dimanche 22 mars 2026

    Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière - Couverture (par Horlod)

    Après bien des avanies, je boucle enfin le premier tome de ce qui demeure, avec Adélaïde, une de mes plus grosses sagas à ce jour : Pornopolis. Cette histoire est née de ma volonté de composer le roman pornographique ultime. 

    Alors, je n’atteins sûrement pas le quart de ce que je prévoyais, mais je pense que j’ai réalisé quelque chose qui possède une certaine vision du genre, en m’inspirant d’auteurs qui l’ont travaillé dans le but de commenter notre humanité. Obsédé par l’importance du corps dans nos vies, et celui-ci étant souvent utilisé dans la fiction comme un vaisseau pour la narration, j’ai voulu le remettre au centre des préoccupations littéraires. Quoi de mieux pour cela que l’érotisme et la pornographie pour traiter de cette question ô combien intéressante, mais que notre époque pudibonde rejette avec force ?

    Ce roman revient de très loin, puisqu’il a d’abord été pensé comme un scénario de BD – estimant que le genre m’offrait plus de liberté de publication potentielle – et sur les conseils de différentes personnes, il a été continuellement remanié entre 2009 et 2012, avant que cette déclinaison ne soit morte et enterrée. Je l’ai ensuite repris sous une forme littéraire, sentant dans l’histoire quelque chose qui m’attirait. De la version BD, il reste quelques pages, des recherches graphiques et au moins deux tomes achevés. Outre ce travail, j’ai aussi accompli une longue session de lectures thématiques qui s’est étalée sur une bonne décennie. Je ne prétends pas avoir la science infuse ni la vérité à ce sujet, mais disons que ces années de réflexion m’ont servi à étoffer le roman de séquences auxquelles je n’aurais pas pensé autrefois.

    Tout cela pour en revenir à mes patronages qui auront chacun apporté une pièce stylistique à mon histoire. D’Alan Moore j’ai récupéré le mariage de l’ésotérisme et de la sexualité ; de J.G.Ballard et plus particulièrement la Trilogie du Béton, j'ai conservé les noces entre la technologie la plus froide et la sensualité ; du Marquis de Sade un goût pour la cruauté, mais également la question complexe de la domination (auquel j’ai adjoint les réflexions d’Étienne de la Boétie sur la servitude volontaire, les deux fonctionnant, à mon humble avis, comme un diptyque sur le même thème) et mon tour d’horizon seraient incomplets sans citer le comics Omaha the Cat Dancer de Reed Waller et Kate Worley dans lequel toutes les scènes érotiques se trouvent justifiées par l’état psychologique des personnages. Je mentionnerai aussi les œuvres sadomasochistes de Pichard sur la religion, bien qu’elles soient intervenues plus tardivement dans ma galaxie d’influences. Néanmoins, elles portent des interrogations qui hantent mon écriture, avec une approche similaire, empreinte de méchanceté et d'humour noir.

    Je me suis lancé dans cette aventure sans penser une seule seconde qu’elle me prendrait autant de temps, bien que je n’ai point rédigé Pornopolis en continu. De plus, cette histoire ayant été réfléchie de manière graphique, j’ai conservé cette connivence entre le dessin et l’érotisme, après tout, celui-ci possède toujours, à mon sens, une certaine sensualité. Les couleurs, le trait, tout cela procède de quelque chose d'émoustillant, quand on y songe . La rencontre avec quelques illustrateurs de talents a donné corps à l’œuvre finale. Je ne cache cependant pas que cet aspect a ralenti la naissance du texte, puisque chaque chapitre demande le double de temps pour être achevé.

