dimanche 15 juillet 2018

Bibliothèque des Ombres : Kane : intégrale, vol.3/Karl Edward Wagner

Ultime tome des aventures de Kane, où nous le retrouvons confrontés à des ennemis appartenant aux répertoires du Gothique (démons, vampire, loup-garou…) ce qui ne fait que confirmer les intentions de départ de K.E.Wagner d’épicer sa fantasy d’une bonne dose d’horreur. Conteur hors pair, l’auteur trouve souvent le moyen de nous embarquer dans des ambiances réussie, ce qui compense largement certaines faiblesses narratives. Cependant, le virage à 180° opéré dans les dernières nouvelles risque de prendre à revers la plupart des habitués aux récits de mécaniques de fantasy. Gare au choc ! Wagner bouleverse la donne en projetant Kane en plein dans les décadentes années 70…

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio SF : Fantasy
Traduit par Patrick Marcel
714 p.

Dernier recueil des aventures de Kane qui regroupe neuf nouvelles, un poème, le début d’un roman et un article de Wagner exposant les tenants et les aboutissants de sa création… Plus encore ici que dans les précédents volumes, Wagner s’emploiera à montrer les ravages du temps sur son personnage, jusqu’à un final surprenant resté – hélas – inachevé.

— Le Nid du Corbeau.
La jeune Klesst possède des yeux bleus hantés par la folie et pour cause : elle est née du viol de sa mère par Kane qui, en piteux état et pourchassé par les autorités de la région, va trouver refuge dans l’auberge de son ancienne victime… Une nouvelle qui revient sur l’ambivalence de Kane et les conséquences de ces actes. Wagner introduit une nouvelle variable dans son mythe avec la présence de Sathonis – Satan – auquel a été promise Klesst dans un souhait de vengeance. S’ensuivra une véritable quête pour Kane pour parvenir à sauver Klesst qui l’amènera à questionner son libre arbitre lors d’une joute verbale avec le seigneur-démon. Joli morceau atmosphérique en huis clos, peuplé de personnages tordus, nimbé d’un ton gothique, une orientation qui se confirmera durant tout ce troisième volume, Wagner abandonnant une fantasy plus classique pour verser avec encore plus d’assurance dans l'épouvante, évoquant au passage autant Edgar Allan Poe que les productions cinématographiques de la Hammer.

— Réflexion pour l’hiver de mon âme.
Cherchant à exterminer les derniers survivants de la secte de « La Croisade des Ténèbres », Kane est surpris par une tempête de neige. Obligé de se réfugier dans un château isolé, il devra s’accommoder d’un seigneur terrifié et d’un loup-garou en furie… Confirmant l’orientation horrifique de la saga, Wagner confronte cette fois son héros à un mythe de la littérature fantastique. La dénomination de « Gothique sous acide » convient à merveille à cette histoire qui dégage une brume d’angoisse et de folie exacerbée. Si l’identité du lycanthrope ne fait guère de doute pour le lecteur, l’énigme n’étant pas le point fort de Wagner, les tours et détours du récit s’avèrent souvent prenants et font de ce texte un des meilleurs de son auteur qui, à travers ses mélanges expérimentaux d’alchimistes, se détachent peu à peu de l’ombre de ses ainés.

— La Froide Lumière.
Gaéthaa, surnommé « le Croisé », est renommé pour détruire dans son sillage les « forces du mal » au nom de Dieu. Engageant la crème des mercenaires dans sa guerre sainte inextinguible, il prévoit d’éliminer Kane qui s’est retiré du monde dans une ville fantôme. Usant des méthodes les plus litigieuses pour parvenir à ses fins, Gaathéa attisera les braises du trouble dans l’esprit de son fidèle second, Alidore. Sans doute le chef-d’œuvre de ce volume ! Wagner nous fait partager les moments dépressifs de Kane, son vertige temporel qui ne cesse de le poursuivre, pour le confronter à une bande qui – sous couvert de morale – n’a rien à lui envier dans la rouerie et la brutalité. Il règne une imagerie de western dans ce texte, que ce soit dans l’emploi d'une ville en ruine, servant de toile de fond aux affrontements, ou dans le schéma de la lutte d'un héros isolé et mal en point face à une cohorte de mercenaires n’hésitant pas à molester et à violer les locaux pour parvenir à leurs fins. Alors qu’elle avait disparu, la thématique du fanatisme religieux remonte sur le devant de la scène avec une virulence renouvelée, les propos de Gaéthaa étant d'une rare violence tandis que Kane endosse malgré lui les oripeaux ambivalents d'un protecteur de la justice avec un certain panache.

