Après avoir connu un soleil de plomb, voici que nous avons eu quelques jours de répit, ce qui me permet de vous présenter un dessinateur, Zuleta avec lequel je produirai, si tout va bien, un nouveau comics Arkady ainsi que quelques illustrations. Notre rencontre fut marquée par des événements à la fois cocasses et bien embêtants.
Suite à un concours de circonstances assez ubuesque, il a réalisé non pas une image, mais une page de BD mettant en scène Ethel Arkady et c’est évident : nous parlons la même langue artistique. Comme il habite dans mon coin, nous essayons de nous voir et après une nouvelle série de hiatus abracadabrantesques, les étoiles s’alignent enfin.
J’espère donc que Zuleta restera quelque temps dans mes univers ! En attendant la suite des événements, voici la fameuse planche dont la qualité et l’énergie m’esbaudissent. Tout le personnage de ma féline favorite s’y trouve. Elle ne correspond à aucune histoire en particulier, j’ai laissé les rênes de la fiction, mais j’aime beaucoup le résultat !
lundi 6 juillet 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Special Western !
dimanche 14 juin 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : La Chauve-Souris d'Or (by K-Zlovetch)
Et nous voilà en juin…
J’avais conservé une illustration pour ce mois-ci, puisque je me suis engagé dans un récit bien pulp avec une Ethel Arkady impliquée dans une intrigue que n’aurait pas reniée Indiana Jones lui-même. À travers cette nouvelle histoire, je rends hommage à cette trilogie de films que j’adore, l’ayant prise de plein fouet dans mon enfance. Le mélange de folie pimentée d’une esthétique western-spaghetti a pas mal construit mon imaginaire, sans parler d’un de mes premiers contacts avec le gore avec les têtes de nazis explosées, les cœurs arrachés et le vieillissement express ! Tout pour me plaire. Même s’il m’est arrivé de snober un temps la saga, j’y suis revenu depuis, l’appréciant d’autant mieux que je comprends ses mécanismes et la précision diabolique du découpage de Steven Spielberg.
J’ai donc repris les éléments principaux avec un supplément d’horreur pour faire bonne mesure, puisque j’ai déplacé le théâtre des opérations dans le monde d’Arkady dans lequel les secrets enfouis ressurgissent toujours pour répandre la mort et la désolation autour d’eux.
Ethel Arkady est tirée des rêves brumeux de l’opium par une nouvelle venue dans ma galerie de femmes fatales : Gertrude Bell, une authentique archéologue, espionne et intrigante pour l’Empire britannique au Moyen-Orient. Un autre personnage « bigger than life » dont je m’étonne qu’elle n’ait jamais été utilisée dans des histoires fantastiques, excepté un biopic que je n’ai pas encore vu. Elles parcourront une partie du Moyen-Orient à la recherche de la fameuse « Chauve-Souris d’Or », laquelle contient des révélations choquantes sur les religions abrahamiques tout en étant poursuivies dans leur quête par des militaires français, une secte et une tribu de bubastis du désert. Vaste programme !
K-Zlovetch, dont j’apprécie le style, m’a déjà honoré d’une illustration Arkadienne et je lui ai demandé pour l’occasion de créer un instantané « cinématographique » de cette épopée, car elle maîtrise cette forme particulière qui joue avec les tropes du genre. Je souhaitais appliquer ce traitement à Arkady, toutes mes histoires m’apparaissant avant de poser la première ligne comme des films mentaux. Le lion qui s’oppose à la féline dans ce temple s’appelle Vérion et constitue un autre clin d’œil à la saga littéraire de mon amie Tom Larret à qui j’ai emprunté ce personnage de manière taquine.
J’espère que le résultat final se hissera à la hauteur de ce que cette bande-annonce graphique promet. En tout cas, je m’amuse beaucoup à l’écrire, ce qui est plutôt bon signe. Certes, ce n’est pas ma veine habituelle, qui inclut souvent une critique acerbe du monde actuel, et je reste ici dans un cadre beaucoup plus décomplexé quant à l’action – une course-poursuite et une grosse scène de bataille dans un caravansérail dès l’introduction quand même –, mais j’éprouvais le besoin de concevoir quelque chose d’un peu plus premier degré. Ceci étant, cela ne m’empêche pas de le réaliser avec le même soin que mes autres romans et de nombreuses lignes scénaristiques seront reliées à cet épisode…
J’espère que cela vous amusera autant que je me suis régalé à voir la réalisation de cette image !
lundi 25 mai 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière !
J’ai pris un peu de retard dans mes publications mensuelles, car entre le boulot qui devient chronophage et une accumulation de fatigue autant physique que psychique, une certaine négligence s’est installée dans cet endroit.
Mes récits ont poursuivi leur chemin, malgré les avanies que la société ne cesse de me balancer à la tronche, dont la sortie de la première partie de Pornopolis, que je polis depuis un peu plus d’une décennie. Grâce aux différentes illustrations d’artistes qui m’ont accompagné dans cette folie, cet ouvrage reste l’un de ceux dont je suis le plus fière. Un écrin stylistique et graphique pour un genre honni que j’ai pris à bras le corps ! Je n’aurais pas fini ce premier roman d’une série de trois sans l’extraordinaire couverture d’Horlod, dont le trait convient à merveille à mes écrits, et je suis honoré qu’il ait accepté de voyager dans mon univers une nouvelle fois.
Je précise toutefois que, comme une majorité de mes récits — et celui-ci plus encore — l’ouvrage s’adresse à un public mature et averti.
