samedi 26 janvier 2019

    Ephémérides 2019 : Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes !

    Un coup d’œil dans le rétroviseur spatio-temporel pour évaluer l’année écoulée, l’occasion de m’exprimer un peu plus ouvertement sur mes préoccupations, sans le filtre de la fiction.


    Rage ! Illustration par Jack Norisk. Arkady face à Adélaïde...


    1. Rage.
    Une magnifique illustration à l'aquarelle commandé à une certaine Jack Norisk. Une vision qui sera le fil directeur de l’année prochaine puisqu’elle est issue de la fin du monstre textuel qu’est Adélaïde : mon interminable marathon romanesque constitué de plusieurs récits enchâssé les uns dans les autres à la manière du fameux Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki ou des récents Sentiers des Astres du Bruxellois Stefan Platteau. Une méthode de narration peu usitée dans le genre de fantasy, mais passionnante à explorer, pour peu que l’on aime se creuser les méninges…

    2. Les projets.
    Avec la sortie de l’anthologie Calling Cthulhu vol.3 aux éditions L’Ivre-Books[1] et celle en 2017 de l’anthologie Nutty Wolves, les deux dernières années ont été un tantinet plus fastes au point de vu d’une certaine reconnaissance.

    2019 devrait logiquement accoucher d'un conte western qui mettra en scène Ethel Arkady dans un rôle un peu inhabituel… si toutefois rien ne va entraver la bonne marche du processus éditorial.

    Seule la sélection puis la non-publication de la nouvelle la Nuit du Masque qui se déroule dans le cadre des Chroniques de Yelgor dans une anthologie consacrée à la survivance d’une fantasy à la Robert.E.Howard demeure une grosse déception en ce qui me concerne, d’autant que le cadre du projet me convenait parfaitement. Impossible de savoir ce qui a pu merder, et depuis l’éditeur a changé assez radicalement son fusil d'épaule… Un minimum de communication avec les auteurs eût été bienvenu.

    Dans le cadre du blog, je risque d’y passer moins de temps. Je me fendrai peut-être de temps à autre d’une irrépressible logorrhée si l’une ou l’autre œuvre me plaît, mais je dois avouer que plus l’âge vient et moins mes enthousiasmes se font violent d’une part et d’autre part comme je ne souhaite pas survoler mes sujets, les bafouilles s’étendent souvent au-delà du raisonnable – entre cinq et dix pages, à raison de trois jours complets de rédactions et deux de corrections, ça fait beaucoup de travail – et mes propres fictions prennent la poussière pendant ce temps…

    Et cette observation devient encore plus vraie quand j’aborde le domaine cinématographique. Comme je me refuse à les contempler par des biais réducteurs – scénario, acteurs, réalisation… – considérant que ce qui est accepté comme « beau » et/ou « efficace » dans l’inconscient collectif n’est pas forcément gage de qualité, mais que la valeur d’un film procède d’une complexe alchimie entre la grammaire usitée par le réalisateur, le propos du scénariste, ceux des acteurs…, cela demande du temps...

    Alors, parfois ça le mérite, mais la diabolique hiérarchisation des priorités, et la merveilleuse vie en « Start-Up Nation » (parce que c’est notre Proooooojeeeeeet !!! ») nous impose son rythme frénétique, aussi dois-je faire quelques sacrifices.

    3. Blog ?
    Je ne songe pas pour autant arrêter de hurler dans les tuyaux de la toile, cependant je vais commencer à changer quelques petits éléments çà et là.

    Cette fin d'année a vu la naissance d'une nouvelle rubrique : « Les jolis contes du Père Gernier » de courtes histoires composées dans ma prime jeunesse. Elle surgira parfois, de manière chaotique, comme une éructation sonore du passé, sans prévenir…

    Dans ce cadre fictionnel, je ne m’interdirais pas de poster de temps à autre des « mises en bouche » des romans en cours, sûrement les premiers chapitres, dès que ceux-ci seront assez peaufinés pour mériter un « crash-test ». Ces textes seront susceptibles de disparaître s’ils trouvent une maison accueillante dans les prochaines années.

    J'essayerai de poursuivre les Chroniques de Yelgor, mais la deuxième partie va nécessiter un plan de campagne assez ardu à faire. Les idées sont éparpillées dans plusieurs carnets épars qu'un déménagement homérique n'a pas épargnés. La deuxième difficulté c’est que si je possède bien une vision d'ensemble sur mes récits, il en est tout autrement pour Yelgor. Cet univers est une excroissance mutante de ma création, un monde monstrueux, que je me contente de découvrir avec vous. Ces mœurs, ces coutumes et ses personnages m’échappent en grande partie.

    4. Pour finir un petit bilan.
    Sans surprise, le rythme de parution s’est assagi depuis que j’ai achevé le marathon de Yelgor. L’exercice oblige à une régularité de métronome, mais se métamorphose aussi en un bras de fer contre les circonstances de l’existence, parfois au détriment de son propre confort. En d’autres termes, si l’envie de poursuivre demeure, il est hors de question de procéder de la même manière pour la deuxième partie.

    Rétrospectivement ce sont les articles de la Bibliothèque des Ombres qui totalisent sur l’année le plus de vues. Impossible cependant de savoir si ceux-ci sont lus ou non, néanmoins cette catégorie affiche les scores les plus hauts. En particulier celui sur L’Histoire Naturelle des Dragons de Mary Brennan, un roman que j’ai trouvé assez médiocre au final et ce n’est que sa réputation auprès de nombreux commentateurs qui m’a poussé à argumenter un peu autour de mon dépit et de mon impression d’avoir perdu mon temps dans cette lecture très fade ! Tout à fait étrange que la pointe de visite soit aimantée par un des rares textes négatifs de cette année.

    Pour le reste, ni les dernières miettes de Yelgor, ni la nouvelle section des photographies – que j’alimenterais encore – ni mon enthousiasme débordant pour les aventures de Kane de Karl Edward Wagner ou les peintures du Paléoart ne déplacent les foules.

    5. And now, something completely different !

    2018 a aussi été l’occasion de faire quelques rencontres enrichissantes, puisque suite à la rédaction d’une singulier roman à quatre mains, je me suis établi dans un triumvirat d’auteurs aussi talentueux que Myriam Morand, Cédric Murphy ou Steve Martins. Une assistance bienvenue quand il s’agit de prendre de la hauteur sur des textes, en particulier les longs marathons que sont les romans. Qu’ils soient remerciés pour leurs aides précieuses en ses pages.

    Bonne année & à bientôt.

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    [1] - bien que – « breaking news ! » comme dise les angliches – cette anthologie soit promise sous peu au pilon suite à de graves problèmes indépendant de la volonté de l’éditeur !

    2 commentaires:

    1. Tiens, je partage ton avis sur « L’Histoire Naturelle des Dragons ». Je n’ai pas pu le lire en entier, je me suis ennuyée. Pourtant c’était bien écrit et tout et tout… mais je n’ai pas accroché.
      Beau travail sur l’aquarelle d’Arkady ! Je viens de watcher cette artiste sur DA.
      Sinon je comprends tout à fait tes déceptions. Je crois que bcp d’entre nous en sont là aussi, tant la concurrence est devenue pléthorique, on se sent noyé dans la masse, trop d’informations partout…

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    2. Merci pour ton commentaire, Myriam ;)
      Avec encore plus de recul, je pense que le roman "l'Histoire Naturelle..." manque d'une vrais ambition littéraire et surtout un réel personnage charismatique à la barre. Un personnage qui a des défauts, des fêlures... Une tare qui devient dans la littérature contemporaine.

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