vendredi 1 mai 2026

    Festival Fantastique et Dessins

    Comme l’année dernière, j’ai passé une partie de mon mois d’avril au BIFFF (Brussels Festival of Fantastique and Fantasy Films) pour vendre mes romans, grâce à la complicité de la librairie The Skull que je fréquente depuis… des décennies et à qui je dois un certain encombrement de mes étagères ! Une année qui s'avéra moins bonne que les autres au niveau des recettes et au terme de laquelle j’ai chopé la trachéite du siècle ! J’ai écopé d’une semaine sous antibiotique pour laquelle je remercie la ventilation pourrie du Heysel. 

    Néanmoins, je souligne que cet inconfort demeure très marginal en regard du fait… que j’aime ce festival ! Je me sens presque chez moi dans ses allées et j’adore retrouver les gens qui le composent. Si je n’ai pas atteint le nombre de ventes de l’année dernière et je ne suis pas le seul – le nouveau gouvernement belge a sabré comme un porc dans les budgets de la culture, on se demanderait presque si celle-ci, sous sa forme la plus débridée, ne constitue point une cible idéale pour les politiciens qui souhaitent des individus formatés, mais je vire au complotiste, là –, je suis tout de même parti avec d’excellentes rencontres et des étoiles dans les yeux et quelques Blu-ray en plus sur des étagères déjà en état d’obésité morbide.

    J’aime être exposant pour le festival, car cela me laisse un peu le temps de dessiner, ce qui mine de rien ne m’arrive plus si souvent. J’ai achevé deux images assez complexes pendant ce laps de temps, sans parler des dédicaces que j’ai réalisées pour ceux qui ont été tentés par mes histoires. Du coup, je reprends ma technique aux couleurs de l’événement pour ces compositions, c’est-à-dire noir et blanc additionné d’un peu d’écoline rouge. J’ajoute quelques projections à l’aide d’une brosse à dents que je maîtrise de mieux en mieux.


    La première illustration représente « Grinder », l’alter ego lycanthrope d’Eve Kellermann que j’ai situé dans une église. J’ignore encore comment utiliser ce personnage, mais j’aimerais le développer ailleurs que dans le jeu de rôle d’où elle vient. Son existence constitue une sorte de retour en arrière pour moi puisque ma première héroïne était aussi une louve-garou du nom d’Eve, que j’ai dessiné pendant longtemps, et même si les romans possèdent cette naïveté digne du débutant et que je ne les ai jamais retravaillés depuis. Je pense que cette seconde version sera appelée à devenir un personnage prolo à la Jack Burton (dans les Griffes du Mandarin), un de mes films de chevet, par ailleurs. Pour la thématique, je suis parti sur des questions de justice, de vigilantisme, ce que je n’ai pas encore exploré. Bien sûr, elle évoluera dans l’univers d’Ethel Arkady, mais ça sera une autre branche, parallèle au récit principal, mais qui le croisera de temps à autre.

    La seconde constitue une dédicace géante pour une personne qui m’a pris l’intégrale de la saga Arkady et celle des Chroniques de Yelgor dans la foulée, je me suis dépassé et j’ai confronté son avatar de jeu de rôle à une Akemi Himiko déchaînée. Petite différence avec l’année dernière : je n’avais pas le papier idoine et celui-ci buvait l’encre de chine comme un alcoolique après une année de sevrage ! J’ai donc abandonné mes velléités de dégradés et je me suis acharné, malgré mon erreur de base, pour explorer les effets graphiques inédits obtenus par ce contre-emploi du papier. 
     
     
    En ce qui concerne les films, j’en ai vu plus cette année et j’avoue que la sélection possédait plus d’intérêt que l’année précédente ou rien ne m’attirait. Mention spéciale pour Gaua qui revient sur les histoires de sorcellerie dans le Pays basque, avec un réalisateur très rock’n roll. Film parfait pour le festival celui-ci amalgame les visions empruntées à Bosch, Goya, Félicien Rops et quelques autres artistes fantastiques. Avec sa photographie renvoyant autant aux BD qu’aux livres de conte, sa cruauté et ses tableaux délirants et je pense que je le chercherai dès qu’il sortira en support physique pour en profiter à nouveau. Cela montre la vitalité du cinéma espagnol, même si celui-ci n’est pas très bien distribué en France et en Belgique alors que ce sont nos voisins directs.
     
    Pour l'affiche, je n'ai pas trouvé de meilleur définition...

     
    Dans le genre, Never After Dark m’a pas mal impressionné les rétines aussi, en prenant la direction du Kaidan ega pour basculer sur quelque chose de plus sadique et cynique, d’ailleurs pas mal influencé par les chutes grinçantes des histoires de Creepy ou des Contes de la Crypte. Le fait que le film soit basé sur l’ambiance ne l’a pas aidé face au public du festival, mais c’est une variation intéressante sur le thème de la maison hantée et du spiritisme à la sauce japonaise avec tout de même pas mal de séquences assez douloureuses et une introduction de gore décomplexé, plutôt rare dans ce type de récit, ce qui transforme cette pellicule quelque chose d’assez différent de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant.

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