Après avoir connu un soleil de plomb, voici que nous avons eu quelques jours de répit, ce qui me permet de vous présenter un dessinateur, Zuleta avec lequel je produirai, si tout va bien, un nouveau comics Arkady ainsi que quelques illustrations. Notre rencontre fut marquée par des événements à la fois cocasses et bien embêtants.
Suite à un concours de circonstances assez ubuesque, il a réalisé non pas une image, mais une page de BD mettant en scène Ethel Arkady et c’est évident : nous parlons la même langue artistique. Comme il habite dans mon coin, nous essayons de nous voir et après une nouvelle série de hiatus abracadabrantesques, les étoiles s’alignent enfin.
J’espère donc que Zuleta restera quelque temps dans mes univers ! En attendant la suite des événements, voici la fameuse planche dont la qualité et l’énergie m’esbaudissent. Tout le personnage de ma féline favorite s’y trouve. Elle ne correspond à aucune histoire en particulier, j’ai laissé les rênes de la fiction, mais j’aime beaucoup le résultat !
lundi 6 juillet 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Arkady contre les Vampires !
dimanche 14 juin 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : La Chauve-Souris d'Or (by K-Zlovetch)
Et nous voilà en juin…
J’avais conservé une illustration pour ce mois-ci, puisque je me suis engagé dans un récit bien pulp avec une Ethel Arkady impliquée dans une intrigue que n’aurait pas reniée Indiana Jones lui-même. À travers cette nouvelle histoire, je rends hommage à cette trilogie de films que j’adore, l’ayant prise de plein fouet dans mon enfance. Le mélange de folie pimentée d’une esthétique western-spaghetti a pas mal construit mon imaginaire, sans parler d’un de mes premiers contacts avec le gore avec les têtes de nazis explosées, les cœurs arrachés et le vieillissement express ! Tout pour me plaire. Même s’il m’est arrivé de snober un temps la saga, j’y suis revenu depuis, l’appréciant d’autant mieux que je comprends ses mécanismes et la précision diabolique du découpage de Steven Spielberg.
J’ai donc repris les éléments principaux avec un supplément d’horreur pour faire bonne mesure, puisque j’ai déplacé le théâtre des opérations dans le monde d’Arkady dans lequel les secrets enfouis ressurgissent toujours pour répandre la mort et la désolation autour d’eux.
Ethel Arkady est tirée des rêves brumeux de l’opium par une nouvelle venue dans ma galerie de femmes fatales : Gertrude Bell, une authentique archéologue, espionne et intrigante pour l’Empire britannique au Moyen-Orient. Un autre personnage « bigger than life » dont je m’étonne qu’elle n’ait jamais été utilisée dans des histoires fantastiques, excepté un biopic que je n’ai pas encore vu. Elles parcourront une partie du Moyen-Orient à la recherche de la fameuse « Chauve-Souris d’Or », laquelle contient des révélations choquantes sur les religions abrahamiques tout en étant poursuivies dans leur quête par des militaires français, une secte et une tribu de bubastis du désert. Vaste programme !
K-Zlovetch, dont j’apprécie le style, m’a déjà honoré d’une illustration Arkadienne et je lui ai demandé pour l’occasion de créer un instantané « cinématographique » de cette épopée, car elle maîtrise cette forme particulière qui joue avec les tropes du genre. Je souhaitais appliquer ce traitement à Arkady, toutes mes histoires m’apparaissant avant de poser la première ligne comme des films mentaux. Le lion qui s’oppose à la féline dans ce temple s’appelle Vérion et constitue un autre clin d’œil à la saga littéraire de mon amie Tom Larret à qui j’ai emprunté ce personnage de manière taquine.
J’espère que le résultat final se hissera à la hauteur de ce que cette bande-annonce graphique promet. En tout cas, je m’amuse beaucoup à l’écrire, ce qui est plutôt bon signe. Certes, ce n’est pas ma veine habituelle, qui inclut souvent une critique acerbe du monde actuel, et je reste ici dans un cadre beaucoup plus décomplexé quant à l’action – une course-poursuite et une grosse scène de bataille dans un caravansérail dès l’introduction quand même –, mais j’éprouvais le besoin de concevoir quelque chose d’un peu plus premier degré. Ceci étant, cela ne m’empêche pas de le réaliser avec le même soin que mes autres romans et de nombreuses lignes scénaristiques seront reliées à cet épisode…
J’espère que cela vous amusera autant que je me suis régalé à voir la réalisation de cette image !
lundi 25 mai 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière !
J’ai pris un peu de retard dans mes publications mensuelles, car entre le boulot qui devient chronophage et une accumulation de fatigue autant physique que psychique, une certaine négligence s’est installée dans cet endroit.
Mes récits ont poursuivi leur chemin, malgré les avanies que la société ne cesse de me balancer à la tronche, dont la sortie de la première partie de Pornopolis, que je polis depuis un peu plus d’une décennie. Grâce aux différentes illustrations d’artistes qui m’ont accompagné dans cette folie, cet ouvrage reste l’un de ceux dont je suis le plus fière. Un écrin stylistique et graphique pour un genre honni que j’ai pris à bras le corps ! Je n’aurais pas fini ce premier roman d’une série de trois sans l’extraordinaire couverture d’Horlod, dont le trait convient à merveille à mes écrits, et je suis honoré qu’il ait accepté de voyager dans mon univers une nouvelle fois.
Je précise toutefois que, comme une majorité de mes récits — et celui-ci plus encore — l’ouvrage s’adresse à un public mature et averti.
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Extrait :
« Non ! La bubastis était ignorante de ces absurdités ! Au contraire, elle accompagnait ses caresses de frémissements, de halètements, s’enfonçant dans les profondeurs de ses terminaisons nerveuses, sans aucune arrière-pensée parasite. Elle vivait, insouciante, refusant de juger ses instincts et ses appétits monstrueux à l’aune des valeurs castratrices qui pesaient de tout leur poids sur les hommes. »
dimanche 22 mars 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière - Couverture (par Horlod)
Après bien des avanies, je boucle enfin le premier tome de ce qui demeure, avec Adélaïde, une de mes plus grosses sagas à ce jour : Pornopolis. Cette histoire est née de ma volonté de composer le roman pornographique ultime.
Alors, je n’atteins sûrement pas le quart de ce que je prévoyais, mais je pense que j’ai réalisé quelque chose qui possède une certaine vision du genre, en m’inspirant d’auteurs qui l’ont travaillé dans le but de commenter notre humanité. Obsédé par l’importance du corps dans nos vies, et celui-ci étant souvent utilisé dans la fiction comme un vaisseau pour la narration, j’ai voulu le remettre au centre des préoccupations littéraires. Quoi de mieux pour cela que l’érotisme et la pornographie pour traiter de cette question ô combien intéressante, mais que notre époque pudibonde rejette avec force ?