— Mirage.
Dernière nouvelle à nous présenter un Kane dépressif, ce récit le confronte à une vampire qui ressuscite par nécromancie un royaume oublié pour l'attirer le maudit dans ses raies. Kane choisit de mettre à l’épreuve son invulnérabilité dans le creuset du vampirisme. Un texte qui vaut le détour ne serait-ce que par son travail sur les ambiances et un affrontement attendu. Insistant une fois de plus sur le fardeau de l’immortalité, Wagner s’emploie à décrire le spleen morbide de son héros lors d’une étincelante tentative de suicide dans un univers d’ombres.

— L’autre.
Kane parvient presque à se hisser sur le trône, sauf qu’il a omis un léger détail dans les religions locales… Un court récit qui croise les deux plus puissantes thématiques de Wagner d’une manière virtuose s'achevant sur un sacrifice absurde entraînant une réaction monstrueuse de Kane quelques siècles plus tard. Une des rares nouvelles qui repose sur une chute abrupte d'une logique imparable. Une pièce qui prouve qu’on peut tisser une fantasy passionnante en un minimum de mots tout en décochant un uppercut dans la face du lecteur. Brillant !

— La Touche Gothique, Lacunes, Dans les tréfonds de l’entrepôt ACME, Tout d’abord juste un spectre.
Les derniers textes du recueil amorcent un virage à cent-quatre-vingts degrés dans l’épopée de Kane. Après avoir subi sa malédiction, il prépare un plan d’action pour occire le Dieu qui l’a damné. En chemin, il croise les pas de l’albinos de Michaël Moorcock dans un court récit décousu et anecdotique dans sa conclusion, puis il débarque dans notre 20e siècle dans lequel il joue le rôle d’un bon petit diable, expérimentant sur ses contemporains des super-drogues aux effets aussi incongrus qu'atroce ou des sex-toys très particuliers... quand il ne se bat pas en duel avec sa fille Klesst contre Sathonis pour la possession de l’âme d’un écrivain… Effectuant un virage stylistique, Wagner se rit des attentes du lecteur pour diriger la saga de Kane vers son apothéose – qui ne sera jamais rédigée – dans un débordement de langage cru, de séquences érotiques et d’éthylisme forcené. L’ensemble des quatre nouvelles devait aboutir à un final exposant le plan complexe de Kane pour en finir avec Dieu. L’inachèvement de cette épopée nous laisse avec une kyrielle de points d’interrogation. Reste que ces textes dans lesquels Kane endosse un costume de biker décontracté demeurent jouissifs. En abandonnant le passé nébuleux de Kane pour notre monde, Wagner questionne la notion de « fantasy » pour l’installer dans notre époque contemporaine.

Outre la première version de « Lynortis », le cycle se conclut par un fragment de roman : « Dans le Sillage de la Nuit » dont le prologue revenait vers une aventure plus caractéristique de Kane, celui-ci devant se confronter a un vaisseau extraterrestre crashé sur une plage. L’article « Kane passé et à venir » permet à l’auteur de disserter sur les rouages ayant abouti à la création de son personnage et aux grandes thématiques qu’il explore. Un texte passionnant pour tous ceux qui s'intéressent à l’écriture et à ses processus.