    Ce qui m’amène enfin à la conclusion de tout cela : la magnifique couverture d’Horlod pour le roman. Je ne lui ai donné que deux indications : les couleurs et le thème de l’emprisonnement. Pour la palette, qui caractérise toutes les histoires à tonalité érotique, je me suis tourné vers From Beyond de Stuart Gordon, adaptation très, très libre de la nouvelle « De l’Au-delà ». Le directeur de la photographie Mac Ahlberg a décliné pour l'occasion une symphonie de magenta, rose, violet… Une esthétique qui agresse les yeux, mais qu’une partie de mon esprit a associée à une connotation sexuelle. Un virage, car même si les créatures lovecraftiennes semblent a priori éloignées de ces considérations esthétiques, elles constituent un élément clé de l’intrigue – et vous les retrouvez dans la composition d’Horlod.

    Pour toutes ces raisons, je suis plus qu’heureux de vous présenter cette magnifique illustration qui conclue en beauté dix-sept ans d’écriture et de dessin… 

    Plus que deux autres romans à achever. J’espère mettre moins de temps !






    mercredi 11 mars 2026

    Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville

    Nous sommes au mois de mars et alors que 2026 a bien entamé sa pente vers l’horreur, je continue mon programme de publication, parce que la fin du monde ne m’a jamais empêché d’écrire. J’avais montré précédemment la très belle couverture de Huba pour les aventures d’Ethel Arkady, voici donc celle que j’ai réalisée pour l’occasion. 

    Aujourd’hui, je vous présente la mise en page d’Un Dîner en Ville, un court récit des Aventures d’Ethel Arkady où une simple négociation mondaine tournera au duel psychologique mortel.

    Vous noterez que la police de titre est la même que celle de la BD, ce qui relève d’une direction artistique logique puisque cette histoire se place dans la filiation directe de la saga très particulière de Pornopolis. La palette, avec les nuances de pourpre, de magenta et de violet, que j’ai imposées aux illustrateurs qui ont travaillé sur cette saga, a été pensée pour créer une forme d’homogénéité. Ce trio de couleurs symbolise le sexe et le musc et je l’ai donc exploité dans tout ce qui se rapporte de près ou de loin à l’érotisme. Je me suis beaucoup inspiré du film From Beyond de Stuart Gordon et en particulier de la photographie saturée de Mac Ahlberg qui m’a marqué au fer rouge. J’ignore si ce choix m’est personnel, ou si l’œuvre de Stuart Gordon vue durant mon adolescence, m’a tellement impressionné que j’ai associé ces couleurs à tout ce qui concerne la pulsion libidineuse, mais cela m’apparaît comme une évidence.

    Pornopolis demeure une énorme parenthèse dans les Aventures d’Ethel Arkady – avec Adélaïde –, ce qui me met d’ailleurs en face d’un de mes plus gros problèmes : j’allonge la sauce quand une histoire m’emmène dans des thématiques si nombreuses qu’il ne me reste d’autre solution que de partir dans un mode exploratoire.

    Heureusement, Un Dîner en Ville appartient à la catégorie des courts récits, circonscrits à un instant dans la vie de mon héroïne. Je souhaitais montrer la complicité entre Ethel Arkady et la sémillante Akemi Himiko, aussi quoi de mieux qu’une négociation mondaine, pleine de dangers invisibles, pour tester leurs liens dans les flammes de l’enfer ? Avec sa forme en huis clos, ce récit me restreint à une efficacité et à une économie de moyens qui me reposent entre deux monstres littéraires. Un second avantage à cette brièveté se trouve dans la faible durée de rédaction et de polissage, du premier jet à la publication, il ne s’écoule guère qu’un ou deux ans, là où d’autres histoires m’en demandent plus du double.

    J’espère que cette histoire, riche en rebondissements, vous plaira. Elle ne s’adresse pas à des lecteurs prudes ou qui flancheront suite à des vapeurs à cause de scènes extrêmes, que ce soit dans le sexe ou l’horreur graphique – je m’en donne à cœur joie dans les deux – mais pour peu que ce soit votre came, je pense que vous vous en délecterez.

