dimanche 1 février 2026

    Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville - Couverture 01

    Alors que nous avons atteint la fin de l’hiver, certaines choses se dégèlent de mon côté. J’en avais déjà causé dans mes éphémérides, mais j’achève plusieurs histoires de longue haleine, dont certaines m’ont accompagné pendant des décennies. Le « Dîner en Ville » arrive à la conclusion de sa mise en page après une bataille épique avec le logiciel de la plateforme TheBookEdition ! Il ne me reste plus que quelques corrections d’ordre esthétique à opérer sur la couverture avant que celle-ci ne se trouve enfin à disposition de vos mirettes. 

    Les histoires longues envahissent la mémoire, se métamorphosent souvent en marathon interminable dans lequel les meilleurs d’entre les meilleurs se perdent, avoir quelques nouvelles ou des récits courts sur les côtés pour se reposer le cerveau relève de la nécessité. Cela assouplit l’esprit avant de passer à quelque chose de plus velu. Dans cette histoire je pousse la symbolique de la dévoration, sexuelle, alimentaire et psychique dans ses derniers retranchements et cela m’a donné l’occasion de jouer avec le duo Akemi Himiko et Ethel Arkady. J’espère que vous apprécierez ce roman. De mon côté, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à l’écrire, bien que son style et ses thématiques le réservent à un public plus qu’averti ! 

    Et pour les nouveaux venus, il n’existe pas de sentier clair dans le monde d’Arkady, si vous  choisissez ce « diner », vous aurez une histoire complète, cependant sachez que les autres titres s’agrègent en un univers complexe.

    J’ai demandé à Huba une illustration qui reprenne les principes que j’avais déjà établis pour la BD Pornopolis, notamment dans les tons, mais aussi dans la manière qui est maintenant la mienne de penser ma charte graphique pour le corpus Arkadien, exception faite des Chroniques de Yelgor qui en sont séparées. Le sorcier qui ricane dans le quatrième de couverture ne ressemble pas à son incarnation romanesque, mais il constitue un clin d’œil dont je vous laisse, le cas échéant, trouver la référence ! En ce qui concerne Akemi Himiko, elle dérive un peu de son design original, non à cause de Huba qui s’est approprié l’univers de la féline, mais parce que je ne suis pas intervenu à temps pour solliciter des corrections. 

    Mon travail civil ayant pris la meilleure part de moi-même, j’avoue avoir vécu la fin de l’année dans une camisole de fatigue, j’ai nagé la brasse dans une purée de pois et du coup, mon personnage en a pâti. Néanmoins, et malgré ce problème de continuité, j’apprécie ce dessin qui exprime la teneur de l’histoire tout en accomplissant l’exploit de rester à peu près chaste en dépit du sujet, ce qui constitue un exercice d’équilibriste graphique admirable.

     



     

    samedi 3 janvier 2026

    Ephémérides 2025 - 2026 : Année de sortie !

    On commence avec une nouvelle Ethel Arkady pour l’année 2026, de la main de Murazaki Sora, une excellente aquarelliste ! Cette version plus « présentable » me servira pour mes communications commerciales, même si je ne sais pas pourquoi Murazaki l’a doté d’une poitrine… opulente, je ne lui avais pas demandé !

    Il y a des éphémérides qui plus difficiles à écrire que d’autres. Mine de rien, cela fait plus de dix ans que j’anime ce blog, parfois avec de la fatigue, parfois avec un enthousiasme renouvelé, et ce, même si le format est devenu ringard dans le monde actuel. C’est mon coin de web – dont je ne suis qu’un locataire parmi d’autre, ce dont j’ai conscience – mais cela me plaît d’envoyer des lettres en bouteille dans l’océan de données. Alors, que dire de l’année écoulée ?