Immense fresque de Fantasy, Kane s’impose dans la fantasy en nimbant sa prose d’une pincée d’horreur mais surtout – par-delà ses fulgurances sanglantes – dans l’exploitation d’un vertige temporel omniprésent. Si le « Dieu fou » qui a maudit Kane existe bien pour celui-ci, Wagner ne le définit jamais et les religions ne paraissent être pour lui que des illusions, quand il ne s’agit pas d’instruments employés pour contrôler les hommes afin de mieux les sacrifier sur l’autel d’intérêts cupides. En refusant tout manichéisme et toutes obédiences, Wagner nous met en face d’un personnage atypique au sein de ce genre codifié, un héros irrévérencieux qui se mue en une allégorie de la liberté dans ce qu’elle possède de plus ambigu.

vendredi 22 juin 2018

Bibliothèque des Ombres : Kane : intégrale, vol.2/Karl Edward Wagner

Deuxième livraison de cette intégrale avec quelques belles nouvelles qui font honneur au genre, comme quoi la longueur ne fait pas la qualité, surtout en Fantasy... Une lecture idéale, à la fraîche pour les longues soirées languissantes d’été… De préférence devant un sommet montagneux.

 Éditeur : Gallimard
Collection : Folio SF : Fantasy
Traduit par Patrick Marcel
688 p.

Ce deuxième volume comporte l'ultime roman consacré au personnage, six nouvelles et d'un poème, sur lequel je ne reviendrais pas tant l’appréciation de cette forme littéraire est sujette à la subjectivité de chacun.

— Le Château d’Outre-Nuit
Troisième roman de la saga de Kane et peut-être le plus faible des trois en ce qui me concerne. On retrouve néanmoins la fameuse « touche gothique » exacerbée de Wagner avec plaisir, d’autant que le titre, dans sa version française, semble renvoyer « Au Château d’Otrante » d’Howard Walpole.

Un empereur paranoïaque, habitué des purges politiques, commet l’erreur de laisser vive une sorcière – Efrel –, quoique dans un sale état après une séance de torture excentrique. Replié sur son île pour panser ses atroces mutilations, Efrel ourdit complots et conjurations contre le royaume de son ennemi et Kane pourrait être la pierre d’achoppement de sa vengeance… Un Kane qui de son côté compte bien profiter d’Efrel pour s’asseoir sur le trône…

En dépit du retour d’un Kane menaçant et d’entités marines sur lesquelles planent l’ombre du maître de Providence, ce récit est plombé par une intrigue qui manque de substance et un recours parfois évident aux clichés les plus éculés de l’héroïc-fantasy comme cette princesse attachée nue lors d’un sacrifice…

Malgré cette baisse de régime, le roman possède quelques fulgurances, fonctionnant surtout autour du personnage d’Efrel et de sa relation avec un Kane prêt à tout, vraiment TOUT, pour asseoir son pouvoir…

Les nouvelles oscillent quant à elle entre le meilleur et le plus passable. Je me contenterais de citer celles qui ont eu le plus d’impact sur moi :

— Lame de Fond.
Kane nous apparaît en redoutable thaumaturge protégeant ses amantes contre la mort, quitte à se débarrasser d’elle lorsqu’elles se rebellent contre lui. Une histoire qui exhale un parfum de romantisme noir et qui établit les ravages du temps sur l’esprit de notre immortel.

— Deux Soleils au Couchants.
Kane et un géant – Dwasslir – recherchent le tombeau du dernier roi des géants. Sur fond de discussion sur les tentants et les aboutissants de la civilisation, évoquant un débat qui aura fait couler un fleuve d'encre entre R.E. Howard et H.P. Lovecraft, Wagner dépeint le crépuscule d’une race dont Kane se fait le témoin silencieux. Une nouvelle empreinte de mélancolie dans laquelle la malédiction de l’immortalité devient tangible, tant Wagner nous amène à ressentir le vertige qu’entraîne une vie sans fin qui voit s’écrouler tous les rêves et les espoirs des vivants dans la poussière de la décomposition. Kane apparaît très humain, brouillant l’idée que l’on se fait de ce personnage aux multiples facettes.