Ce roman revient de très loin, puisqu’il a d’abord été pensé comme un scénario de BD – estimant que le genre m’offrait plus de liberté de publication potentielle – et sur les conseils de différentes personnes, il a été continuellement remanié entre 2009 et 2012, avant que cette déclinaison ne soit morte et enterrée. Je l’ai ensuite repris sous une forme littéraire, sentant dans l’histoire quelque chose qui m’attirait. De la version BD, il reste quelques pages, des recherches graphiques et au moins deux tomes achevés. Outre ce travail, j’ai aussi accompli une longue session de lectures thématiques qui s’est étalée sur une bonne décennie. Je ne prétends pas avoir la science infuse ni la vérité à ce sujet, mais disons que ces années de réflexion m’ont servi à étoffer le roman de séquences auxquelles je n’aurais pas pensé autrefois.
Tout cela pour en revenir à mes patronages qui auront chacun apporté une pièce stylistique à mon histoire. D’Alan Moore j’ai récupéré le mariage de l’ésotérisme et de la sexualité ; de J.G.Ballard et plus particulièrement la Trilogie du Béton, j'ai conservé les noces entre la technologie la plus froide et la sensualité ; du Marquis de Sade un goût pour la cruauté, mais également la question complexe de la domination (auquel j’ai adjoint les réflexions d’Étienne de la Boétie sur la servitude volontaire, les deux fonctionnant, à mon humble avis, comme un diptyque sur le même thème) et mon tour d’horizon seraient incomplets sans citer le comics Omaha the Cat Dancer de Reed Waller et Kate Worley dans lequel toutes les scènes érotiques se trouvent justifiées par l’état psychologique des personnages. Je mentionnerai aussi les œuvres sadomasochistes de Pichard sur la religion, bien qu’elles soient intervenues plus tardivement dans ma galaxie d’influences. Néanmoins, elles portent des interrogations qui hantent mon écriture, avec une approche similaire, empreinte de méchanceté et d'humour noir.
Je me suis lancé dans cette aventure sans penser une seule seconde qu’elle me prendrait autant de temps, bien que je n’ai point rédigé Pornopolis en continu. De plus, cette histoire ayant été réfléchie de manière graphique, j’ai conservé cette connivence entre le dessin et l’érotisme, après tout, celui-ci possède toujours, à mon sens, une certaine sensualité. Les couleurs, le trait, tout cela procède de quelque chose d'émoustillant, quand on y songe . La rencontre avec quelques illustrateurs de talents a donné corps à l’œuvre finale. Je ne cache cependant pas que cet aspect a ralenti la naissance du texte, puisque chaque chapitre demande le double de temps pour être achevé.
Ce qui m’amène enfin à la conclusion de tout cela : la magnifique couverture d’Horlod pour le roman. Je ne lui ai donné que deux indications : les couleurs et le thème de l’emprisonnement. Pour la palette, qui caractérise toutes les histoires à tonalité érotique, je me suis tourné vers From Beyond de Stuart Gordon, adaptation très, très libre de la nouvelle « De l’Au-delà ». Le directeur de la photographie Mac Ahlberg a décliné pour l'occasion une symphonie de magenta, rose, violet… Une esthétique qui agresse les yeux, mais qu’une partie de mon esprit a associée à une connotation sexuelle. Un virage, car même si les créatures lovecraftiennes semblent a priori éloignées de ces considérations esthétiques, elles constituent un élément clé de l’intrigue – et vous les retrouvez dans la composition d’Horlod.
Pour toutes ces raisons, je suis plus qu’heureux de vous présenter cette magnifique illustration qui conclue en beauté dix-sept ans d’écriture et de dessin…
Plus que deux autres romans à achever. J’espère mettre moins de temps !
mercredi 11 mars 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville
Nous sommes au mois de mars et alors que 2026 a bien entamé sa pente vers l’horreur, je continue mon programme de publication, parce que la fin du monde ne m’a jamais empêché d’écrire. J’avais montré précédemment la très belle couverture de Huba pour les aventures d’Ethel Arkady, voici donc celle que j’ai réalisée pour l’occasion.
Aujourd’hui, je vous présente la mise en page d’Un Dîner en Ville, un court récit des Aventures d’Ethel Arkady où une simple négociation mondaine tournera au duel psychologique mortel.
Vous noterez que la police de titre est la même que celle de la BD, ce qui relève d’une direction artistique logique puisque cette histoire se place dans la filiation directe de la saga très particulière de Pornopolis. La palette, avec les nuances de pourpre, de magenta et de violet, que j’ai imposées aux illustrateurs qui ont travaillé sur cette saga, a été pensée pour créer une forme d’homogénéité. Ce trio de couleurs symbolise le sexe et le musc et je l’ai donc exploité dans tout ce qui se rapporte de près ou de loin à l’érotisme. Je me suis beaucoup inspiré du film From Beyond de Stuart Gordon et en particulier de la photographie saturée de Mac Ahlberg qui m’a marqué au fer rouge. J’ignore si ce choix m’est personnel, ou si l’œuvre de Stuart Gordon vue durant mon adolescence, m’a tellement impressionné que j’ai associé ces couleurs à tout ce qui concerne la pulsion libidineuse, mais cela m’apparaît comme une évidence.
Pornopolis demeure une énorme parenthèse dans les Aventures d’Ethel Arkady – avec Adélaïde –, ce qui me met d’ailleurs en face d’un de mes plus gros problèmes : j’allonge la sauce quand une histoire m’emmène dans des thématiques si nombreuses qu’il ne me reste d’autre solution que de partir dans un mode exploratoire.
Heureusement, Un Dîner en Ville appartient à la catégorie des courts récits, circonscrits à un instant dans la vie de mon héroïne. Je souhaitais montrer la complicité entre Ethel Arkady et la sémillante Akemi Himiko, aussi quoi de mieux qu’une négociation mondaine, pleine de dangers invisibles, pour tester leurs liens dans les flammes de l’enfer ? Avec sa forme en huis clos, ce récit me restreint à une efficacité et à une économie de moyens qui me reposent entre deux monstres littéraires. Un second avantage à cette brièveté se trouve dans la faible durée de rédaction et de polissage, du premier jet à la publication, il ne s’écoule guère qu’un ou deux ans, là où d’autres histoires m’en demandent plus du double.
J’espère que cette histoire, riche en rebondissements, vous plaira. Elle ne s’adresse pas à des lecteurs prudes ou qui flancheront suite à des vapeurs à cause de scènes extrêmes, que ce soit dans le sexe ou l’horreur graphique – je m’en donne à cœur joie dans les deux – mais pour peu que ce soit votre came, je pense que vous vous en délecterez.
