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    samedi 10 mai 2025

    Les Contes de Yelgor : La Nuit de la Poussière !

    Vous avez dû apercevoir les dernières illustrations pour une couverture représentant Allytah & sa disciple Jôkanès… Eh bien, c’est que j’ai commencé une sorte de « nouveaux cycles ».

    Comme le récit du prochain volume des Chroniques de Yelgor me demandera, à vue de nez, quelques années supplémentaires de travail, je me suis dit qu’un autre cycle composé de nouvelles séparées du corpus principal constituerait un bon apéritif, d’autant plus que cela me donnerait de la matière pour d’éventuels Appels à Texte, encore faut-il que la longueur du texte et le sujet se conviennent aux exigences éditoriale… Sans même parler de ces concours parfois absurdes, s’en tenir à un nombre limité de signes demeure un exercice de concision intéressant pour tout écrivain qui se respecte, surtout pour moi qui m’étale souvent dans d’interminables descriptions, telle une copie « wish » de Victor Hugo !

    Je me suis déjà un peu étendue sur d'autres aspects de cet histoire dans un précédent article, mais sachez que ce cycle comportera trois nouvelles qui formeront une petite trilogie où l’on suivra le parcours d’Allytah dans la chaîne montagneuse des Karthacias jusqu’à ce qu’elles retrouvent ses compagnons dans les Hautes Marches. Une « mini-saga » qui contiendra son lot de sang, de larmes, de trahisons et de regrets… Le dernier acte sera particulièrement cruel pour notre noctule.

    Peut-être que je procéderai de même pour la séquence « pirate » d’Allytah, puisqu’elle jouxte cette époque de peu. Cette forme composée de brefs récits reliés entre eux me tente de plus en plus, d’autant que je n’ai pas encore cartographié ce monde dans son intégralité. J’aimerais aussi introduire le personnage mystérieux de « Fos » qui a été plus ou moins créé au cours de discussions avec MakuZoku.

    En attendant, j’espère que cette courte, mais intense histoire vous plaira ! En tout cas, j’ai apprécié son écriture et l’illustration qui l’accompagne ! 

    Cliquez sur la couverture pour avoir accès à la nouvelle !

    Pitch :
    Allytah la noctule et sa disciple Jôkanès sont traquées par les « Prêtresses de la Poussière » pour un crime qu’elles n’ont pas commis. Alors qu’Allytah est consumée par un redoutable poison, Jôkanès prend sa défense, mais parviendra-t-elle à vaincre les redoutables prêtresses malgré sa formation martiale incomplète ?

    Extrait :
    « Sexta plongea, lance en avant. Allytah esquiva, puis battit la hampe de la paume. Dans le même mouvement, elle chargea Sexta comme un tricks sauvage, enfonçant son thorax d’un violent coup d’épaule. Le souffle coupé, la prêtresse trébucha en arrière. Allytah dégaina un wakizashi de sa cape et elle se fendit aussitôt. Sexta, abasourdie par la vivacité de la noctule à la poitrine opulente s’écarta de justesse, ce qui lui épargna une mort immédiate, néanmoins la lame lui écharpa le côté droit. L’hémorragie empoissa le flanc et les jambes de la prêtresse qui s’affala dans l’herbe. »

    samedi 5 avril 2025

    Les Contes de Yelgor : La Nuit de la Poussière !

    Après quelques temps sans poster, voici que de nouvelles histoires qui sortent enfin des méandres de mon disque dur après quelques mois d’attente.

    J’ai rédigé cette nouvelle dans le cadre d’un Appel à Texte qui s’avéra négatif. Un mal pour un bien, puisque je n’avais pas prévu de me pencher sur l’univers de Yelgor, mais celui-ci constitue un excellent palliatif pour les Aventures d’Ethel Arkady, lesquelles restent exigeantes tant au niveau de la continuité que de la crédibilité… C’est donc avec un certain plaisir que j’explore à nouveau le monde de Yelgor…

    Dans la foulée de cette nouvelle, j’ai conçu deux autres histoires qui s’attacheront aux pas de la jeune Allytah et de Jôkanès laquelle, après avoir perdu son protecteur (v. le récit inaugurant « La Nuit de l’Auberge Sanglante »), retrouve sa condition d'esclave, ce qui ne l’enchante guère. Elle suppliera Allytah de devenir sa disciple, puisque la noctule reste une escrimeuse hors pair malgré son bras manquant.