    Ce genre de format me plaît d’autant plus qu’il rappelle à mon bon souvenir le temps béni de la collection Gore chez les défuntes éditions Fleuve Noir. J’assume cette glorieuse filiation avec aplomb, que ce soit dans l’humour noir, la présence de séquences bien crades et d’autres qui sentent les aisselles, le sperme et la cyprine, mais le tout avec une certaine recherche littéraire. De quoi vous mettre l’eau à la bouche avant le plat de résistance.

    Quant au premier volume de Pornopolis, j’ai de bons espoirs de le sortir avant le Festival Fantastique de Bruxelles où je serai exposant, pour ceux qui souhaitent me dire bonjour… 

    Comme d’habitude, l’ouvrage est disponible au format papier ou Kindle, mais j’avoue que je suis un inconditionnel du format physique et il est surtout pensé pour celui-là.


    Extrait : 
    « Arkady, qui percevait l’ironie mordante avec laquelle Himiko cinglait son public, n’existait plus que comme un tronc dont la tête, ceinturée par un filin, contemplait sa vulnérabilité absolue. Ses mains, ramenées en arrière, ne lui servaient plus à rien, et l’angle de pliure suggérait même qu’elles avaient disparu, ne lui laissant que des épaules pour toutes articulations.  »


    dimanche 1 février 2026

    Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville - Couverture

    Alors que nous avons atteint la fin de l’hiver, certaines choses se dégèlent de mon côté. J’en avais déjà causé dans mes éphémérides, mais j’achève plusieurs histoires de longue haleine, dont certaines m’ont accompagné pendant des décennies. Le « Dîner en Ville » arrive à la conclusion de sa mise en page après une bataille épique avec le logiciel de la plateforme TheBookEdition ! Il ne me reste plus que quelques corrections d’ordre esthétique à opérer sur la couverture avant que celle-ci ne se trouve enfin à disposition de vos mirettes. 

    Les histoires longues envahissent la mémoire, se métamorphosent souvent en marathon interminable dans lequel les meilleurs d’entre les meilleurs se perdent, avoir quelques nouvelles ou des récits courts sur les côtés pour se reposer le cerveau relève de la nécessité. Cela assouplit l’esprit avant de passer à quelque chose de plus velu. Dans cette histoire je pousse la symbolique de la dévoration, sexuelle, alimentaire et psychique dans ses derniers retranchements et cela m’a donné l’occasion de jouer avec le duo Akemi Himiko et Ethel Arkady. J’espère que vous apprécierez ce roman. De mon côté, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à l’écrire, bien que son style et ses thématiques le réservent à un public plus qu’averti ! 

    Et pour les nouveaux venus, il n’existe pas de sentier clair dans le monde d’Arkady, si vous  choisissez ce « diner », vous aurez une histoire complète, cependant sachez que les autres titres s’agrègent en un univers complexe.

    J’ai demandé à Huba une illustration qui reprenne les principes que j’avais déjà établis pour la BD Pornopolis, notamment dans les tons, mais aussi dans la manière qui est maintenant la mienne de penser ma charte graphique pour le corpus Arkadien, exception faite des Chroniques de Yelgor qui en sont séparées. Le sorcier qui ricane dans le quatrième de couverture ne ressemble pas à son incarnation romanesque, mais il constitue un clin d’œil dont je vous laisse, le cas échéant, trouver la référence ! En ce qui concerne Akemi Himiko, elle dérive un peu de son design original, non à cause de Huba qui s’est approprié l’univers de la féline, mais parce que je ne suis pas intervenu à temps pour solliciter des corrections. 

    Mon travail civil ayant pris la meilleure part de moi-même, j’avoue avoir vécu la fin de l’année dans une camisole de fatigue, j’ai nagé la brasse dans une purée de pois et du coup, mon personnage en a pâti. Néanmoins, et malgré ce problème de continuité, j’apprécie ce dessin qui exprime la teneur de l’histoire tout en accomplissant l’exploit de rester à peu près chaste en dépit du sujet, ce qui constitue un exercice d’équilibriste graphique admirable.

