Après un bon gros craquage de slip dans mon emploi civil, j’ai réussi à reprendre les pinceaux… J’avais l’intention de soulager un peu mon esprit de quelques visions. Je suis toujours attaché à la technique du lavis et de l’écoline rouge que j’explore depuis un moment. Elle allie souplesse et rapidité avec une pointe d’accident qui rend le dessin vivant.
Quant au sujet, il est lié à quelques récentes mauvaises expériences de jeu de rôle que j’ai enchaînées coup sur coup. Le loisir reposant sur des interactions humaines, quand certains gougnafiers décident de vous gâcher une ou plusieurs sessions chèrement arrachées à un agenda plein comme un œuf, cela vire très vite à la séance de roulette chez le dentiste. En sus, vous n’avez même pas la possibilité d’assister à la fin du récit, ce qui aggrave le mécontentement ressenti, d’autant que mon plaisir, en plus de construire une histoire à plusieurs, consiste à explorer toutes leurs potentialités dramaturgiques.
Ces mésaventures ayant tout de même duré quelques mois, j’ai accumulé pas mal de frustration créative, ce qui a fini par entraîner la continuation des aventures d'Eve Kellermann dont la voix a grossi comme une énorme tumeur dans un coin de ma cervelle.
J’ai donc oublié son origine ludique – pour autant, j’aimerais toujours lui trouver une table accueillante – pour la redessiner dans une version plus vieille, ce qui a abouti à ce résultat. Pour mal faire, j’ai ouvert une nouvelle histoire – pauvre de moi – qui la met en scène. Je ne sais pas encore ce que donnera ce chaos créatif total, mais je m’amuse bien en explorant un genre que je n’ai pas abordé dans mes autres récits, bien que je l’apprécie : le « Road Movie ». Après le « Redneck Movie », je reste cohérent dans mes inspirations cinématographiques.