    J’ai aimé fouiller les interactions de ce duo dissemblable, aussi étrange que touchant. Je compte bien explorer la suite de leurs amitié contrariée dans les deux autres histoires… En attendant la sortie du deuxième volet des Chroniques de Yelgor, voici un moyen agréable de maintenir vivant cet univers que j’affectionne vivant… 

    MakuZoku s'est occupée de l’illustration et que puis-je dire sinon qu’il m’a gâté pour l’occasion avec cette image qui caractérise bien les deux personnages : la solaire Jôkanès occupe une place de choix dans la composition et Allytah, située en arrière-plan, est devenue l’ombre métaphorique de Jôkanès, une possible projection de son avenir... Enfin, soulignons la présence de la troisième star de cette histoire, le fameux sabre vivant de la noctule…

    Je suis très heureux de vous présenter ce dessin ! La couverture sera en noir, blanc et rouge, selon un code que j’ai établi pour les nouvelles, mais j’ai aussi demandé une version couleur à MakuZoku, lequel s’est empressé de satisfaire cette foucade avec maestria. Il en a aussi profité pour réaliser plusieurs versions que je vous propose ici.

    Laquelle préférez-vous ?

    Version Originale
     
    Version "bronzage" !

    J'utiliserais probablement cette version pour la couverture !

    Version "Regard qui tue" d'Allytah !

    lundi 9 décembre 2024

    Les Chroniques de Yelgor : Intrigues dans la Nuit

    Ne prenez pas en pitié les allures d’angelots du Dauphin, vous y perdrez la vie ! C’est qu’il éprouve un plaisir sadique à semer les cadavres autour de lui, mais à ce jeu-là, notre noctule à la gueule cassée à bien plus d’ancienneté que lui. 
     
    Après avoir commis plusieurs meurtres, sans parler de la manipulation psychologique qu’il exerce sur ses proches, il était temps que mon ombrageuse noctule sévisse. Prise pour une idiote par cet insupportable marmouset qui n'a déjà que trop dépassé les bornes, et cependant dans l’incapacité de le tuer, car ayant pour mission de le protéger, elle procède à une démonstration de force pour que le jeune aristocrate se tienne enfin à carreau.
     
    L’illustration étant tout de même assez violente (euphémisme), je vous propose de vous rendre sur le site Pornopolis (consacré aux illustration un peu plus épicées) pour la contempler dans son intégralité. Elle est bien-sûr toujours signée par mon complice MakuZoku.
     


    samedi 19 octobre 2024

    Les Chroniques de Yelgor : La Nuit du Fer-Vivant : l'Urzam

    Malgré un mois d’octobre plutôt chargé, je suis retourné dans le monde de Yelgor, en attendant une grosse sortie à venir, l’occasion pour l’ami ExpExp de conférer une apparence délabrée et délicieusement déliquescente au poste de garde qui finissait le premier tome. Une fois encore, je suis comblé par cette vision qui offre un peu plus de matérialité à ce monde très particulier que j’aime toujours arpenter.

    Si l’on ne retrouve pas nos protagonistes principaux dans ce premier segment, on y découvrira l’arrivée d’un « Urzam », un haut prêtre de la secte de Sol. Un personnage sympathique qui demeurait pour le moment à l’arrière plan, mais qui s’insinuera peu à peu dans le déroulé du récit. Ce charmant individu, et sa cohorte de zélotes, apparaissaient déjà dans le chapitre 6 du premier volet !

    Comme à son habitude, ExpExp s’est amusé à concevoir plusieurs déviations graphiques de son dessin pour le plaisir des yeux. 

     



    mardi 14 avril 2020

    Bibliothèque des Ombres : carnet de lecture 02 : Mangas, BD & adaptations Lovecraftiennes

    Deuxième fournée d’œuvres en vrac, plus orientée sur la bande-dessinée. Des chefs-d’œuvres et d'autres titres un peu plus anecdotiques, mais qui toutes présentent ce que je cherche en priorité dans n'importe quelle fiction : des choix esthétiques forts et assumés jusqu'au bout. En vous souhaitant une bonne découverte.