     



     

    samedi 3 janvier 2026

    Ephémérides 2025 - 2026 : Année de sortie !

    On commence avec une nouvelle Ethel Arkady pour l’année 2026, de la main de Murazaki Sora, une excellente aquarelliste ! Cette version plus « présentable » me servira pour mes communications commerciales, même si je ne sais pas pourquoi Murazaki l’a doté d’une poitrine… opulente, je ne lui avais pas demandé !

    Il y a des éphémérides qui plus difficiles à écrire que d’autres. Mine de rien, cela fait plus de dix ans que j’anime ce blog, parfois avec de la fatigue, parfois avec un enthousiasme renouvelé, et ce, même si le format est devenu ringard dans le monde actuel. C’est mon coin de web – dont je ne suis qu’un locataire parmi d’autre, ce dont j’ai conscience – mais cela me plaît d’envoyer des lettres en bouteille dans l’océan de données. Alors, que dire de l’année écoulée ?

    Avatar de collaboration : 
    La fin d’une collaboration qui me tenait à cœur m’a atteint plus que je ne le pensai. Je sais que ça surprend, mais le Gernier est un animal très sentimental ! Je suis quelqu’un qui aime la coopération créative, un reste de ma période de cameraman-monteur. J’apprécie l’émulation que cela entraîne. D’aucuns avanceraient que cela flatte aussi l’ego d’un écrivain raté, ce que je comprends, et j’obtempère à cette assertion, je ne le cacherais point : je ne suis pas un hypocrite. Cependant, c’est toujours un honneur et un plaisir de trouver une personne avec laquelle cette confluence magique éclot.

    De 2021 à 2025, j’ai vécu au rythme des dessins de mon complice dans le crime. Cela entrait dans une logique d’affinité : nous sommes sorti du même bain contre-culturel, à deux-trois poils de cul près. Je reste son humble débiteur pour tout ce qu’il m’a apporté que ce soit personnellement, un dessin ayant réussi à me tirer d’une profonde rechute dépressive, ou professionnellement. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, mais celle-ci s’avéra dure à encaisser. Je savais que nos chemins se sépareraient, il travaille à ses projets, moi aux miens. Cette entente entre gentlemen est née dans un contexte bien définie, mais elle l’a dépassé avec le temps. La cessation brutale de cette association m’a déprimé. Un échange aussi long laisse des traces dans la tête, l’art rapproche les esprits et donc prête le flanc à de l’attachement. Le côté contractuel « client – et – artisan » devient plus flou, les frontières avec l’amitié plus poreuse.

    J’aimerais ajouter que ce questionnement ne concerne pas mes autres collaborations avec des artistes dont j’apprécie le style et qui me suivent dans mes aventures depuis un moment. Certaines sont de vieux complices comme ExpExp que je remercie pour sa fidélité ; d’autres sont des revenants dans mes univers, tel Horlod qui a déjà accompli un chouette boulot sur mes personnages et avec qui je partage un certain esprit pour la série B déjantée ; auquel s’adjoignent des nouveaux venus à l’instar de Huba qui a conçu la spectaculaire couverture pour mon prochain roman à sortir ; de K-Zlovetch qui a accepté de poursuivre ses incursions dans les histoires d’Arkady, en plus de ses propres créations que je vous invite à explorer. Tout cela est bon, mais il me reste une amertume pesante sur l’estomac, d’autant plus que le motif de cette rupture de contrat, extérieur à notre travail commun, m’a semblé disproportionné au regard de l’investissement artistique et humain dans lequel nous nous sommes engagés. « Chat échaudé craint l’eau froide » comme le dit le proverbe, et depuis lors, j’avoue avoir mis un de la distance dans mes échanges avec les illustrateurs, j’incline moins au jeu et à la confiance qui aura marqué les années précédentes.

