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    samedi 5 avril 2025

    Les Contes de Yelgor : La Nuit de la Poussière !

    Après quelques temps sans poster, voici que de nouvelles histoires qui sortent enfin des méandres de mon disque dur après quelques mois d’attente.

    J’ai rédigé cette nouvelle dans le cadre d’un Appel à Texte qui s’avéra négatif. Un mal pour un bien, puisque je n’avais pas prévu de me pencher sur l’univers de Yelgor, mais celui-ci constitue un excellent palliatif pour les Aventures d’Ethel Arkady, lesquelles restent exigeantes tant au niveau de la continuité que de la crédibilité… C’est donc avec un certain plaisir que j’explore à nouveau le monde de Yelgor…

    Dans la foulée de cette nouvelle, j’ai conçu deux autres histoires qui s’attacheront aux pas de la jeune Allytah et de Jôkanès laquelle, après avoir perdu son protecteur (v. le récit inaugurant « La Nuit de l’Auberge Sanglante »), retrouve sa condition d'esclave, ce qui ne l’enchante guère. Elle suppliera Allytah de devenir sa disciple, puisque la noctule reste une escrimeuse hors pair malgré son bras manquant.

    J’ai aimé fouiller les interactions de ce duo dissemblable, aussi étrange que touchant. Je compte bien explorer la suite de leurs amitié contrariée dans les deux autres histoires… En attendant la sortie du deuxième volet des Chroniques de Yelgor, voici un moyen agréable de maintenir vivant cet univers que j’affectionne vivant… 

    MakuZoku s'est occupée de l’illustration et que puis-je dire sinon qu’il m’a gâté pour l’occasion avec cette image qui caractérise bien les deux personnages : la solaire Jôkanès occupe une place de choix dans la composition et Allytah, située en arrière-plan, est devenue l’ombre métaphorique de Jôkanès, une possible projection de son avenir... Enfin, soulignons la présence de la troisième star de cette histoire, le fameux sabre vivant de la noctule…

    Je suis très heureux de vous présenter ce dessin ! La couverture sera en noir, blanc et rouge, selon un code que j’ai établi pour les nouvelles, mais j’ai aussi demandé une version couleur à MakuZoku, lequel s’est empressé de satisfaire cette foucade avec maestria. Il en a aussi profité pour réaliser plusieurs versions que je vous propose ici.

    Laquelle préférez-vous ?

    Version Originale
     
    Version "bronzage" !

    J'utiliserais probablement cette version pour la couverture !

    Version "Regard qui tue" d'Allytah !

    mercredi 1 janvier 2025

    Ephéméride 2024-2025

    Cela fait un moment que je n’ai plus réalisé d’éphéméride pour la nouvelle année, mais j’ai éprouvé le besoin de jeter un coup d’œil dans le passé de ce blog pour en tirer quelques conclusions avant de démarrer l’année 2025, laquelle, les personnes qui possèdent une once de jugeote n’en doutent pas une seconde, sera encore pire que 2024, car chaque année, c’est connu : tout augmente ! C’est une loi universelle, gravée dans le marbre de l’éternité (si tant est qu’une telle chose existe !).


    Cet article sera subjectif, grinçant, et foutraque ! Vous êtes prévenu.

    D’abord, je noterai en préambule que ce blog a plus de dix ans, et qu’il est resté mon espace de communication préféré avec le vaste monde, bien plus que les autres moyens apparus depuis, ce qui me classe, je l’imagine sans peine, dans la catégorie des « Boomers », quoique je n’appartienne en aucune manière à cette génération. Ni Fesse-de-Bouc et son abominable interface, ni ex-Twitter ce nids à trépanés du cerveau pour qui 140 caractères représentent le summum de la lecture philosophique et encore moins les suivant, comme ce cancer cérébral de TikTok, ne m’ont convaincu. J’use bien d’Instagram, mais j’avoue qu’il s’agit d’un pis-allée, d’autant plus que cette plate-forme se désertifie. Quant à ma page Deviant-Art, elle demeure en état de coma depuis un bon moment déjà, étant donné que je n’ai plus dessiné depuis… Trop longtemps pour mon propre bien-être mental.