    Beastars/Paru Itagaki; Ki-Oon
    Marginal dans nos contrées, le genre de l’anthropomorphisme demeure pourtant le support idéal des fables, le plus à même d’explorer nos failles humaines par le biaise de la métaphore.

    Témoin ce manga qui, sous couvert d’un prétexte classique : l’on y suit les pérégrinations d’un groupe d’adolescents appartenant aux lycées de Cherryton mêlant de manière mixte les herbivores et les carnivores disserte sur la morale et l'éthique. Car c’est dans le contexte placide de la vie scolaire bien rythmée qu’intervient un meurtre atroce.

    Loup gris plutôt marginal, Legoshi décide de mener l’enquête, ce qui va l’entraîner dans le labyrinthe des faux-semblants et l’obliger à faire face à sa propre nature de prédateur.

    Avec une narration fluide, l’auteur nous emmène dans un écheveau d’intrigues complexes, intriquées les unes dans les autres. Elle se sert de la liberté qui lui procure le genre animalier pour conduire son récit sur des rivages très sombres, n'hésitant jamais à saupoudrer certaines scènes d'un soupçon d'épouvante très efficace.

    Du divertissement de grande classe donc, qui allie l’intelligence de son propos à une réalisation brillante. Probablement un des meilleurs mangas de l’année. 


    Grateful Dead/Masato Hisa; Casterman

    Chine, fin du XIXe, début du XXe, Ko-Lin est une prostituée qui se métamorphose sur l'ordre d’un maître Taoïste en une redoutable combattante capable d’en remontrer au Jiang-Shi, des créatures mortes vivantes voisines de nos vampires.

    Première série de Misato Hisa (Jabberwocky), ces deux albums établissent déjà la maîtrise de l’auteur sur son travail du noir et blanc atypique dans le manga et sa prédilection pour les univers fantastiques mêlant pléthore d’influences. En plus des Jiang-Shi nos héros se frotteront également à d’anciennes terreurs du Far West ou à des insectes intelligents.

    Une œuvre empreinte d’un esprit très « série B » mais qui cache sous ses côtés décousus une aisance esthétique et narrative admirable.

    Sans prétention, mais néanmoins avec une vraie envie d’exposer son amour de tout un pan de la culture cinématographique et littéraire populaire dans toute sa démesure, Misato Hisa conçoit chacune de ses aventures comme des incroyables melting-pots où les idées les plus farfelues acquièrent une réelle densité.

    Les Mythes de Cthulhu/Alberto Breccia, H.P. Lovecraft; Rackham

    La rencontre de deux maîtres ! Pendant cinq ans, l’artiste argentin s’échinera à matérialiser les cauchemars de Lovecraft en BD. Un exercice d’adaptation beaucoup plus ardue qu’il ne le paraît au premier abord. Car si la langue de Lovecraft suscite des images stupéfiantes dans l’imaginaire du lecteur, il est beaucoup plus difficultueux de leur faire franchir la barrière graphique. Décrire n'est pas montrer...

    Breccia va donc amener le médium de la BD dans ses derniers retranchements, usant de toutes les techniques à sa disposition pour rendre hommage aux maîtres de Providence : crayons, photographies retravaillées, collages… Les planches sont martyrisées par la plume, le pinceau et les multiples couches de lavis pour rendre au mieux les envolées hyperboliques de l’écrivain.

    Et cela marche ! Il se dégage des dessins de Breccia une atmosphère glauque, une noirceur à couper au couteau. Les créatures tentaculaires de Lovecraft, noyées dans la brume d’un sfumato d’encre de chine, à la fois immenses et indiscernables, retrouvent cette aura de terreur que leurs confère le floue des adjectifs et des qualificatifs de l'écrivain.

    S’aidant d’extrait direct du texte de Lovecraft, l’œuvre adaptative de Breccia réussit son pari de respecter l’esprit des écrits, conservant l'ambiance si particulière des nouvelles, tout en leur donnant une forme originale ou toutes les techniques de la BD noir et blanc sont mises au service du récit.

    Du grand art !

    #NouveauContact/Bruno Duhamel; Bamboo
    Habitant des Highlands, Doug est un marginal qui aime photographier son environnement et partager ses clichés sur les réseaux-socios. Jusqu’au jour où il tire le portrait d’un monstre qui barbote dans le lac. C'est à cet instant que sa vie tranquille bascule dans le chaos…

    Ce récit est que le point de départ d’une satire à l’acide de notre époque et de tous ses épiphénomènes sociaux. Grâce à une narration simple et sans fioriture, Duhamel parvient à rendre compte du pathétique des polémiques à rallonges qui agitent les réseaux.