— La Muse Obscure.
Opyros se tue à la tâche, cherchant dans ses manuscrits raturés la trace qui le mènera au poème parfait. Pris dans les affres d'une rédaction qui lui résiste et le met au supplice, il ouvre son cœur à son ami Kane qui s’avère un fin connaisseur des subtilités littéraires... Wagner nous offre ici une histoire qui tourne autour de considérations sur l’acte d’écriture et des difficultés inhérentes à toutes pratiques créatives. Un texte salvateur pour tous ceux qui tâtent de la plume, du pinceau ou même du marteau dans la manière dont l'auteur envisage ce travail très particulier, qui tient de l'ascèse volontaire et de la recherche de perfection passant par une remise en question permanente. Mais l'art est une maîtresse exigeante et Kane propose à Opyros une aide surnaturelle en lui signifiant néanmoins que celle-ci n’est pas sans danger. Si par la suite le récit se perd dans des péripéties martiales annexes, il s’achève par la folie et un Kane amer, condamné à reprendre la route en solitaire.

— Miséricorde.
Kane est employé par une jeune femme ambitieuse pour voler une couronne aux mains de quatre frères versés dans les poisons et la magie noire. Si les forces en présence dépassent le guerrier roux, celui-ci dispose d’un avantage non négligeable : son immortalité. C’est avec une parfaite connaissance du terrain que Kane piège ses adversaires avant de les enrôler sous sa coupe. Une nouvelle distrayante dans laquelle Wagner fait la démonstration des privilèges qu’offre le temps à son personnage. Très « western » dans son esprit, c’est une récréation bienvenue au sein de textes plus graves.

— Lynortis.
Pour avoir sauvé une certaine Sessi, Kane se retrouve impliqué dans une chasse au trésor dans les ruines de l’antique Lynortis, une ville détruite par un long et atroce siège auquel a pris part Kane. Cette nouvelle comporte deux versions : une ébauche composée par Wagner lors de son adolescence – qui se trouve dans le troisième tome – et celle qui fut éditée dans le deuxième volume. Le premier jet nous amène à rencontrer un Kane enamouré, ce qui fait un choc ! Outre que le style flamboyant est déjà là, cette première variante demeure bien fade et se complaît souvent dans les pires travers de l’héroïc-fantasy. Ce qui n’est pas le cas de sa reprise, qui se concentre ici sur les conséquences de la guerre à travers des descriptions apocalyptiques, dont la présence de mutilée et surtout d’anciennes mines « magique » explosant sans prévenir sous les pas des infortunés explorateurs et dont le fonctionnement n'est pas si éloigné de nos armements chimiques…. Dans une ambiance proche des westerns spaghettis – avec ces bandes de mercenaires sans foi, ni loi et son chimérique trésor – ce texte s’enorgueillit d’une belle montée en puissance et d’une atmosphère poisseuse, en harmonie avec son atroce sujet.

L’ensemble du volume dégage toujours autant de puissance dans sa narration, même si l’auteur sacrifie la chute de ses nouvelles au profit de la création d’une atmosphère vénéneuse. Chez Wagner, seul le chemin compte, et emprunter le pas de Kane amène le lecteur dans le tourbillon du temps qui demeure le principal ennemi de notre personnage, son monde ne cessant de se décomposer. Cette déliquescence permanente est palpable dans la plupart des textes et explicite souvent en creux les actes extrêmes de notre protagoniste.

mercredi 30 mai 2018

Bibliothèque des Ombres : Une histoire naturelle des dragons : Mémoires de Lady Trent.1/Mary Brennan

En attendant le tome 2 des aventures de Kane, changeons radicalement d'ambiance pour une petite virée en terre victorienne pour une série de Science-Fantasy qui promettait... Eh oui ! C'est au passé car après lecture, la chose est tout de même assez décevante, nonobstant une lisibilité certaine... 
 
 
Éditeur : L'Atalante
Traduction : Sylvie Denis
Illustrations : Todd Lockwood
349 p.

 
Dans un monde évoquant le nôtre, la jeune Lady Trent, obsédée par les dragons, essaie de satisfaire sa passion malgré les interdits d'une société patriarcale. En manipulant son entourage grâce à sa ruse, elle se rapproche peu à peu de son rêve. C'est son mari qui lui offrira l'occasion de participer à une expédition dans une région désolée, à la recherche de dragons des montagnes… Au cours de laquelle elle se confrontera à une énigme mortelle.
Empruntant le style de la fiction Victorienne [1], les quelques illustrations qui ponctuent le récit parachevant le pastiche littéraire d’une élégante façon, ce titre, auréolé du prix Imaginales 2016, est-il à la hauteur de sa flatteuse réputation ? J’eusse aimé être enthousiaste, mais hélas si l’ensemble se laisse parcourir avec un certain entrain, on en ressort avec le sentiment d’un rendez-vous manqué.
 