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Extrait :
« Non ! La bubastis était ignorante de ces absurdités ! Au contraire, elle accompagnait ses caresses de frémissements, de halètements, s’enfonçant dans les profondeurs de ses terminaisons nerveuses, sans aucune arrière-pensée parasite. Elle vivait, insouciante, refusant de juger ses instincts et ses appétits monstrueux à l’aune des valeurs castratrices qui pesaient de tout leur poids sur les hommes. »
vendredi 1 mai 2026
Festival Fantastique et Dessins
Néanmoins, je souligne que cet inconfort demeure très marginal en regard du fait… que j’aime ce festival ! Je me sens presque chez moi dans ses allées et j’adore retrouver les gens qui le composent. Si je n’ai pas atteint le nombre de ventes de l’année dernière et je ne suis pas le seul – le nouveau gouvernement belge a sabré comme un porc dans les budgets de la culture, on se demanderait presque si celle-ci, sous sa forme la plus débridée, ne constitue point une cible idéale pour les politiciens qui souhaitent des individus formatés, mais je vire au complotiste, là –, je suis tout de même parti avec d’excellentes rencontres et des étoiles dans les yeux et quelques Blu-ray en plus sur des étagères déjà en état d’obésité morbide.
J’aime être exposant pour le festival, car cela me laisse un peu le temps de dessiner, ce qui mine de rien ne m’arrive plus si souvent. J’ai achevé deux images assez complexes pendant ce laps de temps, sans parler des dédicaces que j’ai réalisées pour ceux qui ont été tentés par mes histoires. Du coup, je reprends ma technique aux couleurs de l’événement pour ces compositions, c’est-à-dire noir et blanc additionné d’un peu d’écoline rouge. J’ajoute quelques projections à l’aide d’une brosse à dents que je maîtrise de mieux en mieux.
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| Pour l'affiche, je n'ai pas trouvé de meilleur définition... |
Dans le genre, Never After Dark m’a pas mal impressionné les rétines aussi, en prenant la direction du Kaidan ega pour basculer sur quelque chose de plus sadique et cynique, d’ailleurs pas mal influencé par les chutes grinçantes des histoires de Creepy ou des Contes de la Crypte. Le fait que le film soit basé sur l’ambiance ne l’a pas aidé face au public du festival, mais c’est une variation intéressante sur le thème de la maison hantée et du spiritisme à la sauce japonaise avec tout de même pas mal de séquences assez douloureuses et une introduction de gore décomplexé, plutôt rare dans ce type de récit, ce qui transforme cette pellicule quelque chose d’assez différent de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant.
dimanche 22 mars 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis tome 1 : Prisonnière - Couverture (par Horlod)
Après bien des avanies, je boucle enfin le premier tome de ce qui demeure, avec Adélaïde, une de mes plus grosses sagas à ce jour : Pornopolis. Cette histoire est née de ma volonté de composer le roman pornographique ultime.
Alors, je n’atteins sûrement pas le quart de ce que je prévoyais, mais je pense que j’ai réalisé quelque chose qui possède une certaine vision du genre, en m’inspirant d’auteurs qui l’ont travaillé dans le but de commenter notre humanité. Obsédé par l’importance du corps dans nos vies, et celui-ci étant souvent utilisé dans la fiction comme un vaisseau pour la narration, j’ai voulu le remettre au centre des préoccupations littéraires. Quoi de mieux pour cela que l’érotisme et la pornographie pour traiter de cette question ô combien intéressante, mais que notre époque pudibonde rejette avec force ?
Ce roman revient de très loin, puisqu’il a d’abord été pensé comme un scénario de BD – estimant que le genre m’offrait plus de liberté de publication potentielle – et sur les conseils de différentes personnes, il a été continuellement remanié entre 2009 et 2012, avant que cette déclinaison ne soit morte et enterrée. Je l’ai ensuite repris sous une forme littéraire, sentant dans l’histoire quelque chose qui m’attirait. De la version BD, il reste quelques pages, des recherches graphiques et au moins deux tomes achevés. Outre ce travail, j’ai aussi accompli une longue session de lectures thématiques qui s’est étalée sur une bonne décennie. Je ne prétends pas avoir la science infuse ni la vérité à ce sujet, mais disons que ces années de réflexion m’ont servi à étoffer le roman de séquences auxquelles je n’aurais pas pensé autrefois.
Tout cela pour en revenir à mes patronages qui auront chacun apporté une pièce stylistique à mon histoire. D’Alan Moore j’ai récupéré le mariage de l’ésotérisme et de la sexualité ; de J.G.Ballard et plus particulièrement la Trilogie du Béton, j'ai conservé les noces entre la technologie la plus froide et la sensualité ; du Marquis de Sade un goût pour la cruauté, mais également la question complexe de la domination (auquel j’ai adjoint les réflexions d’Étienne de la Boétie sur la servitude volontaire, les deux fonctionnant, à mon humble avis, comme un diptyque sur le même thème) et mon tour d’horizon seraient incomplets sans citer le comics Omaha the Cat Dancer de Reed Waller et Kate Worley dans lequel toutes les scènes érotiques se trouvent justifiées par l’état psychologique des personnages. Je mentionnerai aussi les œuvres sadomasochistes de Pichard sur la religion, bien qu’elles soient intervenues plus tardivement dans ma galaxie d’influences. Néanmoins, elles portent des interrogations qui hantent mon écriture, avec une approche similaire, empreinte de méchanceté et d'humour noir.
Je me suis lancé dans cette aventure sans penser une seule seconde qu’elle me prendrait autant de temps, bien que je n’ai point rédigé Pornopolis en continu. De plus, cette histoire ayant été réfléchie de manière graphique, j’ai conservé cette connivence entre le dessin et l’érotisme, après tout, celui-ci possède toujours, à mon sens, une certaine sensualité. Les couleurs, le trait, tout cela procède de quelque chose d'émoustillant, quand on y songe . La rencontre avec quelques illustrateurs de talents a donné corps à l’œuvre finale. Je ne cache cependant pas que cet aspect a ralenti la naissance du texte, puisque chaque chapitre demande le double de temps pour être achevé.