    Avatar de collaboration : 
    La fin d’une collaboration qui me tenait à cœur m’a atteint plus que je ne le pensai. Je sais que ça surprend, mais le Gernier est un animal très sentimental ! Je suis quelqu’un qui aime la coopération créative, un reste de ma période de cameraman-monteur. J’apprécie l’émulation que cela entraîne. D’aucuns avanceraient que cela flatte aussi l’ego d’un écrivain raté, ce que je comprends, et j’obtempère à cette assertion, je ne le cacherais point : je ne suis pas un hypocrite. Cependant, c’est toujours un honneur et un plaisir de trouver une personne avec laquelle cette confluence magique éclot.

    De 2021 à 2025, j’ai vécu au rythme des dessins de mon complice dans le crime. Cela entrait dans une logique d’affinité : nous sommes sorti du même bain contre-culturel, à deux-trois poils de cul près. Je reste son humble débiteur pour tout ce qu’il m’a apporté que ce soit personnellement, un dessin ayant réussi à me tirer d’une profonde rechute dépressive, ou professionnellement. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, mais celle-ci s’avéra dure à encaisser. Je savais que nos chemins se sépareraient, il travaille à ses projets, moi aux miens. Cette entente entre gentlemen est née dans un contexte bien définie, mais elle l’a dépassé avec le temps. La cessation brutale de cette association m’a déprimé. Un échange aussi long laisse des traces dans la tête, l’art rapproche les esprits et donc prête le flanc à de l’attachement. Le côté contractuel « client – et – artisan » devient plus flou, les frontières avec l’amitié plus poreuse.

    J’aimerais ajouter que ce questionnement ne concerne pas mes autres collaborations avec des artistes dont j’apprécie le style et qui me suivent dans mes aventures depuis un moment. Certaines sont de vieux complices comme ExpExp que je remercie pour sa fidélité ; d’autres sont des revenants dans mes univers, tel Horlod qui a déjà accompli un chouette boulot sur mes personnages et avec qui je partage un certain esprit pour la série B déjantée ; auquel s’adjoignent des nouveaux venus à l’instar de Huba qui a conçu la spectaculaire couverture pour mon prochain roman à sortir ; de K-Zlovetch qui a accepté de poursuivre ses incursions dans les histoires d’Arkady, en plus de ses propres créations que je vous invite à explorer. Tout cela est bon, mais il me reste une amertume pesante sur l’estomac, d’autant plus que le motif de cette rupture de contrat, extérieur à notre travail commun, m’a semblé disproportionné au regard de l’investissement artistique et humain dans lequel nous nous sommes engagés. « Chat échaudé craint l’eau froide » comme le dit le proverbe, et depuis lors, j’avoue avoir mis un de la distance dans mes échanges avec les illustrateurs, j’incline moins au jeu et à la confiance qui aura marqué les années précédentes.

    Cela m’a aussi obligé à revoir ma stratégie, à ne plus rassembler tous mes œufs dans le même panier. Ce qui m’amène à un autre point qui a découlé du premier : sans mon ex-complice, je me suis tourné vers des personnes dont j’aimais le style. Pointilleux dans mon fonctionnement créatif, je sais ce que je cherche dans un trait, mais s’ils se trouvent de très bons dessinateurs sur le net, j’ai été trop souvent confronté à des délais très flous – ce qui n’est pas un problème, je comprends les contraintes quotidiennes, j’y suis moi-même assujetti – mais surtout à de l’absence de réponse. Le « ghosting » reste un élément de communication très frustrant. J’ai parfois attendu des mois sans aucun signe de vie, ce qui a eu pour effet de déstabiliser mon planning. Il m’est arrivé de payer deux à trois factures en même temps, autant dire que le portefeuille à manger sa race ! Donc, si vous lisez cela, et si je vous écris un jour, chers artistes : j’adore votre travail, il embellit mes jours et mes nuits, mais en cas de demande de collaboration, un « non » clair et précis sera bien plus apprécié qu’une non-réponse : je n’ai pas de temps à perdre et vous non plus. La sincérité demeure toujours l’alpha et l’oméga d’une relation saine, d’autant que je sais que mes histoires et mon style restent très particuliers, donc je ne m’offusque pas d’un refus.