Ce genre de format me plaît d’autant plus qu’il rappelle à mon bon souvenir le temps béni de la collection Gore chez les défuntes éditions Fleuve Noir. J’assume cette glorieuse filiation avec aplomb, que ce soit dans l’humour noir, la présence de séquences bien crades et d’autres qui sentent les aisselles, le sperme et la cyprine, mais le tout avec une certaine recherche littéraire. De quoi vous mettre l’eau à la bouche avant le plat de résistance.
Quant au premier volume de Pornopolis, j’ai de bons espoirs de le sortir avant le Festival Fantastique de Bruxelles où je serai exposant, pour ceux qui souhaitent me dire bonjour…
Comme d’habitude, l’ouvrage est disponible au format papier ou Kindle, mais j’avoue que je suis un inconditionnel du format physique et il est surtout pensé pour celui-là.
dimanche 1 février 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville - Couverture
Alors que nous avons atteint la fin de l’hiver, certaines choses se dégèlent de mon côté. J’en avais déjà causé dans mes éphémérides, mais j’achève plusieurs histoires de longue haleine, dont certaines m’ont accompagné pendant des décennies. Le « Dîner en Ville » arrive à la conclusion de sa mise en page après une bataille épique avec le logiciel de la plateforme TheBookEdition ! Il ne me reste plus que quelques corrections d’ordre esthétique à opérer sur la couverture avant que celle-ci ne se trouve enfin à disposition de vos mirettes.
Les histoires longues envahissent la mémoire, se métamorphosent souvent en marathon interminable dans lequel les meilleurs d’entre les meilleurs se perdent, avoir quelques nouvelles ou des récits courts sur les côtés pour se reposer le cerveau relève de la nécessité. Cela assouplit l’esprit avant de passer à quelque chose de plus velu. Dans cette histoire je pousse la symbolique de la dévoration, sexuelle, alimentaire et psychique dans ses derniers retranchements et cela m’a donné l’occasion de jouer avec le duo Akemi Himiko et Ethel Arkady. J’espère que vous apprécierez ce roman. De mon côté, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à l’écrire, bien que son style et ses thématiques le réservent à un public plus qu’averti !
Et pour les nouveaux venus, il n’existe pas de sentier clair dans le monde d’Arkady, si vous choisissez ce « diner », vous aurez une histoire complète, cependant sachez que les autres titres s’agrègent en un univers complexe.
J’ai demandé à Huba une illustration qui reprenne les principes que j’avais déjà établis pour la BD Pornopolis, notamment dans les tons, mais aussi dans la manière qui est maintenant la mienne de penser ma charte graphique pour le corpus Arkadien, exception faite des Chroniques de Yelgor qui en sont séparées. Le sorcier qui ricane dans le quatrième de couverture ne ressemble pas à son incarnation romanesque, mais il constitue un clin d’œil dont je vous laisse, le cas échéant, trouver la référence ! En ce qui concerne Akemi Himiko, elle dérive un peu de son design original, non à cause de Huba qui s’est approprié l’univers de la féline, mais parce que je ne suis pas intervenu à temps pour solliciter des corrections.
Mon travail civil ayant pris la meilleure part de moi-même, j’avoue avoir vécu la fin de l’année dans une camisole de fatigue, j’ai nagé la brasse dans une purée de pois et du coup, mon personnage en a pâti. Néanmoins, et malgré ce problème de continuité, j’apprécie ce dessin qui exprime la teneur de l’histoire tout en accomplissant l’exploit de rester à peu près chaste en dépit du sujet, ce qui constitue un exercice d’équilibriste graphique admirable.
samedi 3 janvier 2026
Ephémérides 2025 - 2026 : Année de sortie !
On commence avec une nouvelle Ethel Arkady pour l’année 2026, de la main de Murazaki Sora, une excellente aquarelliste ! Cette version plus « présentable » me servira pour mes communications commerciales, même si je ne sais pas pourquoi Murazaki l’a doté d’une poitrine… opulente, je ne lui avais pas demandé !
Il y a des éphémérides qui plus difficiles à écrire que d’autres. Mine de rien, cela fait plus de dix ans que j’anime ce blog, parfois avec de la fatigue, parfois avec un enthousiasme renouvelé, et ce, même si le format est devenu ringard dans le monde actuel. C’est mon coin de web – dont je ne suis qu’un locataire parmi d’autre, ce dont j’ai conscience – mais cela me plaît d’envoyer des lettres en bouteille dans l’océan de données. Alors, que dire de l’année écoulée ?
Avatar de collaboration :
La fin d’une collaboration qui me tenait à cœur m’a atteint plus que je ne le pensai. Je sais que ça surprend, mais le Gernier est un animal très sentimental ! Je suis quelqu’un qui aime la coopération créative, un reste de ma période de cameraman-monteur. J’apprécie l’émulation que cela entraîne. D’aucuns avanceraient que cela flatte aussi l’ego d’un écrivain raté, ce que je comprends, et j’obtempère à cette assertion, je ne le cacherais point : je ne suis pas un hypocrite. Cependant, c’est toujours un honneur et un plaisir de trouver une personne avec laquelle cette confluence magique éclot.
De 2021 à 2025, j’ai vécu au rythme des dessins de mon complice dans le crime. Cela entrait dans une logique d’affinité : nous sommes sorti du même bain contre-culturel, à deux-trois poils de cul près. Je reste son humble débiteur pour tout ce qu’il m’a apporté que ce soit personnellement, un dessin ayant réussi à me tirer d’une profonde rechute dépressive, ou professionnellement. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, mais celle-ci s’avéra dure à encaisser. Je savais que nos chemins se sépareraient, il travaille à ses projets, moi aux miens. Cette entente entre gentlemen est née dans un contexte bien définie, mais elle l’a dépassé avec le temps. La cessation brutale de cette association m’a déprimé. Un échange aussi long laisse des traces dans la tête, l’art rapproche les esprits et donc prête le flanc à de l’attachement. Le côté contractuel « client – et – artisan » devient plus flou, les frontières avec l’amitié plus poreuse.
J’aimerais ajouter que ce questionnement ne concerne pas mes autres collaborations avec des artistes dont j’apprécie le style et qui me suivent dans mes aventures depuis un moment. Certaines sont de vieux complices comme ExpExp que je remercie pour sa fidélité ; d’autres sont des revenants dans mes univers, tel Horlod qui a déjà accompli un chouette boulot sur mes personnages et avec qui je partage un certain esprit pour la série B déjantée ; auquel s’adjoignent des nouveaux venus à l’instar de Huba qui a conçu la spectaculaire couverture pour mon prochain roman à sortir ; de K-Zlovetch qui a accepté de poursuivre ses incursions dans les histoires d’Arkady, en plus de ses propres créations que je vous invite à explorer. Tout cela est bon, mais il me reste une amertume pesante sur l’estomac, d’autant plus que le motif de cette rupture de contrat, extérieur à notre travail commun, m’a semblé disproportionné au regard de l’investissement artistique et humain dans lequel nous nous sommes engagés. « Chat échaudé craint l’eau froide » comme le dit le proverbe, et depuis lors, j’avoue avoir mis un de la distance dans mes échanges avec les illustrateurs, j’incline moins au jeu et à la confiance qui aura marqué les années précédentes.