    Depuis que j’ai abandonné critiques et autres analyses filmiques, la fréquentation du blog a drastiquement chuté, comme je m’y attendais. La critique offre un certain confort pour le lecteur qui se sent en connivence graveleuse avec celui qui émet une opinion sur un objet culturel plus ou moins connu. Cette forme de complaisance me plaisait de moins en moins et cet exercice me gâchait ce que je lisais ou ce que je voyais, puisque le processus d’assimilation de l’œuvre était destiné à nourrir les articles en retour. Cependant, l’écriture de ces articles ne s’est pas avérée inutile, au contraire, s’interroger sur nos goûts, sur ce qui les articulent et comment cela s’emboîte reste une démarche intéressante et riche d’enseignements quant elle est accomplie avec honnêteté, mais d’une part, je n’arrivais juste plus à suivre le rythme des sorties, d’autre part, je trouvai de plus en plus pénible de n’avoir pour visites que des personnes venues là pour le ricanement. Même sur d’autres sites, cette expression de sarcasme pédante, un peu vaine, m’est passée comme un rot acide en bouche. Malgré tout, il est à noter qu’à ce jour, mon article sur l’adaptation ratée de Gunnm de Robert Rodriguez attire toujours des lecteurs, mais peu d’entre eux explorent le monde autour de ce court texte, lequel ne mérite pas autant de reconnaissance tant je l'ai torché en vitesse entre deux portes.

    À travers ces lectures critiques, j’avoue que j’ai éprouvé un dégoût de plus en plus lancinant vis-à-vis de ce que l’on me proposait. Tant et tant de récits actuels ne possèdent plus l’étoffe de ce qui sortait dans les années 80-90. J’orbite peut-être autour d'une idée de vieux con – et pourquoi pas, j’assume, j'en ai l’âge – mais il me semble que la créativité de manière globale – avec toutes les exceptions qui sont à inclure là-dedans – a subi une nette baisse de qualité au mitan des années 2000. Pourtant, pour le « moi-d’autrefois » trouvait dans cette boue une sujet bien gras à exploiter, mais voilà, avec mes récits en préparation, et l’existence qui s’en est mêlée, je l’ai définitivement accompli le tour de la question.

    Enfin, il y a un second élément dans l’équation : entre mon déménagement et les innombrables problèmes liés non seulement à mon logement, mais aussi à mon travail, j’ai éprouvé plus d'une fois les limites du surmenage, ce qui m’a obligé à me recentrer sur mes textes et la publication de ceux-ci.

    Ce qui m’amène à l’essentiel :
    Entre la collaboration fructueuse avec MakuZoku, ExpExp et plus récemment de K-Zlovetch ou WingedAyalis, je suis très content de la palette de style présente sur ce blog.

    Tout cela est bien beau, mais une personne un tantinet curieuse me demanderait pourquoi est-ce que je m'obstine à m’associer avec des illustrateurs alors que j’écris ?

    Les trois quarts de mon activité artistique se réalisent à « porte close », c’est-à-dire que je ne montre pas de texte en cours d'avancement, car je les juge illisibles. Ce qui me prive de matière pour entretenir ce lieu qui est censé être une vitrine de mes travaux. Du coup, le recourt à des illustrateurs de talents m’a paru comme une solution judicieuses pour lever le voile sur une partie de ces univers sur lesquels je passe – mine de rien – une heure à une heure et demie par jour, tous les jours, depuis plus de quinze ans maintenant.

    En parlant de cela, je suis aussi content de la collaboration que j’ai débuté avec l’écrivain Tom Larret qui m’a permis de rédiger une courte nouvelle à quatre mains, processus dont je raffole puisque je l’ai déjà expérimenté avec Steve Martin sur l’Œil & la Griffe. J’espère renouveler ce genre de « bœufs » littéraire, tant cela procure un effet galvanisant sur la création.

    Au final, je suis assez satisfait de l’orientation de cet endroit, même si l’hémorragie de lecteurs se poursuit de manière inexorable. Je pense que cela ne s’arrêtera pas : la guerre de l’attention entre les différents médias est devenue féroce, et je ne posséderai jamais la machinerie capable de rivaliser avec des groupes et des personnes bien plus équipés dans le domaine que je ne le serais jamais.

    Maintenant, un petit résumé de ma production de 2023-2024 : 

    2023 a été une drôle d’année : j’ai sorti deux titres, mais l’un d’eux, les Céruléens, restera encore bloqué dans les limbes pour longtemps, je le crains. Le sujet en est tellement polémique que je ne l’exposerai pas sur la place publique. C’est pourtant dommage, car j’aimais bien la manière dont j’avais agencé le récit, et la dynamique entre Ethel Arkady et son alter ego « divine », la cruelle et colérique Sekhmet.

    Mais je me suis rattrapé avec Pornopolis : Akemi Himiko, un mini-comics qui narre la première rencontre entre Ethel Arkady et Akemi Himiko, une antagoniste que j’apprécie énormément, et qui reviendra, n’en doutez point, dans d’autres histoires, notamment Un Dîner en Ville.

