mardi 15 décembre 2015

Bibliothèque des Ombres : Tranchons et Traquons/Kobayashi et John Grümph, les Livres de l'Ours


Les derniers jours, attentats et montée subséquente et prévisible du FN, ayant rendu nos existences anxiogènes au possible – et c’est très loin d’être fini, on va encore en prendre plein la gueule les prochaines années… – j'oriente cette note vers un ton ludique, une manière de savourer un moment au coin du feu entre amis... 



Le domaine du jeu de rôle – le vrai, celui qui se pratique sur table – est devenu depuis une bonne décennie un secteur de niche dont les nouvelles productions n’attirent que les snobs fortunés – voir les rééditions Cthuluesque hors de prix des éditions Sans-Détour – et peine à se renouveler. La faute a la mauvaise réputation qui lui a été faite durant des années et dont les effets se font encore sentir. Cela a entraîné une perception biaisée de cette activité ludique de la part d'un grand public qui n'a pas besoin se fouler pour crier « au loup ! » comme nous l’ont prouvé les derniers événements...

Pourtant, rien n’est plus simple et à bien des égards plus économique que le jeu de rôle. Pas de paris coûteux, pas de consoles à renouveler, pas d’investissement à faire dans des déguisements… Juste une bande de potos et vous et réunis autour d’une histoire !

Heureusement, de petits éditeurs travaillent vaille que vaille pour proposer des jeux clés en main. Tranchons & Traquons appartient à la famille de ces minuscules perles dont la sobriété des règles permet de débuter des parties très vites. En mettant l’accent sur la narration, l'auteur nous épure l'interminable litanie de tableaux et de chiffres qui peuvent rendre le jeu de rôle intimidant pour les néophytes. Ici pas de dés spéciaux, pas de fiche de personnage longue comme le bras, ce jeu est idéal pour des sessions de découverte ou des campagnes épiques. Une des clés de cette réussite réside dans un système de construction de scénario en quelques coups de dés fort astucieux.

Les parties se déploient dans un univers médiéval fantastique peuplé des races classiques (elfes, nains, humains...), mais aussi de quelques adjonctions aussi originales que sympathiques en termes de jeu et d’histoire. J’ai par exemple une préférence marquée pour les Kitlings (des hommes-chats) et les Marionnettes (des créatures artificielles issues d’expériences magiques peu ragoutantes). 

Image de  John Grümph.

Le système de classe (on peut choisir parmi des voleurs, des guerriers, des magiciens...) des personnages ne diffère pas d’un jeu médiéval fantastique basique, mais l’ingénieuse mécanique de dons et de faiblesses à la carte accentue les possibilités de bâtir un personnage unique. Ajoutons encore au crédit de cette perle ludique une gestion originale de destinée qui facilite l'intégration d'enjeux dramatiques lors d’une campagne sans trop se creuser la tête.

De nombreux éléments sont laissés à l’appréciation des joueurs et du meneur de jeu. Cet aspect « ouvert » permet à tout à chacun de s’emparer de l’univers pour le triturer dans tous les sens. C'est aussi une excellente manière d’introduire auprès des néophytes des notions de scénarios, de construction de personnage tout en se fendant la poire…

Bien écrit, illustré avec un certain goût, Tranchons & Traquons est ce que j’ai lu de plus épuré et de plus enthousiasmant en termes de jeu de rôle depuis un bon moment.

Le livre de base est disponible soit gratuitement en .PDF, mais sans illustration, soit en version papier payante sur LULU.COM pour une vingtaine d’euros. Vu le boulot fourni, je vous enjoins d'acquitter votre écot aux auteurs, car ils le méritent plus que Marc Levy...

Nota Bene : Il existe plusieurs adaptations de ce jeu pour d’autres univers, dont une version spéciale Lovecraft et littérature Pulp avec Tyrannosaures & TommyGun… De quoi s’occuper durant les longues soirées d’hiver…

dimanche 13 décembre 2015

Dessin du Dimanche : Three Rabid Women 03

Ce Fan-Art à la gouache implique Ethel Arkady et deux de ses consœurs toutes aussi agressives :  Anita Bomba (personnage créée par Cromwell et Eric Gratien) et  Inoshika Ôchô (qui provient tout droit des nouvelles de Bonten Tarô). Cette illustration avance lentement, mais surement... j'espère la finir à la fin de l'année. Promesse d’alcoolique : la prochaine fois je fais moins de détails !