    Cela m’a aussi obligé à revoir ma stratégie, à ne plus rassembler tous mes œufs dans le même panier. Ce qui m’amène à un autre point qui a découlé du premier : sans mon ex-complice, je me suis tourné vers des personnes dont j’aimais le style. Pointilleux dans mon fonctionnement créatif, je sais ce que je cherche dans un trait, mais s’ils se trouvent de très bons dessinateurs sur le net, j’ai été trop souvent confronté à des délais très flous – ce qui n’est pas un problème, je comprends les contraintes quotidiennes, j’y suis moi-même assujetti – mais surtout à de l’absence de réponse. Le « ghosting » reste un élément de communication très frustrant. J’ai parfois attendu des mois sans aucun signe de vie, ce qui a eu pour effet de déstabiliser mon planning. Il m’est arrivé de payer deux à trois factures en même temps, autant dire que le portefeuille à manger sa race ! Donc, si vous lisez cela, et si je vous écris un jour, chers artistes : j’adore votre travail, il embellit mes jours et mes nuits, mais en cas de demande de collaboration, un « non » clair et précis sera bien plus apprécié qu’une non-réponse : je n’ai pas de temps à perdre et vous non plus. La sincérité demeure toujours l’alpha et l’oméga d’une relation saine, d’autant que je sais que mes histoires et mon style restent très particuliers, donc je ne m’offusque pas d’un refus.

    Jeu de Rôle & Loisir : 
    Petite parenthèse un peu moins déprimante, j’ai augmenté mes heures de loisir, malgré le fait que mon boulot alimentaire se démène pour les détruire. Je me perfectionne donc en tant que maître de jeu. Cela m’amuse beaucoup et m’a amené à explorer de nouveaux territoires dans mes créations, le jeu de rôle ayant cette qualité de l’improvisation immédiate, j’exploite des périodes qui n’apparaissent pas dans mes romans. Une de mes joueuses, qui a déjà démontré son talent dans les Chroniques de Yelgor, Nero, s’est fendue de deux portraits : son personnage – une espèce que nous avons construite pour l’occasion – et son antagoniste. Un geste qui m’a touché et que je partage ici. Quand je disais que l’art possédait une sorte de magie sur l’âme, je ne plaisantais pas. 


    Écriture : 
    Ce qui me donne une passerelle toute trouvée pour discourir de littérature et de ce que j’ai accompli cette année : 2026 verra peut-être une la sortie d’histoires en court depuis longtemps. 

