dimanche 2 mai 2021

Les Aventures d'Ethel Arkady : Vitallium 25mg

Après plusieurs années de réécritures, le premier roman de la saga Ethel Arkady est disponible à la vente. Apparue comme un personnage secondaire du projet de comics à la française L’Ordre Noir, elle s’est muée au fil des années en une obsession de ma part. J’ai réalisé que je souhaitais tout connaître de ce personnage. La BD est mort-née, mais j’ai creusé plus avant pour explorer l’univers dont j’avais déjà esquissé les contours depuis 2007 et Ethel Arkady se révéla être un guide idéal.

Refusant les codes d’une série littéraire « académique » [1], j’ai créé ces aventures comme une suite de récits que je peux moduler à ma guise, en fonction des thématiques que j’aborde. Ce qui contribuera à donner une coloration unique à chaque histoire.

Si vous souhaitez goûter aux mondes traversés par Ethel Arkady avant d’entamer ce roman, je vous oriente sur deux nouvelles que j’ai publiées il y a un certain temps sur Mamazone : Rhésus Pub & Les Esclaves de l’Or, en conservant à l’esprit que celles-ci se déroulent à des époques différentes. Quant à Autobahn, une BD prévue pour un fanzine qui ne s’est jamais concrétisé, elle échafaudait les bases du personnage. Si sa lecture n’est pas indispensable, le projet date tout de même des prémices d’Arkady, en 2007, vous y trouverez une ébauche de la première rencontre entre Ethel Arkady et le flic pugnace surnommé « le Bouledogue », qui fait parti du casting de Vittalium 25mg, mais aussi de celui de Prime-Time [2].

Mais foin de bavardage, je vous laisse avec cette première (longue) aventure qui mixe allégrement laboratoire pharmaceutique à l’intégrité douteuse [3], dryade millénaire, gangs de bikers lycanthropes, sorciers séniles et autres antagonistes hauts en couleur qui donneront bien du fil à retordre à ma féline favorite.

La couverture est toujours signée par le talentueux Duarb Du, avec qui c'est toujours un grand plaisir de travailler.

Pour avoir accès au roman : cliquez sur la couverture !

 

Pitch : La puissante compagnie ULV inonde les médias de réclames pour son nouveau médicament révolutionnaire : le Vitallium. Ethel Arkady sauve une dryade des griffes de barbouzes, ce qui la met sur la piste d’un trafic de faëries. L’aventurière comprend vite que l’ULV est mouillée dans cette affaire…

Une critique de Tom Larret, que je remercie pour sa lecture attentive : 

  

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[1] – Par « académique », je veux dire « qui suit une dramaturgie dans l'ordre chronologique et linéaire ». Une manière de faire qui, si elle est efficace, me paraît usée jusqu’à la corde par des décennies de fantasy commerciale, singeant le séminal J.R.R. Tolkien. Je préfère l’approche thématique d’un Robert E. Howard sur Conan le Cimmérien – qui demeure MA référence de l’aventure épique avec un grand A – celle d'un Fritz Leiber dans son magnifique Cycle des Épées ou encore celle de Karl E. Wagner avec le Cycle de Kane. Chez ces auteurs, le but n’est pas ici d’être astreint, à la manière d’un élève besogneux, à une ligne temporelle bien droite, mais de créer des ambiances littéraires différentes à chaque histoire. Du coup, chaque récit à sa propre logique, son propre microcosme, sa propre tessiture. Seuls s’y retrouvent les mêmes protagonistes, en dépit du fait que les cartes sont en permanence rebattues, laissant le lecteur dans une délicieuse expectative.

[2] – Un second projet BD qui n’a pas abouti, mais le scénario existe, et je devrais le traiter comme un roman dans les années qui viennent…

[3] – Ayant débuté la rédaction de Vitallium25mg en 2012, j’étais loin de penser qu’une pandémie maousse et son cortège de magouilles politiciennes débarqueraient dans notre réalité. Du coup, certains thèmes de fond trouvent une résonance singulière à l’aune de ce que nous avons vécu ces deux dernières années (et ce n’est pas fini…)

dimanche 25 avril 2021

Ethel Arkady in Battle by MakuZoku

Après une première collaboration sur le roman Pornopolis, qui sera donc illustré, le talentueux MakuZoku m’a offert (bien avant la date de mon anniversaire) cette image bien punk de ma chère Ethel Arkady

Elle me plaît d’autant plus qu’elle reprend bien toutes les thématiques du personnage : sa rage, le fait que ses nombreux affrontements lui arrachent toujours un peu de chair, son histoire gravée sur son corps et son indubitable appartenance à la gente féminine et enfin les chaînes en arrière-plan constituent un écho à son ancienne condition d'esclave des vampires. Les mêmes qu’elle prendra un malin plaisir à traquer et à tuer de la manière la plus sadique possible !

