dimanche 11 avril 2021

Bibliothèque des Ombres : la BD à l'heure Argentine

Gros plan sur la bande dessinée argentine qui mérite d'être bien plus connues sous nos latitudes.

Perramus : la ville & l'oubli /Juan Sasturain & Alberto Breccia :
Éditions Futuropolis 

Ayant obtenu l’oubli auprès d’une sorcière après une délation, un homme sans nom – qui deviendra le fameux « Perramus » – est embarqué dans une série de voyage aux frontières de la réalité en compagnie de l’écrivain Jean-Louis Borgés et d’acolytes excentriques. Leurs buts : sauver la Vérité qui se meurt sous les bottes de la dictature des Généraux.

En 1976, l’Argentine bascule sous le régime dictatorial des Généraux. L’absurde et l’arbitraire régissent la vie du dessinateur Alberto Breccia. De cette époque il tire, en compagnie du scénariste Juan Sasturain, cette épopée grotesque, aux confins du réalisme fantastique cher à Gabriel García Márquez. Usant sans retenu d’un trait torturé, de lavis blafards, associés à de nombreux collages et autres expérimentations visuelles inédites, Breccia nimbe d’une angoisse omniprésente le moindre geste de ses personnages.

Car, outre les visages grimaçants que Breccia impose à toutes les figures de l’autorité, les métamorphosant en gargouilles immondes, l’histoire n’est pas en reste en termes de surréalisme absurde, grotesque et effrayant. Un nabab de l’exploitation de guano, une île prisonnière d’une guerre perpétuelle contre un ennemi dérisoire, un réalisateur de bande-annonce pour des films de propagande qui ne seront jamais tournés… ne sont que quelques exemples des aberrations croisées par nos héros.

Chef-d’œuvre de la Bande-Dessinée mondiale, Perramus est surtout un avertissement minutieux sur les symptômes de la dictature que sont l’absurde et l’arbitraire. Une lecture importante !

La Grande Arnaque : Intégrale / Carlos Trillo & Domingo Mandrafina
Édition Ilatina

Dans un pays imaginaire d’Amérique du sud, un général corrompu transforme sa nièce en une idole destinée à édifier sa population. Agressée par son oncle, objet des désirs libidineux d’un ex-officier SS, l’idole décide d’échapper à l’emprise de ces hommes malfaisants. Elle se réfugie auprès d’un privé miteux pour établir un plan afin disparaître. Mais le duo croisera sur sa route le tueur le plus redouté de la junte : l’Iguane…

Les nouvelles éditions iLatina déterrent le patrimoine, assez peu connu dans nos contrées, de la BD sud-américaine et pour cette première salve livrent des incunables du genre. Tout comme Alberto Breccia, avec qui il a déjà travaillé, le scénariste Carlos Trillo a vécu la sinistre dictature des généraux. Il se sert ici du polar hard-boiled pour explorer les ressorts de la propagande à travers ses personnages, dont le fameux Iguane.

Le noir et blanc sobre et les trognes expressives de Mandrafina font des merveilles pour matérialiser cette histoire sur la manipulation des symboles par un pouvoir oppresseur dont la justesse reste, hélas, d’actualité.

Alvar Mayor : les cités légendaires / Carlos Trillo & Enrique Breccia
Éditions Ilatina

Cartographe née dans les cimes de l’Amazonie, Alva Mayor entraîne avec lui les aventuriers à la conquête des prétendues cités d’or qui les attendraient dans les profondeurs de la forêt.

En plusieurs contes cruels, le scénariste Carlos Trillo déroule une intrigue historique dans une ambiance moite, matérialisée par le noir et blanc suffocant d’Enrique Breccia. Entre réalité et mysticisme, Alvar Mayor entraîne à sa suite des Européens rendus fous par la quête de richesse, tombant souvent dans les hallucinations engendrées par la fièvre de l’or, partageant en cela le destin d’un certain Aguirre.