Cela m’a aussi obligé à revoir ma stratégie, à ne plus rassembler tous mes œufs dans le même panier. Ce qui m’amène à un autre point qui a découlé du premier : sans mon ex-complice, je me suis tourné vers des personnes dont j’aimais le style. Pointilleux dans mon fonctionnement créatif, je sais ce que je cherche dans un trait, mais s’ils se trouvent de très bons dessinateurs sur le net, j’ai été trop souvent confronté à des délais très flous – ce qui n’est pas un problème, je comprends les contraintes quotidiennes, j’y suis moi-même assujetti – mais surtout à de l’absence de réponse. Le « ghosting » reste un élément de communication très frustrant. J’ai parfois attendu des mois sans aucun signe de vie, ce qui a eu pour effet de déstabiliser mon planning. Il m’est arrivé de payer deux à trois factures en même temps, autant dire que le portefeuille à manger sa race ! Donc, si vous lisez cela, et si je vous écris un jour, chers artistes : j’adore votre travail, il embellit mes jours et mes nuits, mais en cas de demande de collaboration, un « non » clair et précis sera bien plus apprécié qu’une non-réponse : je n’ai pas de temps à perdre et vous non plus. La sincérité demeure toujours l’alpha et l’oméga d’une relation saine, d’autant que je sais que mes histoires et mon style restent très particuliers, donc je ne m’offusque pas d’un refus.
Jeu de Rôle & Loisir :
Petite parenthèse un peu moins déprimante, j’ai augmenté mes heures de loisir, malgré le fait que mon boulot alimentaire se démène pour les détruire. Je me perfectionne donc en tant que maître de jeu. Cela m’amuse beaucoup et m’a amené à explorer de nouveaux territoires dans mes créations, le jeu de rôle ayant cette qualité de l’improvisation immédiate, j’exploite des périodes qui n’apparaissent pas dans mes romans. Une de mes joueuses, qui a déjà démontré son talent dans les Chroniques de Yelgor, Nero, s’est fendue de deux portraits : son personnage – une espèce que nous avons construite pour l’occasion – et son antagoniste. Un geste qui m’a touché et que je partage ici. Quand je disais que l’art possédait une sorte de magie sur l’âme, je ne plaisantais pas.
Écriture :
Ce qui me donne une passerelle toute trouvée pour discourir de littérature et de ce que j’ai accompli cette année : 2026 verra peut-être une la sortie d’histoires en court depuis longtemps.
- Pornopolis : Prisonnière : le premier tome de ma trilogie de « PornoFantasy », appellation bancale faute de meilleurs termes pour la caractériser, se rapproche de la fin. Je terminerai ce premier tome dans le courant février. Il ne me restera plus qu’une couverture et je pense que je lancerai enfin sur les ondes ! Ce sera un petit événement pour moi, puisque j’ai commencé ce récit… en 2009 ! Il aura connu plusieurs versions, dont au moins deux scénarios sous forme de BD, avant d’être transformé en roman !
- Un Dîner en Ville : ce court roman, qui s’insère entre le premier et le deuxième tome de Pornopolis, sortira dans les mois qui viennent. Comme d’habitude, il reste lisible séparément, mais il me permet de jouer un peu avec le thème de la nourriture et du sexe tout en liant cela avec un peu de sadomasochisme puisque j’explore la relation sulfureuse entre Arkady et la sémillante Himiko.
- 100 Cercueils : mon récit pour adolescents, avec Arkady, approche de la fin pour le premier tome. À la base je n’avais prévu qu’un seul roman, mais je suis maudit au niveau de la longueur de mes histoires ! Je me suis retrouvé avec un volume qui atteint déjà les 500 pages, en cause la description du microcosme dans lequel se déroule les événements, ce qui semblerait superfétatoire, mais essayez de retirer les plans d’ensemble d’un film d’action et vous verrez que les scènes deviendront incompréhensibles. J’espère caser la suite et la fin de cette aventure en un seul tome…
- La Chauve-Souris d’Or : je l’ai allongé un chouïa, parce que la relation entre Ethel Arkady et Gertrude Bell m’appelait. Je réagis parfois à l’appel de mes personnages, ils ont presque une seconde vie dans ma tête et je ne deviens que leur humble scribe. Cette histoire me permet aussi de réaliser un récit pulp à la « Indiana Jones » à travers l’association improbable entre ces deux personnages que tout sépare. Poursuites endiablées dans le sable d’Irak, anciennes cités antiques englouties, réminiscences lovecraftiennes et duels dantesques seront chapeautés par un antagoniste retors et qui constitue mon hommage à ma chère Tom Larret !
- Les Errantes : Dans le cadre des « Chroniques de Yelgor » j’ai enfin trouvé mes « prêtresses d’Ejulie », la déesse de l’amour de ce monde, et en tirant les fils de ma pensée, j’ai réussi à créer quelque chose qui me tenait à cœur depuis des années, quand ce n’est pas une deux décennies : un culte complexe relevant d’une spiritualité immanente et anarchiste. Elles me passionnent et j’ai prévu au moins trois histoires à leurs sujets, ainsi qu’un jeu de rôle, parce que la structure s’y prêtait bien.
- En parlant des « Chroniques de Yelgor » : comme je suis sortie du huis clos, je me suis retrouvée devant un problème de taille : tout un univers à forger pour suivre la fuite de mon groupe de survivants – dont les fameuses Errantes constituent une pièce importante – et il en est résulté un second tome très, très long. Trop long ! Je l’ai coupé en deux. Donc, le tome 2 : la Nuit de l’Exode est achevé et le tome 3 : La Nuit du Fer-Vivant, arrive à sa version finale du premier jet. Il ne me restera plus que les dessins à fournir pour le troisième et cinq chapitres à illustrer pour le deuxième. Peaufiner tout cela me demandera encore de la sueur, de l’angoisse, de l’argent et de la patience, mais je m’approche du but, et cela me rassérène un peu.
- Trois Sculptures : Une expérimentation qui était appelée à disparaître dans les limbes de mes disques durs, mais voilà, la vie trouve toujours un chemin. Écrite après un voyage très éprouvant, elle mélange des obsessions morbides en même temps qu’une réflexion sur l’identité, ce qui constitue notre centre et comment celui-ci peut-être altéré par le corps. Hommage à Sade et à J.G.Ballard période Trilogie du Béton, c’est un de mes récits les plus sombre et cruel – c’est dire – toutefois empreint de moquerie et d’humour très, très, très noir !
