lundi 25 mai 2026

    J’ai pris un peu de retard dans mes publications mensuelles, car entre le boulot qui devient chronophage et une accumulation de fatigue autant physique que psychique, une certaine négligence s’est installée dans cet endroit. 

    Mes récits ont poursuivi leur chemin, malgré les avanies que la société ne cesse de me balancer à la tronche, dont la sortie de la première partie de Pornopolis, que je polis depuis un peu plus d’une décennie. Grâce aux différentes illustrations d’artistes qui m’ont accompagné dans cette folie, cet ouvrage reste l’un de ceux dont je suis le plus fière. Un écrin stylistique et graphique pour un genre honni que j’ai pris à bras le corps ! Je n’aurais pas fini ce premier roman d’une série de trois sans l’extraordinaire couverture d’Horlod, dont le trait convient à merveille à mes écrits, et je suis honoré qu’il ait accepté de voyager dans mon univers une nouvelle fois. 

    Je précise toutefois que, comme une majorité de mes récits — et celui-ci plus encore — l’ouvrage s’adresse à un public mature et averti. 

    Cliquez sur l'image pour acheter le livre !


    Extrait : 

     « Non ! La bubastis était ignorante de ces absurdités ! Au contraire, elle accompagnait ses caresses de frémissements, de halètements, s’enfonçant dans les profondeurs de ses terminaisons nerveuses, sans aucune arrière-pensée parasite. Elle vivait, insouciante, refusant de juger ses instincts et ses appétits monstrueux à l’aune des valeurs castratrices qui pesaient de tout leur poids sur les hommes. »


    vendredi 1 mai 2026

    Festival Fantastique et Dessins

    Comme l’année dernière, j’ai passé une partie de mon mois d’avril au BIFFF (Brussels Festival of Fantastique and Fantasy Films) pour vendre mes romans, grâce à la complicité de la librairie The Skull que je fréquente depuis… des décennies et à qui je dois un certain encombrement de mes étagères ! Une année qui s'avéra moins bonne que les autres au niveau des recettes et au terme de laquelle j’ai chopé la trachéite du siècle ! J’ai écopé d’une semaine sous antibiotique pour laquelle je remercie la ventilation pourrie du Heysel. 

    Néanmoins, je souligne que cet inconfort demeure très marginal en regard du fait… que j’aime ce festival ! Je me sens presque chez moi dans ses allées et j’adore retrouver les gens qui le composent. Si je n’ai pas atteint le nombre de ventes de l’année dernière et je ne suis pas le seul – le nouveau gouvernement belge a sabré comme un porc dans les budgets de la culture, on se demanderait presque si celle-ci, sous sa forme la plus débridée, ne constitue point une cible idéale pour les politiciens qui souhaitent des individus formatés, mais je vire au complotiste, là –, je suis tout de même parti avec d’excellentes rencontres et des étoiles dans les yeux et quelques Blu-ray en plus sur des étagères déjà en état d’obésité morbide.

    J’aime être exposant pour le festival, car cela me laisse un peu le temps de dessiner, ce qui mine de rien ne m’arrive plus si souvent. J’ai achevé deux images assez complexes pendant ce laps de temps, sans parler des dédicaces que j’ai réalisées pour ceux qui ont été tentés par mes histoires. Du coup, je reprends ma technique aux couleurs de l’événement pour ces compositions, c’est-à-dire noir et blanc additionné d’un peu d’écoline rouge. J’ajoute quelques projections à l’aide d’une brosse à dents que je maîtrise de mieux en mieux.


    La première illustration représente « Grinder », l’alter ego lycanthrope d’Eve Kellermann que j’ai situé dans une église. J’ignore encore comment utiliser ce personnage, mais j’aimerais le développer ailleurs que dans le jeu de rôle d’où elle vient. Son existence constitue une sorte de retour en arrière pour moi puisque ma première héroïne était aussi une louve-garou du nom d’Eve, que j’ai dessiné pendant longtemps, et même si les romans possèdent cette naïveté digne du débutant et que je ne les ai jamais retravaillés depuis. Je pense que cette seconde version sera appelée à devenir un personnage prolo à la Jack Burton (dans les Griffes du Mandarin), un de mes films de chevet, par ailleurs. Pour la thématique, je suis parti sur des questions de justice, de vigilantisme, ce que je n’ai pas encore exploré. Bien sûr, elle évoluera dans l’univers d’Ethel Arkady, mais ça sera une autre branche, parallèle au récit principal, mais qui le croisera de temps à autre.

    La seconde constitue une dédicace géante pour une personne qui m’a pris l’intégrale de la saga Arkady et celle des Chroniques de Yelgor dans la foulée, je me suis dépassé et j’ai confronté son avatar de jeu de rôle à une Akemi Himiko déchaînée. Petite différence avec l’année dernière : je n’avais pas le papier idoine et celui-ci buvait l’encre de chine comme un alcoolique après une année de sevrage ! J’ai donc abandonné mes velléités de dégradés et je me suis acharné, malgré mon erreur de base, pour explorer les effets graphiques inédits obtenus par ce contre-emploi du papier. 
     
     
    En ce qui concerne les films, j’en ai vu plus cette année et j’avoue que la sélection possédait plus d’intérêt que l’année précédente ou rien ne m’attirait. Mention spéciale pour Gaua qui revient sur les histoires de sorcellerie dans le Pays basque, avec un réalisateur très rock’n roll. Film parfait pour le festival celui-ci amalgame les visions empruntées à Bosch, Goya, Félicien Rops et quelques autres artistes fantastiques. Avec sa photographie renvoyant autant aux BD qu’aux livres de conte, sa cruauté et ses tableaux délirants et je pense que je le chercherai dès qu’il sortira en support physique pour en profiter à nouveau. Cela montre la vitalité du cinéma espagnol, même si celui-ci n’est pas très bien distribué en France et en Belgique alors que ce sont nos voisins directs.
     
