dimanche 8 novembre 2020

    Hyménoptères, mes amis (01)

    Après les serpents, deuxième livraison de photographies animalières. Les hyménoptères – guêpes, frelons, abeilles… — sont intéressants à photographier. Ce sont des insectes très rapides, et il faut avoir le réflexe de déclencher l'obturateur au moment T. 

    Nerveux, ils vont et viennent et ne se posent qu'une ou deux secondes. Gorgés de soleil, et trouvant une provende abondante de poires alcoolisée sous les arbres, ils en avaient après la nourriture et m’ignoraient tant que je ne me rapprochais pas trop. Attention cependant à ne pas leur chiper un fruit ! 

    Les frelons en particulier détestaient qu’on leur dispute la jouissance de la chair sucrée, et j’en ai vu quelques-uns couper en deux une guêpe ou une mouche assez stupide pour se risquer dans les environs de ces géants vrombissants.

    Vespa Crabro sur une poire pourrie à poing !

     
    En pleine dégustation. A noter que l'on distingue les ocelles...

    Drame sur une poire ! 

    J'ai bien essayé de saisir un autre combat entre les frelons et leurs voisins de pitance, mais impossible d'avoir à la fois la vitesse d'obturation idéale, la netteté et l'éclairage nécessaire. L'objectif macro à une redoutable profondeur de champ qui diminue drastiquement les possibilités de photographier un événement au débotté ; de surcroît, je m'impose de prendre ces images sur le vif et m'interdis toutes tricheries de mise en scène et de retouches.

    Bref la situation pouvant se produire n'importe quand, n'importe où, dans le périmètre de l'allée aux poiriers, je devais travailler avec le réglage que j'avais enclenché auparavant. Sans pouvoir en changer ! Ce qui explique que certains clichés soient floues. C'est le flou de l'action et de la violence ! Les frelons outragés ne font pas de quartier et une attaque ne dure qu'un quart de seconde...  

    Ce refus d'user de stratagème me vient d'une part de la répugnance que j'éprouve pour la déconcertante facilité avec laquelle on peut altérer une photo numérique, mais également d'une réflexion plus profonde. 
     
    J'ai autrefois été un cameraman-monteur et même si la caméra me manque, les procédés de mises en scène du réel me dégoûtent d'autant plus que leur utilisation n'a jamais été aussi ostentatoire. Un simple coup d'oeil sur un zapping récent m'a permis de détecter des séquences d'images tournant en boucle au sein de reportages anxiogènes. Un des nombreux artifices grossiers que les chaînes d'information déploient fielleusement et que n'importe qui ayant fait un peu de pratique dans les métiers de l'image constate, les deux mains dans le fion. Et je déteste me faire manipuler quand je ne suis pas consentant !

    La fiction ne me pose pas ce problème, quand je choisis de voir un film, j'en détermine à l'avance le genre, la durée, le réalisateur. Je « joue le jeu ». Ce qui n'est pas le cas des médias mainstream qui me sont imposés dès que je tombe sans le vouloir sur une page web d'actualité. Ces menteurs pathologiques ne disent rien de la vérité, et encore moins de la beauté du monde. Ils n'en montrent qu'une caricature biaisée en usant de tout un panel de techniques basiques, mais efficaces. Contrairement à la production d'une connaissance, qui demande du temps, de la patience et beaucoup de travail, jouer sur les émotions primaires de notre cerveau s'avère d'une facilité enfantine. Le martelage de mots-clés et d'images anxiogènes repassant en boucle — sans qu'elles soient corrélées à une quelconque réalité de terrain —, ce n'est pas du journalisme, ce n'est pas un reportage, c'est de la merde propagandiste. Et autant j'aime l'exercice de la prise de vue et le montage, autant je peux me regarder dans un miroir pour ne pas avoir eu à participer à ce cirque foireux pour faire bouillir la marmite !

    Aussi ai-je décidé en moi-même que mes modestes photographies témoigneraient d'observations précises, qu'elles captureraient un instant sans tricherie d'aucune sorte, excepté le cadrage, qui constitue déjà un point de vue et une mise en scène, nous sommes d'accord.

    Mais nous nous sommes quelque peu éloignés des hyménoptères, non ? Retournons-y !
     

    La guêpe du petit déjeuner !