    • Pornopolis : Prisonnière : le premier tome de ma trilogie de « PornoFantasy », appellation bancale faute de meilleurs termes pour la caractériser, se rapproche de la fin. Je terminerai ce premier tome dans le courant février. Il ne me restera plus qu’une couverture et je pense que je lancerai enfin sur les ondes ! Ce sera un petit événement pour moi, puisque j’ai commencé ce récit… en 2009 ! Il aura connu plusieurs versions, dont au moins deux scénarios sous forme de BD, avant d’être transformé en roman !
    • Un Dîner en Ville : ce court roman, qui s’insère entre le premier et le deuxième tome de Pornopolis, sortira dans les mois qui viennent. Comme d’habitude, il reste lisible séparément, mais il me permet de jouer un peu avec le thème de la nourriture et du sexe tout en liant cela avec un peu de sadomasochisme puisque j’explore la relation sulfureuse entre Arkady et la sémillante Himiko.
    • 100 Cercueils : mon récit pour adolescents, avec Arkady, approche de la fin pour le premier tome. À la base je n’avais prévu qu’un seul roman, mais je suis maudit au niveau de la longueur de mes histoires ! Je me suis retrouvé avec un volume qui atteint déjà les 500 pages, en cause la description du microcosme dans lequel se déroule les événements, ce qui semblerait superfétatoire, mais essayez de retirer les plans d’ensemble d’un film d’action et vous verrez que les scènes deviendront incompréhensibles. J’espère caser la suite et la fin de cette aventure en un seul tome… 
    • La Chauve-Souris d’Or : je l’ai allongé un chouïa, parce que la relation entre Ethel Arkady et Gertrude Bell m’appelait. Je réagis parfois à l’appel de mes personnages, ils ont presque une seconde vie dans ma tête et je ne deviens que leur humble scribe. Cette histoire me permet aussi de réaliser un récit pulp à la « Indiana Jones » à travers l’association improbable entre ces deux personnages que tout sépare. Poursuites endiablées dans le sable d’Irak, anciennes cités antiques englouties, réminiscences lovecraftiennes et duels dantesques seront chapeautés par un antagoniste retors et qui constitue mon hommage à ma chère Tom Larret !
    • Les Errantes : Dans le cadre des « Chroniques de Yelgor » j’ai enfin trouvé mes « prêtresses d’Ejulie », la déesse de l’amour de ce monde, et en tirant les fils de ma pensée, j’ai réussi à créer quelque chose qui me tenait à cœur depuis des années, quand ce n’est pas une deux décennies : un culte complexe relevant d’une spiritualité immanente et anarchiste. Elles me passionnent et j’ai prévu au moins trois histoires à leurs sujets, ainsi qu’un jeu de rôle, parce que la structure s’y prêtait bien. 
    • En parlant des « Chroniques de Yelgor » : comme je suis sortie du huis clos, je me suis retrouvée devant un problème de taille : tout un univers à forger pour suivre la fuite de mon groupe de survivants – dont les fameuses Errantes constituent une pièce importante – et il en est résulté un second tome très, très long. Trop long ! Je l’ai coupé en deux. Donc, le tome 2 : la Nuit de l’Exode est achevé et le tome 3 : La Nuit du Fer-Vivant, arrive à sa version finale du premier jet. Il ne me restera plus que les dessins à fournir pour le troisième et cinq chapitres à illustrer pour le deuxième. Peaufiner tout cela me demandera encore de la sueur, de l’angoisse, de l’argent et de la patience, mais je m’approche du but, et cela me rassérène un peu.
    • Trois Sculptures : Une expérimentation qui était appelée à disparaître dans les limbes de mes disques durs, mais voilà, la vie trouve toujours un chemin. Écrite après un voyage très éprouvant, elle mélange des obsessions morbides en même temps qu’une réflexion sur l’identité, ce qui constitue notre centre et comment celui-ci peut-être altéré par le corps. Hommage à Sade et à J.G.Ballard période Trilogie du Béton, c’est un de mes récits les plus sombre et cruel – c’est dire – toutefois empreint de moquerie et d’humour très, très, très noir !
    • Apprivoiser une Louve : Une autre histoire que je n’avais pas prévu de rédiger, qui dérive d’une partie de jeu de rôle, mais voilà, je suis tombé amoureux du personnage que j’ai construit et comme d’habitude, je n’ai pas résisté à l’envie de lui donner une voix. À la base, je souhaitais m’exercer à un genre que je n’ai jamais exploré : la romance ! Mais chassez le naturel… Si le premier quart du roman reste bon enfant, la seconde met le cap vers l’horreur pure et dure avec une séquence de torture dans laquelle je règle mes comptes avec le mot « bienveillant » qui me sort par les narines !


    Donc, voilà pour ces éphémérides ! Finalement, l’ensemble donne une sensation positive quand on regarde dans le rétroviseur, mais quelle année de douleurs en tout genre. Politiquement, j’ai déposé les armes depuis longtemps, l’actualité se transforme en une version gonzo de l’émission Groland et il devient difficile de découvrir une pépite intelligente dans la connerie qui nous entoure. Mais je m’accrocherai à l’art, c’est la seule bouée qui me reste.

    Une bonne année à tous, 
    À bientôt !