    Militants de tous bords se retrouvent mis dos à dos dans cette histoire qui nous invite à prendre du recul sur nos harangues énervées, (volontairement ?) amplifiées par l'architecture des réseaux sociaux qui facilitent les prises de position extrêmes, l’immédiateté entraînant la surdité et la stupidité. À ce titre, ce n’est pas anodin que l’auteur s’échine à épingler l’Oiseau-Bleu, caisse de résonance par excellence des mauvaises nouvelles.

    Une bonne BD donc, divertissante, et qui a le grand mérite de nous tendre un miroir déformant.
     


    Les Montagnes Hallucinées/Gou Tanabe; Ki-Oon

    Déjà auteur de mangas d’horreur, Tanabe, à la suite de Breccia, relève le défi d’adapter les récits de H.P.Lovecraft. Nouvelle longue et complexe, les Montagnes... ne se prêtent guère à l'exercice tant elle condense toutes les particularités difficultueuses du maître de Providence et il eût été à craindre que le trait trop précis de Tanabe ne le desserve.

    Mais le mangaka connaît ses limites. Astucieux, il va détourner son style limpide pour représenter l'indicible. S’il commence pianissimo, les trois quarts de l’histoire narrant l’exploration polaire par le menu, il bifurque ensuite dans le second volume lorsque les créatures antédiluviennes rentrent en scène. C’est là que l’auteur met toute sa technique de dessin au service de l'emphase de son récit.

    S’inspirant des peintures naturalistes d’Ernst Haeckel, il noie les planches dans une abondance de détails qui finissent par avoir un effet hallucinatoire sur le lecteur, similaire aux enfilades d’adjectifs et de qualificatifs dont raffole Lovecraft lors de ses plus belles envolées lyriques.

    Ici encore le noir et blanc démontre que, derrière son apparente simplicité, une capacité a traité les sujets les plus délicats. Un travail de maître.

    Chronique de l’ère Xénozoïque : l’intégrale/Mark Schultz; Akileos

    Perfectionniste, c’est un terme qui colle à l’illustrateur Mark Schultz qui dépeint dans cette unique BD un monde post-apocalyptique peuplé de dinosaures et dans lesquels les survivants tentent de retrouver, à leurs risques et périls, les techniques que leurs ancêtres (c'est à dire nous...) ont laissés derrière eux.

    En dépit de son emballage très décontracté et dont les thèmes sont à même de faire piaffer d'anticipation les amateurs de série Z, Xénozoïque possède un réel propos et l’aventure, si elle est toujours présente, converge vers un objectif : traiter de l’écologie.

    Aussi fantasque soit l'univers décrit par le trait et le découpage élégant de Schultz, la découverte de celui-ci nous entraîne dans une éthologie imaginaire dans laquelle les terribles sauriens – de retour en cette époque futuriste – ont leurs rôles à jouer dans un environnement devenu hostile à l’homme.

    Hélas pour nous, Mark Schultz n’est jamais parvenu à concocter une conclusion satisfaisante à son œuvre, l’achevant sur un ultime rebondissement qui demeurera une porte ouverte sur une suite fantasmée par le lecteur.

    Ce qui n’est pas une raison pour se priver d’un excellent ouvrage, divertissant et plus complexe que son concept de départ ne le laisse supposer.
     

    vendredi 13 septembre 2019

    La Femme Écarlate : la Couverture

    Pitch :
    Alan Svartur et les siens se retrouvent coincés dans la petite communauté de Skull-city après une panne de voiture. Les autochtones manifestent un intérêt grandissant pour les citadins et peu à peu, l’hospitalité des « bons gars du sud » se transforment en piège…

    Commencé en Juin 2017 et achevé en Octobre, La Femme Écarlate est le texte qui m’aura demandé le moins de maturation, coulant de ma plume en quelques mois sans en passer par des mutations successives, version après version. Ce court roman s’inspire en grande partie du cinéma et de littérature Gore des années 80. Mon goût prononcé de l'excessif  – âmes sensibles s’abstenir parce que je vais très, mais alors très loin dans l’abject – n'a pas spécialement plu aux maisons d'édition..