    J’en ai parlé en long, en large, et en travers, mais ma meilleure sortie date de la fin d’année 2024 : Adélaïde : livre premier : les journal d’Herbert Engellmann couronne près de 10 ans de travaux sur un monstre littéraire dans lequel je me suis lancé à corps perdu. Quoique n’ayant pas Ethel Arkady comme protagoniste, il se déroule dans son univers, et l’explore un peu plus en profondeur, le tout sur fond de guerre civile. C’est une histoire ambitieuse, dont je suis assez fière, en particulier de l’avoir amené à un premier tome fini.

    En parlant de cela, je vais lister ici les différents textes sur lesquels j'avance, pour vous donner un aperçu de ma production pour l’année à venir :

    – Adélaïde : second livre : le Récit de Ned Flaherty.
    Après avoir collé aux basques d’Herbert Engellmann, ce récit s’accroche à celles de son détective privé, Ned Flaherty, lequel est nanti d’un bras gauche artificiel conçu par le même Engellmann, ce qui facilitera son enquête en eaux troubles, entre vampires, faëries et rumeurs d’assassinat présidentiel. Une histoire qui renvoie autant au Steampunk qu’au polar hard-boiled avec quelques femmes fatales comme la « Chasseresse Pourpre » avec laquelle Ned sera obligé de s’allier, contre son gré, bien entendu !

    – La Chauve-Souris d’Or :
    En 1921, on retrouve Ethel Arkady sur le paquebot de luxe SS Diamant, en compagne de l’archéologue Gertrude Bell, laquelle a exhumé un artefact remontant à une période préhumaine : une « chauve-souris d’or » qui attirera la convoitise du sorcier Aleister Crowley. Un récit qui plonge avec délice dans le « pulp » et dont j’ai enfin achevé le premier jet. J’aime bien cette histoire, quoiqu’elle présente un aspect assez foutraque, mais elle se clôt sur une de mes meilleures scènes d’action dans laquelle Arkady affronte une abomination lovecraftienne, le tout sur fond de tempête apocalyptique.

    – 100 Cercueils partie 1 :
    Celui-là, je pense que je le découperai en trois parties. En 1847, en Arizona, Ethel Arkady alors âgée de 12 ans, se retrouve prisonnière de l’orphelinarium de « la Veuve Noire » après avoir perdu ses parents pendant la bataille de Monterrey. Cette institution, gérée par les vampires, produit, au terme d’une sélection drastique, des sujets capables de devenir des « goules ». Apprentissage du combat, des poisons, mais aussi culturel, rien n’est épargné aux têtes blondes. On y suivra donc les déboires d’Arkady – qui n’a même pas encore gagné son nom – pour s’évader de cet enfer terrestre. Alors, ici, j’avais envie de me confronter à un style que j’avoue ne pas trop porter dans mon cœur : la « Young Littérature ».

    – Pornopolis 1 & 2 :
    Retour dans nos années 2000 et des brouettes, pour l’aventure la plus « cul » d’Ethel Arkady qui aura commis l’erreur de se confier au mauvais amant, ce qui l’enverra tout droit entre les bras d’Akemi Himiko, un de ses plus redoutables adversaires. Je peaufine ce récit depuis longtemps, au point que j’en ai déjà scribouillé plus de quatre versions sans être satisfait. Cette fois, c’est la bonne et j’espère sortir le premier tome, illustré, courant 2025 ! Le deuxième est en cours de rédaction, et il promet d’être aussi complexe en termes d’inflorescences descriptives.

    – Un Dîner en Ville :
    Alors… pressenti comme la nouvelle annuelle s’intercalant entre Pornopolis 2 & 3 pour creuser un peu plus la relation entre Ethel Arkady & Akemi Himiko auxquels je souhaitais offrir une aventure en duo, ce texte a grossi jusqu’à atteindre les dimensions d’un court roman dont j’ai achevé le premier jet. Néanmoins, je suis assez satisfait de celui-ci, même si la fin m’a surpris moi-même. Se situant dans le cadre de Pornopolis, cette histoire possède une évidente charge érotique !

    – Les Chroniques de Yelgor : chant deuxième : la Nuit du Fer-Vivant :
    Après le premier tome, je me suis vraiment lancé dans une saga de « fantasy » complète, avec une véritable odyssée pour nos personnages qui ont toujours les adorateurs de Sol aux fesses. Comme si cela ne suffisait pas, j’ai rallongé la sauce en narrant les aventures de jeunesse d’Allytah Nédérada, notamment le chapitre de sa vie où elle perd son bras droit, ce qui a un tantinet agrandi le récit à un tel point que je me demande si je ne séparerai pas ce roman en deux. À ma décharge, la carte de Yelgor m’offre pléthore de possibilités, et l’extension de l’histoire vers l’extérieure (le premier tome demeurait un quasi hui-clos) me permet d’explorer ce monde très particulier, et comme j’apprécie le fait de me surprendre, je le peuple de tout un tas de créatures exotiques plus ou moins fréquentables.