Ce qui m’amène enfin à la conclusion de tout cela : la magnifique couverture d’Horlod pour le roman. Je ne lui ai donné que deux indications : les couleurs et le thème de l’emprisonnement. Pour la palette, qui caractérise toutes les histoires à tonalité érotique, je me suis tourné vers From Beyond de Stuart Gordon, adaptation très, très libre de la nouvelle « De l’Au-delà ». Le directeur de la photographie Mac Ahlberg a décliné pour l'occasion une symphonie de magenta, rose, violet… Une esthétique qui agresse les yeux, mais qu’une partie de mon esprit a associée à une connotation sexuelle. Un virage, car même si les créatures lovecraftiennes semblent a priori éloignées de ces considérations esthétiques, elles constituent un élément clé de l’intrigue – et vous les retrouvez dans la composition d’Horlod.
Pour toutes ces raisons, je suis plus qu’heureux de vous présenter cette magnifique illustration qui conclue en beauté dix-sept ans d’écriture et de dessin…
Plus que deux autres romans à achever. J’espère mettre moins de temps !
mercredi 11 mars 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville
Nous sommes au mois de mars et alors que 2026 a bien entamé sa pente vers l’horreur, je continue mon programme de publication, parce que la fin du monde ne m’a jamais empêché d’écrire. J’avais montré précédemment la très belle couverture de Huba pour les aventures d’Ethel Arkady, voici donc celle que j’ai réalisée pour l’occasion.
Aujourd’hui, je vous présente la mise en page d’Un Dîner en Ville, un court récit des Aventures d’Ethel Arkady où une simple négociation mondaine tournera au duel psychologique mortel.
Vous noterez que la police de titre est la même que celle de la BD, ce qui relève d’une direction artistique logique puisque cette histoire se place dans la filiation directe de la saga très particulière de Pornopolis. La palette, avec les nuances de pourpre, de magenta et de violet, que j’ai imposées aux illustrateurs qui ont travaillé sur cette saga, a été pensée pour créer une forme d’homogénéité. Ce trio de couleurs symbolise le sexe et le musc et je l’ai donc exploité dans tout ce qui se rapporte de près ou de loin à l’érotisme. Je me suis beaucoup inspiré du film From Beyond de Stuart Gordon et en particulier de la photographie saturée de Mac Ahlberg qui m’a marqué au fer rouge. J’ignore si ce choix m’est personnel, ou si l’œuvre de Stuart Gordon vue durant mon adolescence, m’a tellement impressionné que j’ai associé ces couleurs à tout ce qui concerne la pulsion libidineuse, mais cela m’apparaît comme une évidence.
Pornopolis demeure une énorme parenthèse dans les Aventures d’Ethel Arkady – avec Adélaïde –, ce qui me met d’ailleurs en face d’un de mes plus gros problèmes : j’allonge la sauce quand une histoire m’emmène dans des thématiques si nombreuses qu’il ne me reste d’autre solution que de partir dans un mode exploratoire.
Heureusement, Un Dîner en Ville appartient à la catégorie des courts récits, circonscrits à un instant dans la vie de mon héroïne. Je souhaitais montrer la complicité entre Ethel Arkady et la sémillante Akemi Himiko, aussi quoi de mieux qu’une négociation mondaine, pleine de dangers invisibles, pour tester leurs liens dans les flammes de l’enfer ? Avec sa forme en huis clos, ce récit me restreint à une efficacité et à une économie de moyens qui me reposent entre deux monstres littéraires. Un second avantage à cette brièveté se trouve dans la faible durée de rédaction et de polissage, du premier jet à la publication, il ne s’écoule guère qu’un ou deux ans, là où d’autres histoires m’en demandent plus du double.
J’espère que cette histoire, riche en rebondissements, vous plaira. Elle ne s’adresse pas à des lecteurs prudes ou qui flancheront suite à des vapeurs à cause de scènes extrêmes, que ce soit dans le sexe ou l’horreur graphique – je m’en donne à cœur joie dans les deux – mais pour peu que ce soit votre came, je pense que vous vous en délecterez.
Ce genre de format me plaît d’autant plus qu’il rappelle à mon bon souvenir le temps béni de la collection Gore chez les défuntes éditions Fleuve Noir. J’assume cette glorieuse filiation avec aplomb, que ce soit dans l’humour noir, la présence de séquences bien crades et d’autres qui sentent les aisselles, le sperme et la cyprine, mais le tout avec une certaine recherche littéraire. De quoi vous mettre l’eau à la bouche avant le plat de résistance.
Quant au premier volume de Pornopolis, j’ai de bons espoirs de le sortir avant le Festival Fantastique de Bruxelles où je serai exposant, pour ceux qui souhaitent me dire bonjour…
Comme d’habitude, l’ouvrage est disponible au format papier ou Kindle, mais j’avoue que je suis un inconditionnel du format physique et il est surtout pensé pour celui-là.
dimanche 1 février 2026
Les Aventures d'Ethel Arkady : Un Dîner en Ville - Couverture
Alors que nous avons atteint la fin de l’hiver, certaines choses se dégèlent de mon côté. J’en avais déjà causé dans mes éphémérides, mais j’achève plusieurs histoires de longue haleine, dont certaines m’ont accompagné pendant des décennies. Le « Dîner en Ville » arrive à la conclusion de sa mise en page après une bataille épique avec le logiciel de la plateforme TheBookEdition ! Il ne me reste plus que quelques corrections d’ordre esthétique à opérer sur la couverture avant que celle-ci ne se trouve enfin à disposition de vos mirettes.
Les histoires longues envahissent la mémoire, se métamorphosent souvent en marathon interminable dans lequel les meilleurs d’entre les meilleurs se perdent, avoir quelques nouvelles ou des récits courts sur les côtés pour se reposer le cerveau relève de la nécessité. Cela assouplit l’esprit avant de passer à quelque chose de plus velu. Dans cette histoire je pousse la symbolique de la dévoration, sexuelle, alimentaire et psychique dans ses derniers retranchements et cela m’a donné l’occasion de jouer avec le duo Akemi Himiko et Ethel Arkady. J’espère que vous apprécierez ce roman. De mon côté, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à l’écrire, bien que son style et ses thématiques le réservent à un public plus qu’averti !
Et pour les nouveaux venus, il n’existe pas de sentier clair dans le monde d’Arkady, si vous choisissez ce « diner », vous aurez une histoire complète, cependant sachez que les autres titres s’agrègent en un univers complexe.