    De manière comique, c’est ma critique sur le livre Redneck Movies : ruralité & dégénérescence dans le cinéma américain de Maxime Lachaud qui a mis le feu aux poudres de mon imaginaire avec un petit bout de texte fictionnel en préambule, reproduisant l'ambiance les archétypes du gothique sudiste. Ma compagne – outre son rôle de correctrice avisée – a pour sa part ajouté du carburant dans la rédaction avec quelques suggestions bien tordues qui se retrouvent telles quelles dans le résultat final.

    N’ayant pas envie de faire dormir ce récit – que je trouve réussi, une fois n’est pas coutume –, je vais donc le mettre à disposition d’un potentiel public en profitant des facilités d’impression que fournit la toile. Mais il me fallait une couverture… Et je ne peux pas toujours solliciter Duarb Du & Didizuka qui m’ont déjà gâté en terme d’iconographies remarquables.

    J’ai demandé à une vieille connaissance de mes années d’étude, un de ses dessinateurs stakhanovistes au trait se partageant quelque part entre un expressionnisme bouillonnant et un penchant pour la simplification stylisé de la forme de réaliser la devanture de l’ouvrage : EXP. Étant disponible, il a accepté la tache, ce dont je lui suis reconnaissant.

    Exp fait partie de ces personnes qui ont baigné comme moi dans la culture gore et punk avant que le grand ripolinage des années 2010 n’emporte tout ça dans les oubliettes psychiques. Qui de plus idéal que lui pour illustrer ce roman atypique ?

    Tout comme pour celle des Chroniques de Yelgor avec Duarb Du, nous avons commencé par discuter autour de croquis avant d’aboutir à la couverture finale…
    Voici les différentes étapes :



    Trois brouillons simples qui reprennent une idée similaire : donner un symbole au clan de dégénérés révérant la fameuse « Femme Écarlate ». Pour ce faire, il fallait conjuguer la vision des collines arides de la région, ainsi que l’image des serpents, ces reptiles ayant un rôle non négligeable dans l'intrigue. Mon choix s'est porté sur le premier essai qui avait un quelque chose d’ésotérique avec une légère pointe d’influence de films d’horreur des années 80. 





    Deuxième version, aux traits d’abord pour bien cerné le motif, retravailler ensuite dans un écarlate faisant écho au texte. Cette fois, le dessin se simplifie pour devenir une sorte de logo : l’emblème de la religion du cru. Le titre est inclus dans la montagne de feu, mais à ce stade il se fond un peu avec le reste.




    Plusieurs essais « psychédéliques », mais un brin trop chargé en ce qui me concerne. Cependant, le titrage jaune se détache bien de l’ensemble, ce qui nous aiguillera pour la version finale.




    Une version épurée qui s’approche beaucoup de la version final, mais le titrage un peu trop anguleux est difficilement lisible.J'ai aussi demandé de virer le « Jean-Michel » du nom, pour gagner en sobriété.



    Je vous invite à jeter un œil sur ces BDs dans lesquelles se manifeste son goût de l’humour (noir) et de la dérision. Les amateurs des opuscules désormais disparus comme Hara-Kiri ou Zoo du Professeur Choron en auront pour leur pesant de cacahouètes. Pour ma part j’ai eu la chance d’assister à la naissance de son trio de crétins de prédilection, les flics de l’enfer, les pieds nickelés de la bavure : Mass ; Turba & Fion. Tout un programme !
    Cliquer sur l'image !

    http://www.lulu.com/shop/search.ep?contributorId=1452671


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    Un peu de musique pour se mettre dans l'ambiance... 

    mercredi 7 mars 2018

    Les Chroniques de Yelgor : version Chibi (by Didizuka)

    Pris entre la rédaction d'une nouvelle histoire à quatre mains et une période de boulot plus intense que d’habitude, l’illustration du dernier chapitre des Chroniques de Yelgor prend un peu de retard, bien que le texte soit déjà rédigé. Mais la aussi talentueuse que précieuse Didizuka s’est fendue de quelques illustrations dans le style « Chibi ». L’occasion de découvrir les personnages sous un nouveau jour… Un grand merci à elle pour sa prolixité ! Je vous laisse apprécier.