    J’en resterai là pour ces éphémérides !

    En vous souhaitant chance et bonne santé pour l’avenir.

    dimanche 19 septembre 2021

    Les Aventure d'Ethel Arkady : Un Manteau d'Ecarlate sur une Neige Immaculée.

    Comme la publication de L’Œil & la Griffe demandera encore un certain temps – dû au fonctionnement en binôme qui ajoute un temps de latence variables pour les ultimes corrections –, j’ai achevé pendant ces vacances par l’édition numérique d’une nouvelle qui s'ajoutera sans problème au cycle.Pour l'occasion, j'ai même ressorti mes pinceaux de la poussière pour créer la couverture...

    Pour ce post de blog, je vous propose de lever le voile sur la manière dont je fonctionne au niveau de l’écriture. D’autant que cette nouvelle est un peu particulière, puisqu’il s’agissait à la base d’une commande pour compléter le sommaire d’une anthologie...

     Pitch :  

    Hiver 1875.
    Sur la piste d’Ethel Arkady, La Comtesse et ses compagnons chasseurs de prime échouent dans la petite bourgade de « Skinfolk Town ». Harassés par une interminable traque, les pistoleros interrogent les locaux dans l'espoir de mettre la main sur la hors-la-loi aveugle… et il semblerait que celle-ci ait établie ses quartiers dans une vieille tannerie abandonnée.

    Extrait :


    « L’annonce n’éveilla aucun intérêt chez les locaux. L’un des pistoleros s’emporta. Son visage blafard, mangé par une barbe hirsute et une imposante masse de cheveux envahie de poux, se décomposa en une grimace simiesque, révélant deux canines hypertrophiées. Ses doigts s’attardèrent près d’une paire de colts Dragoon dont la crosse en ivoire pointait hors des pans de son manteau. »

    Cliquez sur l'image pour acheter la nouvelle !

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    Je n’avais pas prévu de l’écrire, mais un éditeur (dont je tairai le nom) m’a envoyé un mail pour que je complète une anthologie consacrée au western.

    Ni une ni deux, je me penche sur ce projet en essayant d’additionner plusieurs idées qui s’intégreraient à l’univers de ma féline favorite. Que faire après le vaudou et les zombies des Esclaves de l’Or [1]?

    Et puis cette idée :

    D’où vient le pardessus écarlate d’Arkady ?

    Au départ c’était une réminiscence inconsciente d’Hellsing de Kouta Hirano et de Trigun de Yasuhiro Nightow, des œuvres qui m’auront parlé avec leur savoureux mélange de western, de fantastique et de science-fiction, portés par des personnages aussi charismatiques qu’ambigus, mais quid de cette couleur inhabituelle pour un manteau de cuir ?

    Et ça a fait « tilt » ! Arkady étant lancée sur la voie de la vengeance – dans la partie western de sa quête, tout au moins – pourquoi ne se confectionnerait-elle pas un pardessus en peau de vampires ? D’une part ça colle à son caractère jusqu’au-boutiste, d’autre part ça me permettait d’aborder l’univers de la tannerie dont la thématique cruelle se mêle bien à celle des chasseurs de primes, puisque ces deux corporations ont en commun la marchandisation du vivant…

    Une fois en possession de ce fil d’Ariane, le reste est venu tout seul : le vieux tanneur marqué par son métier, la petite équipe aux trousses d’Arkady et ses courtes retrouvailles avec Acht, un personnage qui prendra plus d’importance dans 100 cercueils[2]…

    J’ai effectué de rapides recherches – merci Internet – pour compléter le sujet. Il ne s’agit pas d’être exhaustif, mais de poser des bases, d’installer une forme de crédibilité minimale. Ainsi la tannerie au centre de cette histoire s’inspire d’une tannerie du XIXe siècle, bien que je confesse que le modèle que j’ai déniché soit français et non américain. Le fameux John Jacob Astor, que mentionne Doc Würger, a existé dans notre réalité véritable. Ce négociant né en 1763 et mort en 1848 est devenu le premier millionnaire américain en investissant dans l’opium, l’immobilier et les fourrures. Un margoulin de première, sans foi ni loi, qui bâtira une véritable dynastie de commerçants. Il avait toute sa place dans ce récit.