J’ai demandé à Huba une illustration qui reprenne les principes que j’avais déjà établis pour la BD Pornopolis, notamment dans les tons, mais aussi dans la manière qui est maintenant la mienne de penser ma charte graphique pour le corpus Arkadien, exception faite des Chroniques de Yelgor qui en sont séparées. Le sorcier qui ricane dans le quatrième de couverture ne ressemble pas à son incarnation romanesque, mais il constitue un clin d’œil dont je vous laisse, le cas échéant, trouver la référence ! En ce qui concerne Akemi Himiko, elle dérive un peu de son design original, non à cause de Huba qui s’est approprié l’univers de la féline, mais parce que je ne suis pas intervenu à temps pour solliciter des corrections.
Mon travail civil ayant pris la meilleure part de moi-même, j’avoue avoir vécu la fin de l’année dans une camisole de fatigue, j’ai nagé la brasse dans une purée de pois et du coup, mon personnage en a pâti. Néanmoins, et malgré ce problème de continuité, j’apprécie ce dessin qui exprime la teneur de l’histoire tout en accomplissant l’exploit de rester à peu près chaste en dépit du sujet, ce qui constitue un exercice d’équilibriste graphique admirable.
samedi 3 janvier 2026
Ephémérides 2025 - 2026 : Année de sortie !
On commence avec une nouvelle Ethel Arkady pour l’année 2026, de la main de Murazaki Sora, une excellente aquarelliste ! Cette version plus « présentable » me servira pour mes communications commerciales, même si je ne sais pas pourquoi Murazaki l’a doté d’une poitrine… opulente, je ne lui avais pas demandé !
Il y a des éphémérides qui plus difficiles à écrire que d’autres. Mine de rien, cela fait plus de dix ans que j’anime ce blog, parfois avec de la fatigue, parfois avec un enthousiasme renouvelé, et ce, même si le format est devenu ringard dans le monde actuel. C’est mon coin de web – dont je ne suis qu’un locataire parmi d’autre, ce dont j’ai conscience – mais cela me plaît d’envoyer des lettres en bouteille dans l’océan de données. Alors, que dire de l’année écoulée ?
Avatar de collaboration :
La fin d’une collaboration qui me tenait à cœur m’a atteint plus que je ne le pensai. Je sais que ça surprend, mais le Gernier est un animal très sentimental ! Je suis quelqu’un qui aime la coopération créative, un reste de ma période de cameraman-monteur. J’apprécie l’émulation que cela entraîne. D’aucuns avanceraient que cela flatte aussi l’ego d’un écrivain raté, ce que je comprends, et j’obtempère à cette assertion, je ne le cacherais point : je ne suis pas un hypocrite. Cependant, c’est toujours un honneur et un plaisir de trouver une personne avec laquelle cette confluence magique éclot.
De 2021 à 2025, j’ai vécu au rythme des dessins de mon complice dans le crime. Cela entrait dans une logique d’affinité : nous sommes sorti du même bain contre-culturel, à deux-trois poils de cul près. Je reste son humble débiteur pour tout ce qu’il m’a apporté que ce soit personnellement, un dessin ayant réussi à me tirer d’une profonde rechute dépressive, ou professionnellement. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, mais celle-ci s’avéra dure à encaisser. Je savais que nos chemins se sépareraient, il travaille à ses projets, moi aux miens. Cette entente entre gentlemen est née dans un contexte bien définie, mais elle l’a dépassé avec le temps. La cessation brutale de cette association m’a déprimé. Un échange aussi long laisse des traces dans la tête, l’art rapproche les esprits et donc prête le flanc à de l’attachement. Le côté contractuel « client – et – artisan » devient plus flou, les frontières avec l’amitié plus poreuse.
J’aimerais ajouter que ce questionnement ne concerne pas mes autres collaborations avec des artistes dont j’apprécie le style et qui me suivent dans mes aventures depuis un moment. Certaines sont de vieux complices comme ExpExp que je remercie pour sa fidélité ; d’autres sont des revenants dans mes univers, tel Horlod qui a déjà accompli un chouette boulot sur mes personnages et avec qui je partage un certain esprit pour la série B déjantée ; auquel s’adjoignent des nouveaux venus à l’instar de Huba qui a conçu la spectaculaire couverture pour mon prochain roman à sortir ; de K-Zlovetch qui a accepté de poursuivre ses incursions dans les histoires d’Arkady, en plus de ses propres créations que je vous invite à explorer. Tout cela est bon, mais il me reste une amertume pesante sur l’estomac, d’autant plus que le motif de cette rupture de contrat, extérieur à notre travail commun, m’a semblé disproportionné au regard de l’investissement artistique et humain dans lequel nous nous sommes engagés. « Chat échaudé craint l’eau froide » comme le dit le proverbe, et depuis lors, j’avoue avoir mis un de la distance dans mes échanges avec les illustrateurs, j’incline moins au jeu et à la confiance qui aura marqué les années précédentes.
Cela m’a aussi obligé à revoir ma stratégie, à ne plus rassembler tous mes œufs dans le même panier. Ce qui m’amène à un autre point qui a découlé du premier : sans mon ex-complice, je me suis tourné vers des personnes dont j’aimais le style. Pointilleux dans mon fonctionnement créatif, je sais ce que je cherche dans un trait, mais s’ils se trouvent de très bons dessinateurs sur le net, j’ai été trop souvent confronté à des délais très flous – ce qui n’est pas un problème, je comprends les contraintes quotidiennes, j’y suis moi-même assujetti – mais surtout à de l’absence de réponse. Le « ghosting » reste un élément de communication très frustrant. J’ai parfois attendu des mois sans aucun signe de vie, ce qui a eu pour effet de déstabiliser mon planning. Il m’est arrivé de payer deux à trois factures en même temps, autant dire que le portefeuille à manger sa race ! Donc, si vous lisez cela, et si je vous écris un jour, chers artistes : j’adore votre travail, il embellit mes jours et mes nuits, mais en cas de demande de collaboration, un « non » clair et précis sera bien plus apprécié qu’une non-réponse : je n’ai pas de temps à perdre et vous non plus. La sincérité demeure toujours l’alpha et l’oméga d’une relation saine, d’autant que je sais que mes histoires et mon style restent très particuliers, donc je ne m’offusque pas d’un refus.