Jetant un regard désabusé sur le monde qui l’entoure, le personnage principal navigue entre ses deux cultures, ce qui lui permet de faire le lien entre les différents protagonistes qu’il aura l’occasion d’emmener dans son sillage. À la veulerie ordinaire répondent les mythes ancestraux qui acquièrent une réalité presque palpable et dangereuse dans l’environnement sylvestre.

Bien que chaque histoire possède sa propre fin, toutes partagent comme thématique commune une plongée dans les méandres de l’inconscient humain.

dimanche 28 mars 2021

Les Chroniques de Yelgor : Chant premier : La nuit de l'auberge sanglante

Enfin ! Après une longue gestation, le premier tome des Chroniques de Yelgor est disponible sur TheBookEdition ! Pourquoi l’avoir mis à la vente en papier alors qu’il est lisible gratuitement sur le blog ?

Tout simplement parce que je souhaitais étendre l’histoire au-delà du défi initial et que pour cela il me fallait plus de place. C’est pour cela que j’ai réécrit des chapitres entiers, que j’en ai ajouté d’autres et qu’enfin une nouvelle qui devait être éditée – mais dont je n’ai plus eu le moindre écho de la part des organisateurs de l’appel à textes – a été incluse dans le sommaire. Elle se déroule dans le même univers et reprend une partie des personnages, mais quelques années en amont.

D’autre part, outre que les illustrations de Didizuka et de Duarb Du en ressortent grandies, je pense que la lecture au format papier demeure toujours plus confortable que celle sur écran.

Les Chroniques... c'est un récit de fantasy (plutôt « Dark ») peuplés de personnages jusqu’au-boutiste pris dans les tourments d’une période troublée. Escarmouches, exils, romance et quête d’absolu sont au programme.

(cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur)


Pitch : Le Royaume de Yelgor souffre encore des nombreuses conséquences de la Guerre des Hautes-Marches. Des sectes agressives envahissent la capitale et « l’élu de la prophétie » devenu roi est obligé d’envoyer son Dauphin sous la protection du membre le plus ambivalent de leur ancienne compagnie : la Noctule Allytah Nédérada… qui refuse la mission…

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Et voici un extrait d'une chronique enthousiaste d'un lecteur, dont je m'empresse de vous recommander le blog, :  

« Ce premier tome m’évoque irrémédiablement l’étoile du matin, celle qui brille comme celle qui fait mal, une solide poignée de fantasy emmanchée dans un pommeau de steampunk, hérissé d’un vocabulaire pointu et d’un style étincelant et carnassier. Ça pique et on en redemande. »
Tom Larret.

dimanche 7 mars 2021

Dessin du dimanche : Un manteau d'écarlate sur une neige immaculée

J’achève enfin une couverture pour une nouvelle à venir que je publierai sur la toile et qui suit les pérégrinations d'Ethel Arkady durant l'hiver 1875, dans le Colorado. 

Après bien des aventures, elle se ressource dans le village de Skinfolk Town afin de se refaire une santé et un manteau. Toujours collés à ses basques, une bande de chasseurs de prime débarqueront dans le saloon du coin pour asticoter la féline... Ce qui n'est jamais bon pour la santé !

Cela faisait un moment que je n’avais plus repris les crayons pour des raisons d’emplois du temps chargé, mais je suis assez satisfait du résultat final qui montre que je n’ai pas (trop) perdu la main... Ça me turlupinait depuis un moment de ne plus avoir fait d'image d'Ethel Arkady dans ses œuvres guerrières, alors qu'à la base c'est sa spécialité.

(Cette Arkady, par rapport à l'illustration réalisée par MakuZoku, n'a pas encore récupéré ses yeux. Pornopolis se déroule à notre époque – à un ou deux poils de cul près – tandis que la nouvelle revient sur son passé, quand elle traquait encore son maître-vampire pour lui faire rendre gorge.)

J'en réaliserai encore une ou deux à l'avenir.


 
Crayonné de base.