Et comme cela fait un moment que je trimballe Ethel Arkady, de forums en éditeurs, je pense profiter des prochains mois pour vous présenter les différentes versions que l’on m’a faites de cette héroïne atypique, ambiguë, provocatrice en diable et parfois attachante.

Illustration par MakuZoku

 

dimanche 11 avril 2021

Bibliothèque des Ombres : la BD à l'heure Argentine

Gros plan sur la bande dessinée argentine qui mérite d'être bien plus connues sous nos latitudes.

Perramus : la ville & l'oubli /Juan Sasturain & Alberto Breccia :
Éditions Futuropolis 

Ayant obtenu l’oubli auprès d’une sorcière après une délation, un homme sans nom – qui deviendra le fameux « Perramus » – est embarqué dans une série de voyage aux frontières de la réalité en compagnie de l’écrivain Jean-Louis Borgés et d’acolytes excentriques. Leurs buts : sauver la Vérité qui se meurt sous les bottes de la dictature des Généraux.

En 1976, l’Argentine bascule sous le régime dictatorial des Généraux. L’absurde et l’arbitraire régissent la vie du dessinateur Alberto Breccia. De cette époque il tire, en compagnie du scénariste Juan Sasturain, cette épopée grotesque, aux confins du réalisme fantastique cher à Gabriel García Márquez. Usant sans retenu d’un trait torturé, de lavis blafards, associés à de nombreux collages et autres expérimentations visuelles inédites, Breccia nimbe d’une angoisse omniprésente le moindre geste de ses personnages.

Car, outre les visages grimaçants que Breccia impose à toutes les figures de l’autorité, les métamorphosant en gargouilles immondes, l’histoire n’est pas en reste en termes de surréalisme absurde, grotesque et effrayant. Un nabab de l’exploitation de guano, une île prisonnière d’une guerre perpétuelle contre un ennemi dérisoire, un réalisateur de bande-annonce pour des films de propagande qui ne seront jamais tournés… ne sont que quelques exemples des aberrations croisées par nos héros.

Chef-d’œuvre de la Bande-Dessinée mondiale, Perramus est surtout un avertissement minutieux sur les symptômes de la dictature que sont l’absurde et l’arbitraire. Une lecture importante !

La Grande Arnaque : Intégrale / Carlos Trillo & Domingo Mandrafina
Édition Ilatina

Dans un pays imaginaire d’Amérique du sud, un général corrompu transforme sa nièce en une idole destinée à édifier sa population. Agressée par son oncle, objet des désirs libidineux d’un ex-officier SS, l’idole décide d’échapper à l’emprise de ces hommes malfaisants. Elle se réfugie auprès d’un privé miteux pour établir un plan afin disparaître. Mais le duo croisera sur sa route le tueur le plus redouté de la junte : l’Iguane…

Les nouvelles éditions iLatina déterrent le patrimoine, assez peu connu dans nos contrées, de la BD sud-américaine et pour cette première salve livrent des incunables du genre. Tout comme Alberto Breccia, avec qui il a déjà travaillé, le scénariste Carlos Trillo a vécu la sinistre dictature des généraux. Il se sert ici du polar hard-boiled pour explorer les ressorts de la propagande à travers ses personnages, dont le fameux Iguane.

Le noir et blanc sobre et les trognes expressives de Mandrafina font des merveilles pour matérialiser cette histoire sur la manipulation des symboles par un pouvoir oppresseur dont la justesse reste, hélas, d’actualité.

Alvar Mayor : les cités légendaires / Carlos Trillo & Enrique Breccia
Éditions Ilatina

Cartographe née dans les cimes de l’Amazonie, Alva Mayor entraîne avec lui les aventuriers à la conquête des prétendues cités d’or qui les attendraient dans les profondeurs de la forêt.

En plusieurs contes cruels, le scénariste Carlos Trillo déroule une intrigue historique dans une ambiance moite, matérialisée par le noir et blanc suffocant d’Enrique Breccia. Entre réalité et mysticisme, Alvar Mayor entraîne à sa suite des Européens rendus fous par la quête de richesse, tombant souvent dans les hallucinations engendrées par la fièvre de l’or, partageant en cela le destin d’un certain Aguirre.

Jetant un regard désabusé sur le monde qui l’entoure, le personnage principal navigue entre ses deux cultures, ce qui lui permet de faire le lien entre les différents protagonistes qu’il aura l’occasion d’emmener dans son sillage. À la veulerie ordinaire répondent les mythes ancestraux qui acquièrent une réalité presque palpable et dangereuse dans l’environnement sylvestre.

Bien que chaque histoire possède sa propre fin, toutes partagent comme thématique commune une plongée dans les méandres de l’inconscient humain.