     
    Une Apis mellifera entre deux fleurs de thym !

    vendredi 30 octobre 2020

    Les Années Fléaux (d'après Norman Spinrad)

    Les récents événements m’invitant à penser que « Winter is Coming » et au pas de charge, j’en profite donc pour déterrer une vieillerie rester dans mes cartons. Cette BD en quatre planches a été réalisée en 2003, dans le cadre d’un atelier. Elle adapte de manière très infidèle l’excellente nouvelle Les Années Fléaux de l’auteur visionnaire – un peu trop à mon goût, pour être honnête – Norman Spinrad. Parce qu’au train où nous fonçons vers le mur, j’ai la sensation que nous nous préparons à un futur immédiat en forme de dysenterie. 

    Cliquez sur les images pour la lecture !

     

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    Postface :

    Nos Années Fléaux

    Ou quand la réalité rejoint la fiction...

    Les autorités aux manettes s’accommodent de jouer les pompiers pyromanes. Après tout, ne goûte-t-on pas à notre tour à la fameuse Stratégie du Choc théorisée par les Chicago Boys et déployée dans les pays du tiers-monde pour évincer les régimes un peu trop à gauche aux goûts de l'Oncle Sam ? C’est à notre tour de danser une tarentelle infinie, comme un Troupeau Aveugle, vers le ravin de nos illusions qui est juste là, devant vous !

    Nécron1er se fait Néron devant l’incendie de Rome et ne change rien à ses habitudes de pervers narcissique et toute l’Europe suit ce pâle ersatz de Patrick Bateman sous cocaïne avec un bel ensemble. Depuis Mars, ce n'est qu'une suite de mesures complètement ineptes, saupoudré d’un matraquage médiatique à même de briser les esprits les plus résistants. Impossible de passer outre cet égrégore terrifiant qui s’impose dans tous les cerveaux au quotidien. Aussi émergente soit-elle, cette maladie actuelle aurait nécessité, je ne sais pas, peut-être, par exemple, d’agrandir les capacités d’accueil des hôpitaux tout en revalorisant les métiers de la santé. Ou d’ouvrir ces foutus numerus clausus. Rien ne sera fait en six mois, avant la reprise des hostilités grippales. Vous êtes surpris par autant d’incompétence ? 

    Pas moi !

    Il est à craindre que les maigres bénéfices de mesures au mieux abracadabrantesques dont l’efficacité reste encore à démontrer n’aboutissent à la destruction rapide de toutes nos institutions et à un appauvrissement généralisé dont je me demande si, au final, il ne fera pas plus de dégâts que le virus en lui-même. Parce que, à ce train, on se précipite vers une crise économique d’une ampleur jamais connue et à côté de laquelle, celle de 1929 ressemblera à un conte de fées repeint par la palette sirupeuse de l’oncle Walt.

    Donc, je vous invite à lire le mode d’emploi du « monde de demain » que nous propose Norman Spinrad dans les Années Fléaux, entre paupérisation extrême, fléaux endémiques et remise au goût du jour du crimepensée cher à Orwell. Autant dire que je plains sincèrement les générations futures qui vont se coltiner un monde auprès duquel Mad Max fera figure d'aimable blague.

    Humanity Sentenced to Burn !

    dimanche 11 octobre 2020

    Soudain... Serpents !

    Il me fallait bien un grand bol d’air dans les montagnes après l’ambiance anxiogène des derniers mois ! Aucun humain à des lieux à la ronde pour m'empoisonner l'existence avec ses névroses. Au diable Nécron 1er et sa clique d’incapables en marche pour les catastrophes écologiques, économiques, sanitaires ! Enfin avoir la liberté de respirer sans masques, de tenir des conclaves secrets avec des cloportes et des frelons. 

    De plus, en se baladant sur les chemins de terre, on fait parfois des rencontres imprévues, comme ce trio de Coronelle Lisse (aussi appelé Couleuvre Lisse, d’après leur petit nom scientifique : Coronella Austriaca (Laurenti, 1768)).

    J’avais d’abord pensé que les deux premières se dévoraient mutuellement, mais, vérification faite, il s’agissait d’un prélude à l’accouplement. C’est de coutume chez cette espèce de se prendre le bec avant la noce ! Quant à la troisième couleuvre, elle était occupée à digérer en plein milieu du sentier, si léthargique qu’elle était incapable de fuir. J’espère que ces trois superbes bestioles n’ont pas été dérangées par des promeneurs imbéciles et béotiens en matière d’herpétologie.

    Pour moi ce fut une magnifique journée, tant il est devenu extrêmement rare de croiser des serpents en France avec la destruction endémique de leurs habitats.