- Apprivoiser une Louve : Une autre histoire que je n’avais pas prévu de rédiger, qui dérive d’une partie de jeu de rôle, mais voilà, je suis tombé amoureux du personnage que j’ai construit et comme d’habitude, je n’ai pas résisté à l’envie de lui donner une voix. À la base, je souhaitais m’exercer à un genre que je n’ai jamais exploré : la romance ! Mais chassez le naturel… Si le premier quart du roman reste bon enfant, la seconde met le cap vers l’horreur pure et dure avec une séquence de torture dans laquelle je règle mes comptes avec le mot « bienveillant » qui me sort par les narines !
Donc, voilà pour ces éphémérides ! Finalement, l’ensemble donne une sensation positive quand on regarde dans le rétroviseur, mais quelle année de douleurs en tout genre. Politiquement, j’ai déposé les armes depuis longtemps, l’actualité se transforme en une version gonzo de l’émission Groland et il devient difficile de découvrir une pépite intelligente dans la connerie qui nous entoure. Mais je m’accrocherai à l’art, c’est la seule bouée qui me reste.
Une bonne année à tous,
À bientôt !
dimanche 9 novembre 2025
Dessin du Dimanche : Un Mariage bien Tempéré (03) :Shangir Althea et Bardolphe de Savigniac
Ouvrons le mois de novembre avec la suite et la fin de mon triptyque d’illustrations pour le scénario de jeu de rôle « Un Mariage bien Tempéré ». J’espère cette image retranscrit l'énergie d'une des parties mémorables que j'ai menées. Je me suis bien amusé à représenter cet affrontement qui est resté gravé dans mes souvenirs.
En parlant des Chroniques de Yelgor, j’ai achevé le deuxième volume après un bon moment à l’écrire. Je pense qu’il me manque l’une ou l’autre illustration et quelques relectures, mais peut-être que j’arriverai à le proposer en sortie courant 2026-2027. Les illustrations ralentissent bien sûr le processus, mais ce récit perdrait de sa spécificité si je les supprimais ! En cours de rédaction, je me suis rendu compte avec horreur que mon envie de décloisonner cet univers en gestation m’a amené à multiplier autant les personnages que les décors divers et variés, et avec cela un brûlant désir de les explorer. Du coup, le second roman a dépassé mes prévisions et me voilà avec entre les mains une presque trilogie bientôt achevée. Cela ne clôturera même pas les aventures d’Allytah et de ses comparses, puisque je ne suis toujours pas arrivé au bout du premier arc, mais je m’amuse comme un petit fou avec le monde de Yelgor. Cette aventure, entamée dans le cadre d'un pari de rédaction rapide s’est transformé malgré moi en une véritable mine d’or.
La comparaison avec un filon aurifère n’est pas dénuée de justesses, j’ai établi la mystique des prêtresses d’Ejulie en deux jours de fièvre. Cet Ordre principalement féminin (mais pas que…) arpentait déjà çà et là les terres de Yelgor, mais jusqu’à maintenant, à part le fait qu’il comportait en son sein de redoutables guerrières, j’ignorais beaucoup de choses à leur propos. Il s’est concrétisé devant mes yeux en moins d’une semaine, et j’ai été pris d’une fièvre créatrice assez épuisante. C’était comme si l’une d’elles m’avait narré tous ses secrets avant de décéder. J’ai compris, leur fonctionnement, me retrouvant en possession d’une des premières religions immanente et matérialiste de la fantasy. Enfin, je crois…
Allytah a autrefois tué l’une d’entre elles, usurpant sa place dans le quatuor, mais des circonstances de tout cela, je ne savais rien. C’est désormais réglé, mais à côté de cela, un nouvel embranchement d’histoires concernant ces prêtresses, que j’ai renommées « Les Errantes », est apparu. Elles m’ont fasciné et j’ai la sensation d’être tombé dans le terrier du lapin blanc en les découvrant. Je sais déjà que pour deux de ces histoires j’ai assez de matière pour deux romans de taille modeste. J’ai commencé en urgence la rédaction de l’un d’eux en même temps que de la suite des Chroniques tant celui-ci me brûlait les doigts, ce qui met un peu à genoux mes articulations !
Je reviendrai sur Les Errantes et leur conception afin de discourir sur ma manière de penser la « création de monde » (ou Worldbuilding, mais je n’aime pas ce mot), un de ces domaines des littératures de l’imaginaire qui me paraît souvent assez mal compris et source de beaucoup trop d’épuisements artistiques ! Errantes qui forment d’ailleurs un groupe idéal pour le jeu de rôle, puisque chacune d’entre elles possède une spécialisation bien particulière... Et je lancerai une campagne les concernant, malgré le fait que je sois bien en peine pour trouver un système qui convienne à ce concept très particulier…
Sur ce, je retourne en leur compagnie sur la route sans fin !
jeudi 16 octobre 2025
Les Chroniques de Yelgor : Allytah & Eldridge
Malgré les calamités qui s’abattent sur mes épaules comme la misère sur le bas peuple, je ne renoncerai jamais à l’art ! Heureusement, certain jour, de bonnes nouvelles tombent, quoique l’impact de celles-ci s’avère d’une importance toute relative pour le commun des mortels, mais pour votre serviteur, elles revêtent la forme d’un émerveillement qui l’extirpe de la boue d’un labeur de plus en plus frustrant et vide de sens. Ainsi cette nouvelle illustration vous emmènera tout comme moi dans le Royaume de Yelgor pour la suite des aventures d’Allytah et de ses amies !
C’est l’artiste Huba, qui a officié sur le Dîner en Ville, qui s’est chargée de sa composition, et j’en suis très content ! Il reviendra pour d’autres histoires, étant donné que cette collaboration s’annonce fructueuse. Il s’est bien emparé du personnage pour cette image glaciale dans laquelle notre Noctule explose dans une colère homérique contre le chevalier Eldridge qui n’en demandait pas tant. J’apprécie sa reprise, d’autant qu’Allytah s’est déjà bien cristallisée : il a donc dû trouver l’équilibre entre sa propre vision et l’esprit du personnage, ce qui demeure un exercice mental loin d’être évident en plus d’une certaine humilité. Malgré cela il a su lui insuffler autant de puissance que de féminité à fleur de peau.
J’aime toujours autant me perdre dans cet univers, lequel se détache peu à peu de la fantasy « pure et dure » pour voguer sur le territoire de la science-fantasy apocalyptique et crade, tout en conservant des rogatons de gore. On ne se refait pas ! Une soupe bien épicée et étrange qui me correspond, bien que je vous confesse être bloqué devant un dilemme : le récit principal s’étend sur plus de 600p. au format « livre de poche » et je m’aperçois que je ne suis pas encore arrivé à la moitié du second tome. Là où le premier était sec et sans fioriture, étant donné qu’il a été conçu dans un cadre performatif et que donc mes choix esthétiques ont découlé ces conditions, imposant presque l’emploi d’un huis clos, cette suite se mue en une envie d’exploration tous azimuts, hantée par une multitude de personnages, or, en termes de romans plus tentaculaires que le grand Cthulhu lui-même, j’avoue que je sature un peu.