Jeu de Rôle & Loisir :
Petite parenthèse un peu moins déprimante, j’ai augmenté mes heures de loisir, malgré le fait que mon boulot alimentaire se démène pour les détruire. Je me perfectionne donc en tant que maître de jeu. Cela m’amuse beaucoup et m’a amené à explorer de nouveaux territoires dans mes créations, le jeu de rôle ayant cette qualité de l’improvisation immédiate, j’exploite des périodes qui n’apparaissent pas dans mes romans. Une de mes joueuses, qui a déjà démontré son talent dans les Chroniques de Yelgor, Nero, s’est fendue de deux portraits : son personnage – une espèce que nous avons construite pour l’occasion – et son antagoniste. Un geste qui m’a touché et que je partage ici. Quand je disais que l’art possédait une sorte de magie sur l’âme, je ne plaisantais pas.
Écriture :
Ce qui me donne une passerelle toute trouvée pour discourir de littérature et de ce que j’ai accompli cette année : 2026 verra peut-être une la sortie d’histoires en court depuis longtemps.
- Pornopolis : Prisonnière : le premier tome de ma trilogie de « PornoFantasy », appellation bancale faute de meilleurs termes pour la caractériser, se rapproche de la fin. Je terminerai ce premier tome dans le courant février. Il ne me restera plus qu’une couverture et je pense que je lancerai enfin sur les ondes ! Ce sera un petit événement pour moi, puisque j’ai commencé ce récit… en 2009 ! Il aura connu plusieurs versions, dont au moins deux scénarios sous forme de BD, avant d’être transformé en roman !
- Un Dîner en Ville : ce court roman, qui s’insère entre le premier et le deuxième tome de Pornopolis, sortira dans les mois qui viennent. Comme d’habitude, il reste lisible séparément, mais il me permet de jouer un peu avec le thème de la nourriture et du sexe tout en liant cela avec un peu de sadomasochisme puisque j’explore la relation sulfureuse entre Arkady et la sémillante Himiko.
- 100 Cercueils : mon récit pour adolescents, avec Arkady, approche de la fin pour le premier tome. À la base je n’avais prévu qu’un seul roman, mais je suis maudit au niveau de la longueur de mes histoires ! Je me suis retrouvé avec un volume qui atteint déjà les 500 pages, en cause la description du microcosme dans lequel se déroule les événements, ce qui semblerait superfétatoire, mais essayez de retirer les plans d’ensemble d’un film d’action et vous verrez que les scènes deviendront incompréhensibles. J’espère caser la suite et la fin de cette aventure en un seul tome…
- La Chauve-Souris d’Or : je l’ai allongé un chouïa, parce que la relation entre Ethel Arkady et Gertrude Bell m’appelait. Je réagis parfois à l’appel de mes personnages, ils ont presque une seconde vie dans ma tête et je ne deviens que leur humble scribe. Cette histoire me permet aussi de réaliser un récit pulp à la « Indiana Jones » à travers l’association improbable entre ces deux personnages que tout sépare. Poursuites endiablées dans le sable d’Irak, anciennes cités antiques englouties, réminiscences lovecraftiennes et duels dantesques seront chapeautés par un antagoniste retors et qui constitue mon hommage à ma chère Tom Larret !
- Les Errantes : Dans le cadre des « Chroniques de Yelgor » j’ai enfin trouvé mes « prêtresses d’Ejulie », la déesse de l’amour de ce monde, et en tirant les fils de ma pensée, j’ai réussi à créer quelque chose qui me tenait à cœur depuis des années, quand ce n’est pas une deux décennies : un culte complexe relevant d’une spiritualité immanente et anarchiste. Elles me passionnent et j’ai prévu au moins trois histoires à leurs sujets, ainsi qu’un jeu de rôle, parce que la structure s’y prêtait bien.
- En parlant des « Chroniques de Yelgor » : comme je suis sortie du huis clos, je me suis retrouvée devant un problème de taille : tout un univers à forger pour suivre la fuite de mon groupe de survivants – dont les fameuses Errantes constituent une pièce importante – et il en est résulté un second tome très, très long. Trop long ! Je l’ai coupé en deux. Donc, le tome 2 : la Nuit de l’Exode est achevé et le tome 3 : La Nuit du Fer-Vivant, arrive à sa version finale du premier jet. Il ne me restera plus que les dessins à fournir pour le troisième et cinq chapitres à illustrer pour le deuxième. Peaufiner tout cela me demandera encore de la sueur, de l’angoisse, de l’argent et de la patience, mais je m’approche du but, et cela me rassérène un peu.
- Trois Sculptures : Une expérimentation qui était appelée à disparaître dans les limbes de mes disques durs, mais voilà, la vie trouve toujours un chemin. Écrite après un voyage très éprouvant, elle mélange des obsessions morbides en même temps qu’une réflexion sur l’identité, ce qui constitue notre centre et comment celui-ci peut-être altéré par le corps. Hommage à Sade et à J.G.Ballard période Trilogie du Béton, c’est un de mes récits les plus sombre et cruel – c’est dire – toutefois empreint de moquerie et d’humour très, très, très noir !
- Apprivoiser une Louve : Une autre histoire que je n’avais pas prévu de rédiger, qui dérive d’une partie de jeu de rôle, mais voilà, je suis tombé amoureux du personnage que j’ai construit et comme d’habitude, je n’ai pas résisté à l’envie de lui donner une voix. À la base, je souhaitais m’exercer à un genre que je n’ai jamais exploré : la romance ! Mais chassez le naturel… Si le premier quart du roman reste bon enfant, la seconde met le cap vers l’horreur pure et dure avec une séquence de torture dans laquelle je règle mes comptes avec le mot « bienveillant » qui me sort par les narines !