    Jeu de Rôle & Loisir : 
    Petite parenthèse un peu moins déprimante, j’ai augmenté mes heures de loisir, malgré le fait que mon boulot alimentaire se démène pour les détruire. Je me perfectionne donc en tant que maître de jeu. Cela m’amuse beaucoup et m’a amené à explorer de nouveaux territoires dans mes créations, le jeu de rôle ayant cette qualité de l’improvisation immédiate, j’exploite des périodes qui n’apparaissent pas dans mes romans. Une de mes joueuses, qui a déjà démontré son talent dans les Chroniques de Yelgor, Nero, s’est fendue de deux portraits : son personnage – une espèce que nous avons construite pour l’occasion – et son antagoniste. Un geste qui m’a touché et que je partage ici. Quand je disais que l’art possédait une sorte de magie sur l’âme, je ne plaisantais pas. 


    Écriture : 
    Ce qui me donne une passerelle toute trouvée pour discourir de littérature et de ce que j’ai accompli cette année : 2026 verra peut-être une la sortie d’histoires en court depuis longtemps. 

    • Pornopolis : Prisonnière : le premier tome de ma trilogie de « PornoFantasy », appellation bancale faute de meilleurs termes pour la caractériser, se rapproche de la fin. Je terminerai ce premier tome dans le courant février. Il ne me restera plus qu’une couverture et je pense que je lancerai enfin sur les ondes ! Ce sera un petit événement pour moi, puisque j’ai commencé ce récit… en 2009 ! Il aura connu plusieurs versions, dont au moins deux scénarios sous forme de BD, avant d’être transformé en roman !
    • Un Dîner en Ville : ce court roman, qui s’insère entre le premier et le deuxième tome de Pornopolis, sortira dans les mois qui viennent. Comme d’habitude, il reste lisible séparément, mais il me permet de jouer un peu avec le thème de la nourriture et du sexe tout en liant cela avec un peu de sadomasochisme puisque j’explore la relation sulfureuse entre Arkady et la sémillante Himiko.
    • 100 Cercueils : mon récit pour adolescents, avec Arkady, approche de la fin pour le premier tome. À la base je n’avais prévu qu’un seul roman, mais je suis maudit au niveau de la longueur de mes histoires ! Je me suis retrouvé avec un volume qui atteint déjà les 500 pages, en cause la description du microcosme dans lequel se déroule les événements, ce qui semblerait superfétatoire, mais essayez de retirer les plans d’ensemble d’un film d’action et vous verrez que les scènes deviendront incompréhensibles. J’espère caser la suite et la fin de cette aventure en un seul tome… 
    • La Chauve-Souris d’Or : je l’ai allongé un chouïa, parce que la relation entre Ethel Arkady et Gertrude Bell m’appelait. Je réagis parfois à l’appel de mes personnages, ils ont presque une seconde vie dans ma tête et je ne deviens que leur humble scribe. Cette histoire me permet aussi de réaliser un récit pulp à la « Indiana Jones » à travers l’association improbable entre ces deux personnages que tout sépare. Poursuites endiablées dans le sable d’Irak, anciennes cités antiques englouties, réminiscences lovecraftiennes et duels dantesques seront chapeautés par un antagoniste retors et qui constitue mon hommage à ma chère Tom Larret !
    • Les Errantes : Dans le cadre des « Chroniques de Yelgor » j’ai enfin trouvé mes « prêtresses d’Ejulie », la déesse de l’amour de ce monde, et en tirant les fils de ma pensée, j’ai réussi à créer quelque chose qui me tenait à cœur depuis des années, quand ce n’est pas une deux décennies : un culte complexe relevant d’une spiritualité immanente et anarchiste. Elles me passionnent et j’ai prévu au moins trois histoires à leurs sujets, ainsi qu’un jeu de rôle, parce que la structure s’y prêtait bien. 
    • En parlant des « Chroniques de Yelgor » : comme je suis sortie du huis clos, je me suis retrouvée devant un problème de taille : tout un univers à forger pour suivre la fuite de mon groupe de survivants – dont les fameuses Errantes constituent une pièce importante – et il en est résulté un second tome très, très long. Trop long ! Je l’ai coupé en deux. Donc, le tome 2 : la Nuit de l’Exode est achevé et le tome 3 : La Nuit du Fer-Vivant, arrive à sa version finale du premier jet. Il ne me restera plus que les dessins à fournir pour le troisième et cinq chapitres à illustrer pour le deuxième. Peaufiner tout cela me demandera encore de la sueur, de l’angoisse, de l’argent et de la patience, mais je m’approche du but, et cela me rassérène un peu.
    • Trois Sculptures : Une expérimentation qui était appelée à disparaître dans les limbes de mes disques durs, mais voilà, la vie trouve toujours un chemin. Écrite après un voyage très éprouvant, elle mélange des obsessions morbides en même temps qu’une réflexion sur l’identité, ce qui constitue notre centre et comment celui-ci peut-être altéré par le corps. Hommage à Sade et à J.G.Ballard période Trilogie du Béton, c’est un de mes récits les plus sombre et cruel – c’est dire – toutefois empreint de moquerie et d’humour très, très, très noir !
    • Apprivoiser une Louve : Une autre histoire que je n’avais pas prévu de rédiger, qui dérive d’une partie de jeu de rôle, mais voilà, je suis tombé amoureux du personnage que j’ai construit et comme d’habitude, je n’ai pas résisté à l’envie de lui donner une voix. À la base, je souhaitais m’exercer à un genre que je n’ai jamais exploré : la romance ! Mais chassez le naturel… Si le premier quart du roman reste bon enfant, la seconde met le cap vers l’horreur pure et dure avec une séquence de torture dans laquelle je règle mes comptes avec le mot « bienveillant » qui me sort par les narines !