    Small Eldridge

    Small Allytah

    Small Tigrishka

    Small "Le Dauphin"


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    Un peu de musique pour se mettre dans l'ambiance...

    dimanche 25 février 2018

    Bibliothèque des Ombres : Imaro/Charles R. Saunders (in Psychovision)

    Parce qu’il n’y a pas que Black Panther dans la vie, profitons néanmoins de manière putassière et éhontée du dernier avorton de l’écurie cinématographique la plus normative du moment pour revenir un peu sur un monument de la Fantasy épicée avec Imaro. Un personnage avec lequel l’auteur Charles R. Saunders se proposait de « décoloniser » le genre littéraire en créant un personnage capable de botter le « cul blanc de Tarzan »… Il va sans dire que c’est une réussite totale !

    (Cliquez sur l'image pour accéder à la critique...)

    http://www.psychovision.net/livres/critiques/fiche/1352-imaro

    Imaro par Ken Kelly, une image qui aura déclenché la fureur de l'écrivain, bien que je doute que l'illustrateur ait eu les coudés franches sur cette illustration qui transforme notre héros en un ersatz légèrement bronzé de Tarzan... Mercantilisme, quant tu nous tiens...


    vendredi 16 février 2018

    Bibliothèque des Ombres : Silver/Stephan Franck (in Psychovision)

    Encore un ouvrage qui exploite à fond les ballons la mouvance « pulp », laquelle n'en finit pas d'être recyclé dans la culture populaire contemporaine. Ces hybridations accouchent souvent d'œuvres mort-nées ou la déférence compulsive le dispute au fan service le plus putassier, mais parfois cela aboutit à de solides séries B rondement menées par des auteurs qui ont une vision et une parfaite connaissance de leurs sujets, ce qui est le cas dans ce très fréquentable comics.

    http://www.psychovision.net/bd/critiques/fiche/791-silver-1
    
    Une case splash régit par le "nombre d'or"...
    ...ainsi qu'une héroïne pas commode, ingrédients d'un comics oscillant
    entre modernité et respect d'une certaine tradition picturale...

    dimanche 7 janvier 2018

    Les Chroniques de Yelgor : La Nuit de l'Auberge Sanglante chap 24/25


    Illustration par Didizuka

    [Chapitre 1 : Le Chevalier]                                                           
    [Chapitre 16 : Ark'Yelïd]
    [Chapitre 17 : Des Adieux]
    [Chapitre 18 : Le Dauphin]
    [Chapitre 19 : Allytah]
    [Chapitre 20 : L'Arsenal]
    [Chapitre 21 : Chevaux d'Acier]
    [Chapitre 22 : Le Grand Réfectoire]
    [Chapitre 23 : Révélations]

    Les discussions s’éternisèrent pendant une partie de la nuit, puis chacun se dispersa dans les nombreuses chambres de l’abri. Allytah et ses gamins en âge de raison durent jouer les guides dans le labyrinthe des coursives. Après une interminable marche dans les couloirs, le Dauphin aperçut enfin les lits qui les attendaient, lui et son chevalier servant. Il se déshabilla et se glissa dans des draps à la texture de papier qui, à son grand étonnement, le réchauffèrent. Eldridge le rejoignit quelques éodes plus tard. Palabrer avec la Noctule l’avait épuisé. Il maugréa en ôtant sa lourde armure. La luminosité des lieux s’était adaptée au sommeil – feint – du Dauphin, l’empêchant de distinguer les différentes boucles maintenant les plaques d’acier entre elles. Après avoir tâtonné en lâchant une salve d’obscénités, Eldridge disposa les innombrables pièces métalliques dans la petite armoire qui s’ouvrait dans le mur grisâtre de la chambre. Il s’allongea en pagne dans son lit, voisin de celui du Dauphin. La couche moelleuse sans exagération lui fournit un confort qui n’avait plus été le sien depuis qu’il était sur les routes. Il remua, perdu dans ses pensées. En se retournant, il surprit le Dauphin éveillé.

    — Tu ne dors pas ?

    Le Dauphin le fixa, un doigt sur sa gorge douloureuse, enflée. Elle le tiraillait sans cesse et il devait faire un effort de volonté pour ne pas gratter les lèvres de la cicatrice.