Du coup, j’aimerais le couper, mais voilà, où placer la césure ? Les deux temporalités sont liées de façon inextricable (Allytah explique comment elle a perdu son bras dans un duel contre sa sœur pendant son exode hivernal) et je n’ai pas atteint de climax dramatique qui me permet de trancher dans cette abondante matière avec élégance. Ou alors, je sépare les deux histoires, mais cela perturbe l’équilibre des deux récits enchâssés (une autre de mes marottes), puisque le premier (le présent) est narré de manière omnisciente tandis que le second est raconté par Allytah elle-même. Le fait que ce soit la conteuse de ses aventures justifiait l’emploi de la première personne – puisque c’est sa sensibilité et subjectivité qui mène le tempo –, mais sans son intervention ce choix s’avère moins pertinent et m’obligerait à tout réécrire.
Qu’est-ce que vous préféreriez, vous ? Que je coupe au hasard, après un nombre de pages définies arbitrairement par une IA dépressive, ou que je vous abandonne sur un cliffhanger putassier digne de J.J.Abrams ? À moins que je ne vous laisse après un climax cathartique (ce qui demandera plus de pages, mais vous êtes venu là pour souffrir, non?) ?
mercredi 8 octobre 2025
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis : Himiko & Arkady
Après quelques semaines d’attente, voici venir une seconde illustration d’Horlod pour Pornopolis ! Et j’en suis ravi, même si ma pauvre Arkady se retrouve dans une situation pour le moins préoccupante. Le dessinateur s’est pour l’occasion approprié la fameuse Akemi Himiko, grande ordonnatrice des supplices de l’institution éponyme et par ailleurs une redoutable séductrice ensorcelant quiconque l’approche. J’aime beaucoup cette version, en particulier ses gants très particuliers qui serviront au rituel en court. Je lui confierais encore le personnage pour de nouvelles zaventures !
J’en avais déjà causé en ces lieux, mais j’adore Akemi Himiko et elle se pose souvent en une vénéneuse friponne pour Arkady, à un tel point que je les ai mises en duo dans un Dîner en Ville, court roman que je compte sortir pour début 2026.
D’ailleurs, comme j’apprécie son style, je poste aussi une des recherches dans laquelle nos deux protagonistes se jaugent, même si notre féline préférée n’a pas le dessus dans l’affaire… À moins que tout cela ne soit qu’illusion ? Vous le saurez dans la seconde partie de Pornopolis ! Cependant, celle-ci me demandera encore pas mal de travail. J’espère déjà achever le premier volume dans le courant 2026, donc le second requerra quelques années de lutte avant d’atteindre la ligne d’arrivée éditoriale.
Ces dessins soulèvent un pan du voile opaque qui entoure l’intrigue en cours de création et témoignent de mon avancement, même si la réalité et mon ingrat boulot alimentaire sont bien décidés à me pourrir l’existence. Mais je ne lâcherai pas la barre de mon navire ivre et je souhaite que ces saynètes vous donnent envie de rejoindre mon univers déglingué ! Certes, il ne conviendra pas aux estomacs fragiles, mais il possède ses noirs merveilles que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
L’image complète demeurant quelque peu tendancieuse (euphémisme), je n’ai propose que des morceaux ici, mais vous la découvrirez sur le second blog consacré aux travaux un peu plus salés !
vendredi 15 août 2025
Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville
Retour aux aventures de ma chère féline, avec un nouvel artiste aux commandes, que vous reverrez en ces pages, je le pense… Huba s’empare donc de mon univers pour un temps pour y adjoindre son style énergique et anguleux. Ce qui me donne l’occasion d’expliquer un peu le pourquoi de mes différentes associations avec des illustrateurs.
Je ne vis pas de mes créations et même si j’ai déjà vendu quelques nouvelles à de petites maisons d’édition, convaincre les décideurs d’acheter un concept aussi nébuleux et franchement casse-gueule que les Aventures d’Ethel d’Arkady (ou même les Chroniques de Yelgor) est devenue une gageure, d’autant que mon style n’entre dans aucune case qui permette de le marketer à la sauce frigotartinable contemporaine. S’ajoute à cela mon goût pour la provocation, un tantinet gratuite, héritage de mon passé punk ainsi que le mélange de gore, d’érotisme, et d’impertinence qui marque les tribulations de mes héroïnes, comme autant de difficultés supplémentaires. En parlant d'Arkady et d'Allytah, dire qu'elles ne correspondent pas mieux aux canons de notre époque frôle le pléonasme (elles me disent dans l’oreille qu’elles s’en carrent les ovaires !). Ce cocktail détonnant, mais auquel je n’ai pas envie de renoncer, me condamne dans les franges les plus obscures du monde littéraire. J’aurai plus de chance de toucher trois fois le gros lot au loto que de parvenir à percer, en dépit du travail acharné que me demande chacune de mes histoires.
L’écriture est la plus ingrate des muses artistiques, car l’auteur, devant sa feuille ou son écran reste incapable de partager ses emportements, ses joies ou ses doutes. Et pour cause : nonante pour cent de son labeur demeure secret. Un texte ne devient lisible qu’à la suite d’un épuisant processus alchimique, un long raffinement dans lequel les mots, les paragraphes et les séquences se purifient. Pour un livre fini, six autres se trouvent à des étapes plus ou moins achevées : restructuration, deuxième ou quatrième jet… De tels chantiers appartiennent à l’ordre de l’embrouillamini illisible, avec des coupures dans tous les sens.
Or, les illustrations, le dessin à cette particularité aimable d’être compréhensible de manière immédiate. J’avais d’abord limité celui-ci à deux sagas très spécifiques : Pornopolis à cause des liens existant entre les arts et l’érotisme et ensuite Les Chroniques de Yelgor car le support visuel apporte une densité appréciable à un monde de fantasy, mais je constate que cela me frustre de plus en plus de ne point présenter mes travaux en courts. Et comme je touche un peu plus d’argent de mon activité civil, pourquoi ne pas en investir une part congrue pour créer quelques visions appartenant à ces textes souterrains ? Ce ne seront pas des couvertures, qui relèvent d’un autre type de réalisation, mais ces images alimenteront ce petit espace d’oueb, et soulèveront un voile pudique sur ces récits en devenir !
Et donc… Un Dîner en Ville, de quoi ça parle ?