Donc, voilà pour ces éphémérides ! Finalement, l’ensemble donne une sensation positive quand on regarde dans le rétroviseur, mais quelle année de douleurs en tout genre. Politiquement, j’ai déposé les armes depuis longtemps, l’actualité se transforme en une version gonzo de l’émission Groland et il devient difficile de découvrir une pépite intelligente dans la connerie qui nous entoure. Mais je m’accrocherai à l’art, c’est la seule bouée qui me reste.
Une bonne année à tous,
À bientôt !
dimanche 14 décembre 2025
Les Chroniques de Yelgor : L'Homme d'Acier ! (by ExpExp) & OMB N°4
Nous voici en décembre et avec lui le spectre de la fin d’année et les bilans douloureux, mais ce n’est pas pour cela que je vous abandonne ! J’ai encore quelques munitions dans ma musette, même si je l’avoue l’année s’avéra très éprouvante, mais nous traiterons de cela dans les éphémérides.
En attendant ma dissertation sur la construction du monde de Yelgor, ce que je n’ai pas le loisir d’accomplir pour le moment étant donné que mon boulot alimentaire est entré dans une phase dite de « stupide frénésie pré-Noël », je vous présente une nouvelle illustration d’ExpExp, un de mes plus vieux complices. Étant donné son style très particulier, je lui confie les chapitres qui s’accordent le plus à son tempérament. Il décline souvent un même thème graphique selon plusieurs configurations, et je vous les partage toutes, parce que, hey ! C’est Nowel, putain !
Dans ce chapitre, j’entérine de manière définitive que mes Chroniques de Yelgor quitte les terres de la fantasy pure pour un mélange bâtard qui mêle plusieurs genres, dont la Science-Fiction avec la présence de cet antagoniste qui renvoie à un certain super-héros dont j’avais trééééés envie de me moquer !
Ce qui m’amène à une autre considération : en cette période où on s’embrasse en proférant plein de promesses qu’on ne tiendra jamais, sachez que j’ai été publié dans un fanzine dirigé par le même ExpExp qui mène un équipage d’artistes aussi cinglés que moi-même : OMB n° 4 ! Vous pourrez ainsi suivre un de mes rares BDs autour du personnage d’Ethel Arkady dans sa version années 20 et des merveilles par milliers vous attendent ! Sous le sapin, ce sera trop la classe !
dimanche 9 novembre 2025
Dessin du Dimanche : Un Mariage bien Tempéré (03) :Shangir Althea et Bardolphe de Savigniac
Ouvrons le mois de novembre avec la suite et la fin de mon triptyque d’illustrations pour le scénario de jeu de rôle « Un Mariage bien Tempéré ». J’espère cette image retranscrit l'énergie d'une des parties mémorables que j'ai menées. Je me suis bien amusé à représenter cet affrontement qui est resté gravé dans mes souvenirs.
En parlant des Chroniques de Yelgor, j’ai achevé le deuxième volume après un bon moment à l’écrire. Je pense qu’il me manque l’une ou l’autre illustration et quelques relectures, mais peut-être que j’arriverai à le proposer en sortie courant 2026-2027. Les illustrations ralentissent bien sûr le processus, mais ce récit perdrait de sa spécificité si je les supprimais ! En cours de rédaction, je me suis rendu compte avec horreur que mon envie de décloisonner cet univers en gestation m’a amené à multiplier autant les personnages que les décors divers et variés, et avec cela un brûlant désir de les explorer. Du coup, le second roman a dépassé mes prévisions et me voilà avec entre les mains une presque trilogie bientôt achevée. Cela ne clôturera même pas les aventures d’Allytah et de ses comparses, puisque je ne suis toujours pas arrivé au bout du premier arc, mais je m’amuse comme un petit fou avec le monde de Yelgor. Cette aventure, entamée dans le cadre d'un pari de rédaction rapide s’est transformé malgré moi en une véritable mine d’or.
La comparaison avec un filon aurifère n’est pas dénuée de justesses, j’ai établi la mystique des prêtresses d’Ejulie en deux jours de fièvre. Cet Ordre principalement féminin (mais pas que…) arpentait déjà çà et là les terres de Yelgor, mais jusqu’à maintenant, à part le fait qu’il comportait en son sein de redoutables guerrières, j’ignorais beaucoup de choses à leur propos. Il s’est concrétisé devant mes yeux en moins d’une semaine, et j’ai été pris d’une fièvre créatrice assez épuisante. C’était comme si l’une d’elles m’avait narré tous ses secrets avant de décéder. J’ai compris, leur fonctionnement, me retrouvant en possession d’une des premières religions immanente et matérialiste de la fantasy. Enfin, je crois…
Allytah a autrefois tué l’une d’entre elles, usurpant sa place dans le quatuor, mais des circonstances de tout cela, je ne savais rien. C’est désormais réglé, mais à côté de cela, un nouvel embranchement d’histoires concernant ces prêtresses, que j’ai renommées « Les Errantes », est apparu. Elles m’ont fasciné et j’ai la sensation d’être tombé dans le terrier du lapin blanc en les découvrant. Je sais déjà que pour deux de ces histoires j’ai assez de matière pour deux romans de taille modeste. J’ai commencé en urgence la rédaction de l’un d’eux en même temps que de la suite des Chroniques tant celui-ci me brûlait les doigts, ce qui met un peu à genoux mes articulations !
