à quelque chose qui a un modeste d'intérêt. L'illustration de Duarb Du ou ma propre composition n'échappe pas à ce cycle immuable de pensée sans cesse en mouvement.

Le démarrage d’un nouveau projet en particulier consiste souvent à régurgiter les lieux communs les plus éculés, les stéréotypes ancrés en profondeurs sur la semelle de notre esprit, avant de réussir à les détourner pour modeler cette masse d'informations médiocres en un objet un peu valable. En art comme en chimie, rien ne se perd, rien ne se créer, mais tout se transforme.



 Une première proposition qui présente tous les personnages importants du récit, mais qui, outre son statisme un peu hiératique, me rappelait un peu trop les pires affiches de cinéma actuelles, avec cette manie de présenter la gueule des acteurs de manière chorale, sans rien d'autre autour.


Ma composition préférée, Allytah dégainant littéralement l’épée de son cœur. Très fort, très symbolique… Hélas, dans l’optique d’une couverture nous devons cependant circonscrire le sujet de peur de perdre le spectateur dans une interprétation qui n’est pas judicieuse. La symbolique marcherait mieux sur une illustration pour le texte ou même pour un portrait isolé du reste du récit. J’envisage la couverture comme un pitch visuel, cette représentation ne m’apparait donc pas pertinente, bien que l’appréciant énormément. Un croquis non utilisé, mais que j’aime beaucoup et qui saisit les tourments du personnage.


Une vue de l’auberge. Pas une mauvaise suggestion, mais sans personnage autour, le dessin est « vide » de toute présence. J’ai conscience qu’un bâtiment isolé, quant il est en plus sublimé par un cadrage ou un éclairage idoine, peut apparaître comme un être à part entière – par exemple Hill House dans le film The Haunting de Robert Wise (1963) ou la maison coloniale de la saga cinématographique Amityville —, mais ici l’auberge n’est qu’un décor parmi d’autre et elle n’a pas d’incidence majeure sur le récit si ce n'est d'être le point de départ des pérégrinations de nos héros, comme dans tout bon gidéaire qui se respecte.


Croquis adoubé, même si la composition est très classique. En même temps l’exercice de la couverture limite les possibilités délirantes, c’est à la fois sa limite et le sel de l'exercice. Être immédiatement lisible entraîne souvent une réduction du champ créatif. L’auberge reste en arrière plan. Elle conserve ainsi son rôle d'abri et de lieu à protéger de la violence des hommes. Au second plan le trio de personnage le plus notable, prêt à en découdre. Les seconds couteaux passent à la trappe pour ne pas surcharger l'image d'information, d'autant plus qu'il faut placer les titres. Le premier plan est une masse indistincte de guerriers qui marchent sur le bâtiment et ses défenseurs. Ça fonctionne !


Couverture avec les titres. Il y a quelques retouches par rapport à l’image d’origine : les flocons de neige ont été atténués pour ne pas gêner la lisibilité du titrage.


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Un peu de musique pour se mettre dans l'ambiance...