Eh bien… J’avais envie de revenir un peu sur le duo improbable formé par Ethel Arkady et Akemi Himiko et de les projeter dans un tourbillon d’érotisme et de combats dantesques. Je prévoyais d’écrire une novella pulp, mais rendue au-delà des 150.000 signes, j’ai entre les mains ce qui constitue déjà un roman de la taille d’un bon vieux Gore de chez Fleuve Noir, collection dans laquelle ce texte se fut inséré à la perfection.
Mais je n’ai toujours pas parlé de l’histoire… Elle se situe entre le deuxième et le troisième tome de Pornopolis, et elle suit les (més)aventures de nos deux fées invitées à un banquet très particulier dans l’antre du « Seigneur des Morts Étranges »… Un charmant personnage qui donnera bien du fil à retordre à leur duo !
dimanche 27 juillet 2025
Dessin du Dimanche : Un Mariage bien Tempéré (01) : La Reine des Orages
Oh ! Un deuxième dessin en peu de temps ? Quelle productivité !
Il se trouve que dans le cadre d’un foulancement pour le club des Saigneurs du Chaos, dont je suis membre, j’ai proposé mon scénario d’introduction au jeu de rôle, le bien nommé « Un Mariage Bien Tempéré » pour un recueil inclus dans les contreparties.
Le titre fait référence au « Clavier bien Tempéré » de Jean-Sébastien Bach pour la simple raison que, comme celui-ci, c’est un exercice de style qui entend donner toutes les bases d'un « bon » scénario de jeu de rôle, selon moi ! On y retrouve de l’enquête, du combat et des choix cornéliens qui promettent des discussions houleuses à la table. Maître de jeu narratif, je ne distribue pas de points d’expérience en fonction du nombre de monstres tués, de même que l’alignement sauce AD&D m’a toujours dérangé avec son concept manichéen. Le cœur de ce récit se trouve dans les personnages-non-joueurs que j’espère habillés d’une certaine chair, avec des décisions qui, pour douteuses qu’elles soient, relève d’une logique interne offrant ainsi aux joueurs moult interactions et pistes narratives.
Je n’ai pas proposé ce titre par hasard, car il résulte d'un long questionnement sur la nature « d'un bon scénario » de JDR et aussi du fait que je l’ai mené plus de treize fois ce qui m’assure un recul assez conséquent sur celui-ci. Pour la rédaction, je me suis inspiré du style développé par Johan Scipion sur son propre jeu Sombre, lequel m’a pas mal questionné sur la nature hybride d’un scénario pour le jeu de rôle, en effet le scénario d’un JDR ne suit pas une « histoire », il déroule un espace pour l’imaginaire des joueurs. J’expose ainsi ma manière de raconter, au lieu de me caler sur un récit linéaire et immuable, car une fois publiée, ce « Mariage » vous appartiendra.
Mais bon, ce scénario, il faut l’illustrer, et c’est pour cela que j’ai repris mes pinceaux. Par ailleurs, et bien que ce « Mariage » soit motorisé par l’excellent jeu Tranchons & Traquons dont je suis devenu un inconditionnel, il se déroule dans le monde de Yelgor, à quelques encablures des aventures d’Allytah.
Pour ce premier dessin, voici une des héroïnes/antagonistes de l’histoire, la fameuse Aghara Tsahûl-Nashûl, une « kitling » des montagnes aux pouvoirs climatiques assez impressionnants et qui est à même de poser de nombreux problèmes aux joueurs. Pour la réalisation, j’expérimente toujours sur le lavis, technique aussi rapide que sale qui convient à mon style. J’ai renforcé certains contrastes à l’aide du numérique, mais il ne s’agit que d’une portion congrue dans le résultat final.
samedi 10 mai 2025
Les Contes de Yelgor : La Nuit de la Poussière !
Vous avez dû apercevoir les dernières illustrations pour une couverture représentant Allytah & sa disciple Jôkanès… Eh bien, c’est que j’ai commencé une sorte de « nouveaux cycles ».
Comme le récit du prochain volume des Chroniques de Yelgor me demandera, à vue de nez, quelques années supplémentaires de travail, je me suis dit qu’un autre cycle composé de nouvelles séparées du corpus principal constituerait un bon apéritif, d’autant plus que cela me donnerait de la matière pour d’éventuels Appels à Texte, encore faut-il que la longueur du texte et le sujet se conviennent aux exigences éditoriale… Sans même parler de ces concours parfois absurdes, s’en tenir à un nombre limité de signes demeure un exercice de concision intéressant pour tout écrivain qui se respecte, surtout pour moi qui m’étale souvent dans d’interminables descriptions, telle une copie « wish » de Victor Hugo !
Je me suis déjà un peu étendue sur d'autres aspects de cet histoire dans un précédent article, mais sachez que ce cycle comportera trois nouvelles qui formeront une petite trilogie où l’on suivra le parcours d’Allytah dans la chaîne montagneuse des Karthacias jusqu’à ce qu’elles retrouvent ses compagnons dans les Hautes Marches. Une « mini-saga » qui contiendra son lot de sang, de larmes, de trahisons et de regrets… Le dernier acte sera particulièrement cruel pour notre noctule.
Peut-être que je procéderai de même pour la séquence « pirate » d’Allytah, puisqu’elle jouxte cette époque de peu. Cette forme composée de brefs récits reliés entre eux me tente de plus en plus, d’autant que je n’ai pas encore cartographié ce monde dans son intégralité. J’aimerais aussi introduire le personnage mystérieux de « Fos » qui a été plus ou moins créé au cours de discussions avec MakuZoku.
En attendant, j’espère que cette courte, mais intense histoire vous plaira ! En tout cas, j’ai apprécié son écriture et l’illustration qui l’accompagne !
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Allytah la noctule et sa disciple Jôkanès sont traquées par les « Prêtresses de la Poussière » pour un crime qu’elles n’ont pas commis. Alors qu’Allytah est consumée par un redoutable poison, Jôkanès prend sa défense, mais parviendra-t-elle à vaincre les redoutables prêtresses malgré sa formation martiale incomplète ?
« Sexta plongea, lance en avant. Allytah esquiva, puis battit la hampe de la paume. Dans le même mouvement, elle chargea Sexta comme un tricks sauvage, enfonçant son thorax d’un violent coup d’épaule. Le souffle coupé, la prêtresse trébucha en arrière. Allytah dégaina un wakizashi de sa cape et elle se fendit aussitôt. Sexta, abasourdie par la vivacité de la noctule à la poitrine opulente s’écarta de justesse, ce qui lui épargna une mort immédiate, néanmoins la lame lui écharpa le côté droit. L’hémorragie empoissa le flanc et les jambes de la prêtresse qui s’affala dans l’herbe. »
jeudi 24 avril 2025
Starter Pack : Allytah !