Je reviendrai sur Les Errantes et leur conception afin de discourir sur ma manière de penser la « création de monde » (ou Worldbuilding, mais je n’aime pas ce mot), un de ces domaines des littératures de l’imaginaire qui me paraît souvent assez mal compris et source de beaucoup trop d’épuisements artistiques ! Errantes qui forment d’ailleurs un groupe idéal pour le jeu de rôle, puisque chacune d’entre elles possède une spécialisation bien particulière... Et je lancerai une campagne les concernant, malgré le fait que je sois bien en peine pour trouver un système qui convienne à ce concept très particulier…
Sur ce, je retourne en leur compagnie sur la route sans fin !
jeudi 16 octobre 2025
Les Chroniques de Yelgor : Allytah & Eldridge
Malgré les calamités qui s’abattent sur mes épaules comme la misère sur le bas peuple, je ne renoncerai jamais à l’art ! Heureusement, certain jour, de bonnes nouvelles tombent, quoique l’impact de celles-ci s’avère d’une importance toute relative pour le commun des mortels, mais pour votre serviteur, elles revêtent la forme d’un émerveillement qui l’extirpe de la boue d’un labeur de plus en plus frustrant et vide de sens. Ainsi cette nouvelle illustration vous emmènera tout comme moi dans le Royaume de Yelgor pour la suite des aventures d’Allytah et de ses amies !
C’est l’artiste Huba, qui a officié sur le Dîner en Ville, qui s’est chargée de sa composition, et j’en suis très content ! Il reviendra pour d’autres histoires, étant donné que cette collaboration s’annonce fructueuse. Il s’est bien emparé du personnage pour cette image glaciale dans laquelle notre Noctule explose dans une colère homérique contre le chevalier Eldridge qui n’en demandait pas tant. J’apprécie sa reprise, d’autant qu’Allytah s’est déjà bien cristallisée : il a donc dû trouver l’équilibre entre sa propre vision et l’esprit du personnage, ce qui demeure un exercice mental loin d’être évident en plus d’une certaine humilité. Malgré cela il a su lui insuffler autant de puissance que de féminité à fleur de peau.
J’aime toujours autant me perdre dans cet univers, lequel se détache peu à peu de la fantasy « pure et dure » pour voguer sur le territoire de la science-fantasy apocalyptique et crade, tout en conservant des rogatons de gore. On ne se refait pas ! Une soupe bien épicée et étrange qui me correspond, bien que je vous confesse être bloqué devant un dilemme : le récit principal s’étend sur plus de 600p. au format « livre de poche » et je m’aperçois que je ne suis pas encore arrivé à la moitié du second tome. Là où le premier était sec et sans fioriture, étant donné qu’il a été conçu dans un cadre performatif et que donc mes choix esthétiques ont découlé ces conditions, imposant presque l’emploi d’un huis clos, cette suite se mue en une envie d’exploration tous azimuts, hantée par une multitude de personnages, or, en termes de romans plus tentaculaires que le grand Cthulhu lui-même, j’avoue que je sature un peu.
Du coup, j’aimerais le couper, mais voilà, où placer la césure ? Les deux temporalités sont liées de façon inextricable (Allytah explique comment elle a perdu son bras dans un duel contre sa sœur pendant son exode hivernal) et je n’ai pas atteint de climax dramatique qui me permet de trancher dans cette abondante matière avec élégance. Ou alors, je sépare les deux histoires, mais cela perturbe l’équilibre des deux récits enchâssés (une autre de mes marottes), puisque le premier (le présent) est narré de manière omnisciente tandis que le second est raconté par Allytah elle-même. Le fait que ce soit la conteuse de ses aventures justifiait l’emploi de la première personne – puisque c’est sa sensibilité et subjectivité qui mène le tempo –, mais sans son intervention ce choix s’avère moins pertinent et m’obligerait à tout réécrire.
Qu’est-ce que vous préféreriez, vous ? Que je coupe au hasard, après un nombre de pages définies arbitrairement par une IA dépressive, ou que je vous abandonne sur un cliffhanger putassier digne de J.J.Abrams ? À moins que je ne vous laisse après un climax cathartique (ce qui demandera plus de pages, mais vous êtes venu là pour souffrir, non?) ?
mercredi 8 octobre 2025
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis : Himiko & Arkady
Après quelques semaines d’attente, voici venir une seconde illustration d’Horlod pour Pornopolis ! Et j’en suis ravi, même si ma pauvre Arkady se retrouve dans une situation pour le moins préoccupante. Le dessinateur s’est pour l’occasion approprié la fameuse Akemi Himiko, grande ordonnatrice des supplices de l’institution éponyme et par ailleurs une redoutable séductrice ensorcelant quiconque l’approche. J’aime beaucoup cette version, en particulier ses gants très particuliers qui serviront au rituel en court. Je lui confierais encore le personnage pour de nouvelles zaventures !
J’en avais déjà causé en ces lieux, mais j’adore Akemi Himiko et elle se pose souvent en une vénéneuse friponne pour Arkady, à un tel point que je les ai mises en duo dans un Dîner en Ville, court roman que je compte sortir pour début 2026.
D’ailleurs, comme j’apprécie son style, je poste aussi une des recherches dans laquelle nos deux protagonistes se jaugent, même si notre féline préférée n’a pas le dessus dans l’affaire… À moins que tout cela ne soit qu’illusion ? Vous le saurez dans la seconde partie de Pornopolis ! Cependant, celle-ci me demandera encore pas mal de travail. J’espère déjà achever le premier volume dans le courant 2026, donc le second requerra quelques années de lutte avant d’atteindre la ligne d’arrivée éditoriale.
Ces dessins soulèvent un pan du voile opaque qui entoure l’intrigue en cours de création et témoignent de mon avancement, même si la réalité et mon ingrat boulot alimentaire sont bien décidés à me pourrir l’existence. Mais je ne lâcherai pas la barre de mon navire ivre et je souhaite que ces saynètes vous donnent envie de rejoindre mon univers déglingué ! Certes, il ne conviendra pas aux estomacs fragiles, mais il possède ses noirs merveilles que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
L’image complète demeurant quelque peu tendancieuse (euphémisme), je n’ai propose que des morceaux ici, mais vous la découvrirez sur le second blog consacré aux travaux un peu plus salés !
lundi 8 septembre 2025
Les Aventures d'Ethel Arkady : Pornopolis : L'Invocation
J’aime les dessins très typés, et cela vaut autant pour des illustrations qui se rapprochent d’une forme de « réalisme » – avec tous les guillemets nécessaires à cette appellation non contrôlée – que pour des graphismes plus radicaux, comme l’esthétique punk de mon vieux complice ExpExp. Cependant, son style requiert une séquence qui corresponde à sa personnalité artistique. Je lui ai donc confié un chapitre assez particulier de la deuxième partie de Pornopolis, dans lequel la sexualité ne joue qu’un rôle mineur.