    Pour l'affiche, je n'ai pas trouvé de meilleur définition...

     
    Dans le genre, Never After Dark m’a pas mal impressionné les rétines aussi, en prenant la direction du Kaidan ega pour basculer sur quelque chose de plus sadique et cynique, d’ailleurs pas mal influencé par les chutes grinçantes des histoires de Creepy ou des Contes de la Crypte. Le fait que le film soit basé sur l’ambiance ne l’a pas aidé face au public du festival, mais c’est une variation intéressante sur le thème de la maison hantée et du spiritisme à la sauce japonaise avec tout de même pas mal de séquences assez douloureuses et une introduction de gore décomplexé, plutôt rare dans ce type de récit, ce qui transforme cette pellicule quelque chose d’assez différent de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant.

    dimanche 22 mars 2026

    Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière - Couverture (par Horlod)

    Après bien des avanies, je boucle enfin le premier tome de ce qui demeure, avec Adélaïde, une de mes plus grosses sagas à ce jour : Pornopolis. Cette histoire est née de ma volonté de composer le roman pornographique ultime. 

    Alors, je n’atteins sûrement pas le quart de ce que je prévoyais, mais je pense que j’ai réalisé quelque chose qui possède une certaine vision du genre, en m’inspirant d’auteurs qui l’ont travaillé dans le but de commenter notre humanité. Obsédé par l’importance du corps dans nos vies, et celui-ci étant souvent utilisé dans la fiction comme un vaisseau pour la narration, j’ai voulu le remettre au centre des préoccupations littéraires. Quoi de mieux pour cela que l’érotisme et la pornographie pour traiter de cette question ô combien intéressante, mais que notre époque pudibonde rejette avec force ?

    Ce roman revient de très loin, puisqu’il a d’abord été pensé comme un scénario de BD – estimant que le genre m’offrait plus de liberté de publication potentielle – et sur les conseils de différentes personnes, il a été continuellement remanié entre 2009 et 2012, avant que cette déclinaison ne soit morte et enterrée. Je l’ai ensuite repris sous une forme littéraire, sentant dans l’histoire quelque chose qui m’attirait. De la version BD, il reste quelques pages, des recherches graphiques et au moins deux tomes achevés. Outre ce travail, j’ai aussi accompli une longue session de lectures thématiques qui s’est étalée sur une bonne décennie. Je ne prétends pas avoir la science infuse ni la vérité à ce sujet, mais disons que ces années de réflexion m’ont servi à étoffer le roman de séquences auxquelles je n’aurais pas pensé autrefois.

    Tout cela pour en revenir à mes patronages qui auront chacun apporté une pièce stylistique à mon histoire. D’Alan Moore j’ai récupéré le mariage de l’ésotérisme et de la sexualité ; de J.G.Ballard et plus particulièrement la Trilogie du Béton, j'ai conservé les noces entre la technologie la plus froide et la sensualité ; du Marquis de Sade un goût pour la cruauté, mais également la question complexe de la domination (auquel j’ai adjoint les réflexions d’Étienne de la Boétie sur la servitude volontaire, les deux fonctionnant, à mon humble avis, comme un diptyque sur le même thème) et mon tour d’horizon seraient incomplets sans citer le comics Omaha the Cat Dancer de Reed Waller et Kate Worley dans lequel toutes les scènes érotiques se trouvent justifiées par l’état psychologique des personnages. Je mentionnerai aussi les œuvres sadomasochistes de Pichard sur la religion, bien qu’elles soient intervenues plus tardivement dans ma galaxie d’influences. Néanmoins, elles portent des interrogations qui hantent mon écriture, avec une approche similaire, empreinte de méchanceté et d'humour noir.

    Je me suis lancé dans cette aventure sans penser une seule seconde qu’elle me prendrait autant de temps, bien que je n’ai point rédigé Pornopolis en continu. De plus, cette histoire ayant été réfléchie de manière graphique, j’ai conservé cette connivence entre le dessin et l’érotisme, après tout, celui-ci possède toujours, à mon sens, une certaine sensualité. Les couleurs, le trait, tout cela procède de quelque chose d'émoustillant, quand on y songe . La rencontre avec quelques illustrateurs de talents a donné corps à l’œuvre finale. Je ne cache cependant pas que cet aspect a ralenti la naissance du texte, puisque chaque chapitre demande le double de temps pour être achevé.

    Ce qui m’amène enfin à la conclusion de tout cela : la magnifique couverture d’Horlod pour le roman. Je ne lui ai donné que deux indications : les couleurs et le thème de l’emprisonnement. Pour la palette, qui caractérise toutes les histoires à tonalité érotique, je me suis tourné vers From Beyond de Stuart Gordon, adaptation très, très libre de la nouvelle « De l’Au-delà ». Le directeur de la photographie Mac Ahlberg a décliné pour l'occasion une symphonie de magenta, rose, violet… Une esthétique qui agresse les yeux, mais qu’une partie de mon esprit a associée à une connotation sexuelle. Un virage, car même si les créatures lovecraftiennes semblent a priori éloignées de ces considérations esthétiques, elles constituent un élément clé de l’intrigue – et vous les retrouvez dans la composition d’Horlod.

    Pour toutes ces raisons, je suis plus qu’heureux de vous présenter cette magnifique illustration qui conclue en beauté dix-sept ans d’écriture et de dessin… 

    Plus que deux autres romans à achever. J’espère mettre moins de temps !