Cette œuvre partait pourtant avec un capital sympathie élevée. L’approche naturaliste d’une des plus emblématiques créatures de la fantasy possède le mérite de l’originalité et fleurète à de nombreux moments avec la science-fiction. La préoccupation environnementaliste de l'auteur s'insère à merveille dans sa thématique, prouvant que le genre peut traiter de problèmes contemporains sans y perdre de son identité. De ce côté-ci tout du moins la réussite est éclatante. J’ai d’ailleurs regretté que l’éthologie dragonique passe assez vite à l’arrière-plan – même si cette piste est récupérée en conclusion de l’histoire.
 
Néanmoins, tous ces points forts ne masquent pas une intrigue parfois indigente, dans laquelle les affaires humaines prennent le pas sur les considérations naturalistes. Cet écueil se matérialise à mi-temps du livre lors d’un ventre creux de plusieurs centaines de pages qui auraient pu être expédiées, tant le récit s’enlise dans un bourbier d’ennui, à base de machination « surnaturelle », à la conclusion navrante et convenue [2].
 
D’ailleurs, l’auteure ne déroge pas à une règle tacite du divertissement fictionnel en nous présentant en personnage principal une énième héroïne haut placée – avatar féminin de « l’homme providentiel » – qui adopte un ton et une posture dont la condescendance m’a coupé plus d’une fois dans ma lecture. Pis encore, les méfaits sont mis sur le dos des habituels arrivistes carnavalesques, aidés par ces salauds de pauvres, ajoutant une dernière louche à ce brouet infâme.
 
Dommage d’avoir sacrifié un traitement audacieux, jouant sur les nombreuses similitudes thématiques rapprochant la SF & la Fantasy, sur l’autel d’une problématique sociétale qui aurait mérité une illustration moins caricaturale. La pilule « féministe », bâtissant sa démonstration sur un contexte social qui n’existe plus depuis deux-cents ans sous nos latitudes, est ainsi rédhibitoire en ce qui me concerne.
 
Si ce sujet intéressait Mary Brennan, pourquoi diantre ne pas avoir fait de l’héroïne une Nicole Viloteau ou une Diane Fossey –, avec un accent mis sur les relations houleuses entre les dragons et les hommes en faisant desdites créatures des êtres intelligents, ajoutant une couche de complexité et de réflexion bienvenue dans le roman ? Pourquoi se complaire dans de sempiternelles intrigues de cours, tout cela pour aboutir à une morale ma foi fort consensuelle, de plus assénée avec la subtilité d’une marche militaire ?
 
Une curiosité dont le style appréciable fait passer le goût des nombreuses et amères maladresses, que celles-ci soient voulues ou non.
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[1] – Style littéraire qui se rapproche parfois du gothique dont il reprend la narration souvent sous forme épistolaire, avec une emphase mise sur les décors qui représentent les émotions du héros. Un élément fantastique ou science-fictif apparaît dans certains récits, sans que cela soit une caractéristique essentielle. Il se distingue aussi par des titres de chapitres à rallonge – qui feront le délice des pasticheurs – et un jeu de références méta-textuels, mentionnant d'autres œuvres. Publiés à leurs époques sous formes de feuilletons, ces œuvres ont bénéficiés d’illustrations en noir & blanc, souvent des gravures. Parmi les écrivains les plus connus qui ont travaillé ce genre, citons : les sœurs Brönte, Charles Dickens, Bram Stocker, Wilkie Collins
 
[2] – Une séquence pénible victime illustrant à merveille ce que j'appelle : le syndrome « Scooby-Doo » – le monstre n’est qu’un déguisement utilisé par les conjurés pour faire peur aux héros en instrumentalisant les superstitions locales – qui est loin d’être satisfaisante et qui permet à l’auteure de se débarrasser avec fainéantise d’un arc narratif dont elle ne savait que faire…