Dans ce passage, nous entrons dans un moment charnière de l’histoire : notre chère Ethel Arkady sort de son enveloppe corporelle et explore sous la forme d’une projection astrale les secrets qui se cachent sous les entrailles de Pornopolis. Elle y découvre tout un monde abyssal grouillant de créatures qui ne ressemblent à aucune forme de vie connue dans notre « réalité physique ». Cette séquence cite de manière très explicite Lovecraft – qui reste une des grosses influences littéraires chez moi, et dont le poids thématique imprègne une large partie du fantastique contemporain, mais peut-être pas dans le sens où l’entendent beaucoup d’exégètes de l’auteur.
En effet, je trouve que l’on réduit un peu trop souvent Lovecraft à un ensemble de « tentacules, grimoires maléfiques, et racisme décomplexé ». Or, la plupart du temps, il est plutôt question de la peur devant l’inconnu, mais surtout de ce qui arrive à notre esprit limité lorsque nous comprenons la vastitude de l’univers et de son extrême indifférence à notre destin, un credo qui accomplit par la même le plus beau doigt d’honneur à l’humanisme, lequel prétend au contraire mesurer la réalité à l’aune de notre anthropocentrisme. Bien sûr, il existe d’autres thématiques au sein de son œuvre, mais je ne reviendrai pas sur celle-ci dans cet article. Si vous ne l’avez jamais abordé, je vous invite à explorer cette œuvre singulière[1].
Mais je ne suis pas là pour établir une exégèse lovecraftienne, bien d’autres s’y sont attelés, avec bien plus de talent… [2] Comme exemple, je prendrais en exemple deux longues novellas qui m’ont marqué : Les Montagnes Hallucinées & Dans l’Abîme du Temps. Dans ces histoires cohabitent tout autant l’horreur et la fascination que Lovecraft éprouve pour une altérité non anthropomorphique. Car ni les Anciens, ni les membres de la Grande Race de Yith ne sont vus comme des entités maléfiques. L’auteur décrit leurs sociétés complexes avec une gourmandise sincère et surtout, un talent rarement atteint dans ce genre d’exercice, esquivant tous les pièges tendus par une logique anthropocentriste instinctive. Et pour moi, ces deux récits marquent une forme de jalon dans le corpus Lovecraftien. Bien sûr, on retrouve la peur de l’inconnu, et surtout celle du temps qui traverse toute son œuvre, mais aussi une recherche littéraire qui poussera dans ses derniers retranchements l’art de la description. C’est une chose de peindre l’humanité, c’en est une autre, très complexe, de représenter au mieux des êtres sortant complètement de notre appréhension sans y poser aucun jugement superfétatoire. Un paradoxe, quand on y songe, pour un auteur qui adoptait les opinions les plus réactionnaires de son époque.
Bon, mais où cette diatribe se dirige-t-elle ? J’y viens ! Je pense que de mon goût de l’horreur, du fantastique et de la fantasy, découle le fait que – en dehors de leurs aspects les plus servilement commerciaux – ces genres sont les plus à même d’explorer la radicalité sous toutes ses formes. Cependant, il ne faut pas confondre la radicalité avec quelque chose de violent ou de sexuel [3], non ! La radicalité, de manière étymologique constitue un retour à la racine, à l’essentiel. Or dans cette séquence, j’offre à Arkady un voyage vers les abysses, dans une chute sans fin vers le fond des océans, sans autre objet que cette rencontre avec une forme de vie incompréhensible pour elle. Je célèbre ainsi un écrivain auquel je dois un de mes plus puissants chocs artistiques. En retournant aux origines de son imaginaire et en l’interprétant de manière un peu oblique par rapport à tout ce qui a été déjà produit. Je me suis beaucoup amusé lors de la rédaction de cette plongée et elle répond à un autre chapitre qui se trouvera dans la Chauve-Souris d’Or, une aventure d’Arkady dont je causerai un de ces jours…
ExpExp s’est déchaîné sur cette illustration en réalisant un tableau ahurissant, presque abstrait, mais pourtant plein de la folie que je voulais incorporer à mon texte. Comme à son habitude, il a produit moult variations sur le même canevas que je vous propose ici !
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[1] - Ainsi que celle de ses confrères qui lui ont emboîté le pas comme Robert E. Howard, Fritz Leiber, Frank Belknap Long, Robert Bloch et d’autres encore… Lovecraft a partagé sa création avec une foultitude d’auteurs de cette époque. En revanche, sauf si un désir de complétude vous y exhorte, les continuations du corpus lovecraftien par August Derleth s’avèrent aussi dispensables que problématiques pour la compréhension de celle-ci. De fait, si Derleth a réussi à sortir Lovecraft de l’anonymat en fondant une maison d’édition à sa gloire, il a commis des nouvelles et quelques romans en utilisant son univers pour l’ordonner dans le sens dans lequel il l’entendait, c’est-à-dire une stupide lutte du bien contre le mal. Catholique convaincu, Derleth avait une lecture biaisée de Lovecraft et même si on lui doit quelques bonnes histoires, la culture populaire a saisi le fameux « Mythe de Cthulhu » par cette ornière erronée !
[2] - Les éditions ActuSF ont enfin traduit la biographie de H.P.Lovecraft « Je suis Providence », une énorme masse d’informations tentaculaire de 2 400 pages qui vaut le déplacement pour les admirateurs les plus acharnés de l’écrivain. Cet ouvrage corrige d’ailleurs certaines approximations et contre-vérités sur le personnage qui continuent de circuler sur le web.
[4] - Bien que je plaide coupable dans le cas de Pornopolis !























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