Après Ethel Arkady, c’est au tour de l’héroïne principale des Chroniques de Yelgor de connaître sa version « Starter Pack », toujours inspirée par le phénomène viral qui sévit sur les rézosocios. Dans ce cadre, comme pour le dessin précédent, je m’interdis d’utiliser les outils informatiques, à part le scanner, évidemment.
Sans me jeter des fleurs, je suis relativement satisfait du résultat, bien que la pose soit quelque peu classique, l’ensemble résume bien le personnage. À noter que si Arkady paraît un peu moins abouti de quelques degrés, c’est qu’elle était partie d’une vague idée sur l’instant, et qu’Allytah a bénéficié de plus de temps de réflexion et de réalisation.
Je pense avoir produit un dessin qui, sans être parfait, possède sûrement plus d’âme que les machins en plastique vomis par notre amie Lia. Le but n’a jamais été de me mesurer à elle au niveau de la technicité (ce qui est perdu d’avance), mais de me servir de l’occasion pour un exercice de style.
J’aimerais m’attaquer à un troisième personnage, mais ce sera dans un avenir un peu plus nébuleux… Nous verrons bien en fonction des loisirs que me laisse mon travail alimentaire.
mardi 15 avril 2025
Starter Pack : Ethel Arkady !
En ce moment, je présente mes créations au Festival Fantastique de Bruxelles, ce qui fait que j'ai largement le temps de dessiner.
Mais je suis aussi tombé sur les derniers simulacres de Lia générative qui ont littéralement inondé les réseaux. Et bon… Voilà, en attendant d'éventuels amateurs de fantasy bizarroïdes et de romans gore, je me suis amusé avec cette mode pour faire… Disons pour présenter Ethel Arkady d'une autre manière. Sauf que moi, je n'ai pas utilisé un algorithme !
Parce qu'un jour je me sortirai les doigts du fion pour exprimer tout le bien que je pense de cette technologie… Même si mon avis ne doit pas être un grand mystère si vous me lisez….
jeudi 21 novembre 2024
Les Aventures d'Ethel Arkady : 100 Cercueils par K-Zlovetch
Malgré que je sois en pleine rédaction des Chroniques de Yelgor, une nouvelle illustration d'Ethel Arkady, réalisée dans le même esprit que la version Verdun a été réalisée par K-Zlovetch. Elle s’ajoute à la liste des artistes ayant opéré sur mon univers.
Cette fois vision émane de sa jeunesse dont je suis en train de rédiger le premier volume. Bien que n’étant pas la couverture, cette image résume l'ambiance de 100 Cercueils, un des récit les plus compliqués à composer, car en offrant au lecteur une facette inédite d’Ethel Arkady, plus "innocente".
C’est qu’après avoir perdu quelques complices artistiques, j’ai recherché sur la vaste toile des dessinateurs avec des styles collant à mon univers, lequel est teinté d’influence comics et manga. Quoique encore différent de celui à l’œuvre dans mes collaborations longue durée, le trait simplifié et expressif de K-Zlovetch convient à mes appétences, de plus, la réalisation de l’illustration et la correspondance en ayant découlé ayant été très satisfaisantes, ce qui mine de rien reste un exploit en soit, elle reviendra probablement sur d’autres histoires, un jour ou l’autre.
mercredi 13 novembre 2024
Les Aventures d'Ethel Arkady : Adélaïde : le journal d'Herbert Engellmann
Malgré un mois d’octobre passé dans l’enfer des heures supplémentaires, j’ai tout de même trouvé quelques moments pour achever ce qui est probablement mon opus-magnum à ce jour, soit le monstre romanesque nommé Adélaïde dont je vous avais déjà entretenu grâce à la magnifique couverture de MakuZoku et sur laquelle j’ai opéré un peu de mise en page pour finaliser tout cela. Quoiqu’Adélaïde soit disponible de manière numérique, je vous conseillerais de choisir la version papier, ne serait-ce que parce que c’est plus pratique et que j’y ai ajouté quelques bonus en prime.
Et la suite maintenant ? Eh bien, il ne vous aura pas échappé que pour éviter les redites, mais aussi de m’ennuyer que je mène plusieurs histoires de front et cela étire mécaniquement le temps de rédaction du manuscrit. Cependant, cela me permet de retrouver le texte avec un œil neuf et critique, ce qui est indispensable dans ce type de récit au long court.
Je suis bien parti sur une saga qui m’accompagnera encore un bon moment… Et j’espère que le voyage en compagnie de ces personnages (dont la aussi séduisante que douteuse Akemi Himiko) vous plaira, car j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire, en dépit du défi que cela représente.
dimanche 22 septembre 2024
Les Aventures d'Ethel Arkady : Akemi Himiko no kitsune-dan
Vous pardonnerez mon japonais insuffisant, je me suis amusé à utiliser le traducteur automatique pour ce titre puisque voici une illustration de MakuZoku consacré à la belle, charismatique et en même temps terrifiante Akemi Himiko et son gang de Kitsune spectraux.
Akemi est une des adversaires les plus coriaces d’Ethel Arkady. Enfin, ça, c’était le personnage tel que je l’avais établi il y a 10 ans… Depuis, la renarde a acquis un autre statut au fur et à mesure des versions, se rapprochant bien plus d’un « Trickster ». À cause de sa double nature de kitsune, mais aussi de vampire, elle poursuit des objectifs similaires à ceux de la féline, ou en tout cas qui correspondent plus ou moins aux vues de celle-ci.
D’ailleurs, avec la « Sorcière de l’Ouest » comme seconde antagoniste féminine importante d’Arkady, je pense que le changement de rôle d’Akemi Himiko s’imposait. Je ne l’ai animé que depuis un an ou deux, puisqu’elle n’intervient que tardivement dans l’histoire et je regrette de l’avoir laissé sur le côté tout ce temps, tant elle possède une personnalité complexe. C’est que la renarde a traversé presque 500 ans d’existence et son expérience lui confère un détachement particulier.
J’apprécie tellement l’alchimie qu’Himiko et Arkady dégagent ensemble que je leur ai consacré une novella, à part du cycle Pornopolis, mais j’en reparlerai bientôt. D’ailleurs, je me retiens de lui dédier tout un « spin-off », mais ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais plutôt le temps... Entre son caractère bien trempée, mêlée à une manière toute japonaise de s’exprimer, et l’érotisme torride qu’elle exhale, Akemi Himiko attise ma plume ! Et après tout, Ethel Arkady a elle-même débuté sa carrière comme un antagoniste de mes histoires.
Akemi Himiko suit-elle le même chemin ?
En tout cas, elle s’est même invitée dans Adélaïde, comme ça… Parce qu’elle le pouvait, la garce !
Je suis content de ses incarnations par MakuZoku. Il lui confère autant de séduction que de menace à travers son coup de crayon sensuel.



















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