    — D’accord. Tu ne peux pas encore parler. Écoute, j’ignore ce qui va se passer pendant le voyage, mais sache que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger.

    Il soupira un instant.

    — Elle est plus cinglée que je ne le pensais. Elle veut prendre avec elle sa fille cyno, celle qui est comateuse. C’est un poids mort pour nous. Elle va nous faire perdre du temps, merde !

    Eldridge se retourna, morigénant ses noires réflexions. Le Dauphin attendit que les vapeurs de la fatigue emportent son tuteur dans l’éther du sommeil. Lorsque sa respiration devint plus régulière, il se redressa prudemment, manipulant les draps crissants avec d’infinies précautions. Il enfila ses vêtements lourds de transpiration puis, sur la pointe des pieds, il se dirigea vers l’armoire dans laquelle Eldridge avait entreposé ses affaires.

    Il s’empara de l’épée, la sortant de son fourreau, s’enivrant du chuintement de l’acier contre le cuir. Les affrontements dont il avait été le témoin impuissant flottèrent à la surface de sa mémoire. Depuis qu’il était « mort », sa peur panique s’était diluée, puis métamorphosée en une envie de revanche et un sadisme inouï dont il ne mesurait pas tout à fait l’étendue. Alors qu’autrefois ses genoux flanchaient à la vue d’une unique goutte de sang sur le doigt d’une dame de la cour, à présent un profond désir d’aggraver la plaie le possédait. Il profita du ronflement carabiné d’Eldridge pour sortir de la chambre, portant l’épée à bout de bras. Le poids de l’arme lui conférait une assurance qu’il n’avait jamais ressentie. Il comprenait pourquoi son père se raccrochait à ce bibelot.

    Il ne croisa personne dans les coursives. Tous les habitants récupéraient des émotions qui les avaient traversés durant cette dangereuse nuit. Il parcourut au petit trot les corridors anxiogènes, recherchant l’accès à la surface. Au détour d’un couloir, il atteignit par chance son but et monta quatre à quatre l’étroit escalier qui menait à l’opercule dissimulant l’abri aux yeux du monde. Il s’attendait à ce que quelques byzantins mécanismes secrets le retiennent dans le labyrinthe des Anciens, mais un court instant de réflexion lui suffit pour appuyer sur le bouton vert qui pulsait en face de lui. Il poussa la lourde porte ornée de rivets qui lui barrait le chemin. La lumière du petit jour lui meurtrit les yeux. Il se hissa dans un dernier effort à la surface, prenant bien garde de ne pas refermer l’opercule métallique puisqu’il ignorait comment fonctionnait le loquet magique.

    Se protégeant de ses deux mains du soleil qui se réverbérait sur la neige, il s’avança dans la forêt. Ses bottes s’enfonçaient en craquant dans la poudreuse congelée. Il dépassa les deux énormes pins pour contempler les ruines de l’auberge. Lorgnant les restes carbonisés du bâtiment, il aperçut soudain sur sa droite un mouvement. Il s’élança, surprenant un lapin à la fourrure blanche. La bête, saisie de frayeur, se déporta sur le côté avec un temps de retard. L’épée mordit sa couenne. Elle s’écroula, les entrailles répandues dans la poudreuse. Le Dauphin demeura interloqué par son geste. Il s’approcha de sa proie palpitante. Le meurtre du vieux se rappela à sa mémoire : la vie qui s’échappait de la trachée, les spasmes désespérés de la gorge qui cherchait quelques goulées d’air frais. Il devina une puissante érection tendre le tissu de ses chausses, mais il n’en avait cure.

    Mû par une irrépressible envie, il s’apprêtait à mettre les doigts dans les viscères brûlants de la carcasse lorsqu’un corbeau fonça sur lui, croassant de manière menaçante. Le Dauphin leva l’épée pour fracasser l’impudent volatile, mais celui-ci esquiva ses moulinets, continuant à le harceler de ses interjections éraillées. Le Dauphin se lança à sa poursuite. Il tournoyait sur lui-même, essayant de pourfendre son adversaire quand un nuage de plumes noires s’abattit sur lui. Les charognards se rassemblèrent autour du corps du lapin en une meute hargneuse. Le Dauphin grogna, se jetant dans la mêlée pour ne pas voir sa proie subtilisée par les nuisibles. Il exécuta des moulinets inefficaces. L’épée commençait à peser lourd dans sa main. Alors qu’à la cour tous le félicitaient pour sa maîtrise de l’escrime, il se rendait compte qu’en situation réelle, même de simples volailles le supplantaient.