    Donc, voilà pour ces éphémérides ! Finalement, l’ensemble donne une sensation positive quand on regarde dans le rétroviseur, mais quelle année de douleurs en tout genre. Politiquement, j’ai déposé les armes depuis longtemps, l’actualité se transforme en une version gonzo de l’émission Groland et il devient difficile de découvrir une pépite intelligente dans la connerie qui nous entoure. Mais je m’accrocherai à l’art, c’est la seule bouée qui me reste.

    Une bonne année à tous, 
    À bientôt !

    dimanche 14 décembre 2025

    Les Chroniques de Yelgor : L'Homme d'Acier ! (by ExpExp) & OMB N°4

    Nous voici en décembre et avec lui le spectre de la fin d’année et les bilans douloureux, mais ce n’est pas pour cela que je vous abandonne ! J’ai encore quelques munitions dans ma musette, même si je l’avoue l’année s’avéra très éprouvante, mais nous traiterons de cela dans les éphémérides.

    En attendant ma dissertation sur la construction du monde de Yelgor, ce que je n’ai pas le loisir d’accomplir pour le moment étant donné que mon boulot alimentaire est entré dans une phase dite de « stupide frénésie pré-Noël », je vous présente une nouvelle illustration d’ExpExp, un de mes plus vieux complices. Étant donné son style très particulier, je lui confie les chapitres qui s’accordent le plus à son tempérament. Il décline souvent un même thème graphique selon plusieurs configurations, et je vous les partage toutes, parce que, hey ! C’est Nowel, putain !

     



     

    Dans ce chapitre, j’entérine de manière définitive que mes Chroniques de Yelgor quitte les terres de la fantasy pure pour un mélange bâtard qui mêle plusieurs genres, dont la Science-Fiction avec la présence de cet antagoniste qui renvoie à un certain super-héros dont j’avais trééééés envie de me moquer !

    Ce qui m’amène à une autre considération : en cette période où on s’embrasse en proférant plein de promesses qu’on ne tiendra jamais, sachez que j’ai été publié dans un fanzine dirigé par le même ExpExp qui mène un équipage d’artistes aussi cinglés que moi-même : OMB n° 4 ! Vous pourrez ainsi suivre un de mes rares BDs autour du personnage d’Ethel Arkady dans sa version années 20 et des merveilles par milliers vous attendent ! Sous le sapin, ce sera trop la classe !