    Il continuait d’agiter son arme, scarifiant l’air environnant. Les corbeaux essayaient de se saisir de la dépouille chaude, le harcelaient. Bientôt, de petites griffes éraflèrent son manteau. Il tituba dans la tempête de plumes et d’ailes. Un des oiseaux se détacha de la mêlée pour se précipiter vers lui. Son bec noir s’ouvrit en quatre parties parsemées de minuscules dents translucides. Le Dauphin interposa entre lui et la créature hideuse le fil de l’épée, mais le monstre s’écarta, empruntant un brusque courant d’air pour mieux fondre sur son crâne. Le Dauphin sentit la bouche étrange se refermer sur son cuir chevelu. Il poussa un gémissement. Il paniqua lorsque la bestiole lui arracha quelques touffes de sa toison. Du sang coula en rigole sur l’arrière de sa tête pour empoisser son col de chemise.

    Affolé, il gargouilla un « à l’aide » que sa gorge maltraitée transforma en un pitoyable croassement sans aucune signification. Il fonça à travers le brouillard de plumes, mais les corbeaux poursuivaient leur harcèlement alors même qu’il leur laissait le fruit de sa chasse. Le fumet des blessures fraîches provoqua une frénésie dans leurs rangs. Plusieurs d’entre eux se posèrent sur son dos, sur son bras, arrachant des lambeaux de tissu de leurs bouches étranges. Ils devenaient imprudents et la lame du Dauphin parvint à en toucher trois, les expulsant hors de la bataille. L’adolescent se protégeait les yeux du mieux qu’il pouvait, mais déjà les griffes et les coups de bec lui avaient lacéré le visage. Il tenta de battre en retraite. Le bruissement des ailes et la faible fenêtre de vue dont il disposait le desservaient. Dans sa panique croissante, il s’était égaré.

    Deux de ses doigts furent tailladés par les volatiles. Il capta un chuintement venimeux. Deux bêtes s’écrasèrent au sol, des hampes de flèches les traversant de part en part. Une deuxième volée de traits cueillirent leur lot de victimes. Les corbeaux lâchèrent une interjection outrée puis s’égaillèrent non sans embarquer les deux autres membres morts de leur espèce pour les dévorer à l’abri des hautes branches. Le Dauphin s’affaissa sur son postérieur, les jambes flageolantes et le cœur battant si fort qu’il crut un instant qu’il s’échappait de sa cage thoracique pour rejoindre les dangereux oiseaux.

    Tigrishka sauta d’un pin pour atterrir à ses côtés. Le Dauphin n’appréciait pas la Sylvestre. La proximité de ces créatures étranges lui mettait les nerfs à fleur de peau. Il frissonna lorsque les yeux violets aux pupilles verticales fixèrent les siens. Elle possédait un timbre de voix ensorcelant, à la fois grave et ténu. Elle passa son arc en bandoulière, sa longue queue pelucheuse battant ses flancs à toute vitesse. Le Dauphin était aimanté par la courbure de ses reins et son entrejambe, guettant la naissance du sexe dans le fouillis de poils.

    — Heureusement que j’ai vu la porte ouverte ! gronda Tigrishka. Pour un fils de roi, tu es d’une rare imprudence. Bon, on doit rentrer et faire les funérailles de Bodre avant de partir.

    Le Dauphin aurait bien demandé qui était ce Bodre, mais il ne parlait pas et de toute façon tout cela ne l’intéressait pas. Seul son désir concupiscent le taraudait de son aiguillon tandis qu’il suivait la Sylvestre, tenant ses doigts blessés et gourds dans sa main valide. À peine accorda-t-il un regard au cadavre du lapin pour lequel il s’était battu quelques instants plus tôt. Tigrishka ramassa la dépouille et le contempla. Sans se retourner, elle lui adressa un étrange conseil sur un ton laconique.

    — C’est l’odeur du sang qui a attiré ces charognards ici. Si tu veux chasser, tu as tout intérêt à apprendre à dissimuler l’odeur de tes victimes !



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    Un peu de musique pour se mettre dans l'ambiance...