    Enfin, il me restait à trouver le ton. J’ai souvent mis Arkady en danger, voir parfois en position de victime, mais ici, je souhaitais changer de point de vue. Comme Arkady est une chasseuse de vampires émérites, je voulais la montrer dans une position de supériorité. J’ai donc inversé le postulat. Dans ce récit, elle endosse le rôle d’un Jason Vorhees au féminin qui traque ses proies de manière méthodique et implacable.

    La nouvelle obtenue tient autant du western-spaghetti que du slasher. Et je confesse que j’aime la saveur de ce panaché. J’ai éprouvé une réelle satisfaction à mettre en scène Arkady de cette manière. Même si dans ces grandes aventures, elle ne parvient à ses fins qu’au prix du sang versé, je n’exclus pas de la montrer à nouveau sous un jour plus « monstrueux ». Arkady est totalement amorale et si pour atteindre son but elle doit occire une centaine de bébés phoques, elle le fera, et en rigolant par-dessus le marché.

    Et l’édition dans tout ça ?

    Eh bien, à ce jour, je n’ai plus reçu la moindre nouvelle de l’éditeur. Même pas un mail de refus type. Rien, nada ! Sachant qu’un tel récit me demande six mois de travail, recherches et relectures incluses, vous comprendrez que je ne souhaite plus vraiment me plier à ce type d’exercice.

    Oh ! Bien sûr, j’enverrai les textes achevés en soumission spontanée, mais sans espoir démesuré. Le secteur s’est hyper-segmenté en micro-genres qui deviennent tous plus abscons les uns que les autres.


    Et j’avoue que, comme ma chère Arkady, je savoure à sa juste valeur une liberté de création totale et absolue.

    Et cela n’a pas de prix.

     ______________________________________________

    [1] - Je remercie au passage Tom Larret qui m'a gratifié de cette très belle critique pour ma précédente incursion dans le western sauce Arkady (Les Esclave de l'Or, donc...)


    [2] - Une histoire qu'il me reste à écrire, mais dont les plans et la préparation sont achevés. 

    dimanche 7 mars 2021

    Dessin du dimanche : Un manteau d'écarlate sur une neige immaculée

    J’achève enfin une couverture pour une nouvelle à venir que je publierai sur la toile et qui suit les pérégrinations d'Ethel Arkady durant l'hiver 1875, dans le Colorado. 

    Après bien des aventures, elle se ressource dans le village de Skinfolk Town afin de se refaire une santé et un manteau. Toujours collés à ses basques, une bande de chasseurs de prime débarqueront dans le saloon du coin pour asticoter la féline... Ce qui n'est jamais bon pour la santé !

    Cela faisait un moment que je n’avais plus repris les crayons pour des raisons d’emplois du temps chargé, mais je suis assez satisfait du résultat final qui montre que je n’ai pas (trop) perdu la main... Ça me turlupinait depuis un moment de ne plus avoir fait d'image d'Ethel Arkady dans ses œuvres guerrières, alors qu'à la base c'est sa spécialité.

    (Cette Arkady, par rapport à l'illustration réalisée par MakuZoku, n'a pas encore récupéré ses yeux. Pornopolis se déroule à notre époque – à un ou deux poils de cul près – tandis que la nouvelle revient sur son passé, quand elle traquait encore son maître-vampire pour lui faire rendre gorge.)

    J'en réaliserai encore une ou deux à l'avenir.


     
    Crayonné de base.

    lundi 24 décembre 2018

    Les Jolis Contes du Père Gernier (1) : #Libertéjécristonnom !

    Tel un gilet jaune antisémite, adorateur du Suprême Leader, Poutinien & d’extrême droite, je souhaite respecter les traditions et vous proposer une histoire écrite dans le cadre d’un concours  sur le thème de la Liberté. Celle-ci possède la noirceur et l'ironie d’une tasse de café soluble premier prix, et vous arrachera les tripes à vous faire chier du sang dès la première ligne. Elle n’a pas été du goût du jury, aussi plutôt que de la laisser dormir dans un coin du disque dur, je la mets à votre aimable disposition. Joyeux Sol Invictus.

    Photograhie : Pixabay


    #AnneNielsen.
    Je trouve que les serviteur respecte pa assez quand je vien chet vou et je pense que c’e bien de dire me que #JulienSorel me respecte pa.

    #LaCommune.
    Nous avons enregistré votre plainte N°250-B223-Z422. Soyez assurée que vous aurez de nos nouvelles dans quelques jours.


    Les événements se multipliaient à la vitesse de l’éclair en notre époque de communication électronique. Un simple tweet suffisait pour détruire les vies des concitoyens aussi sûrement qu’une balle. Le sous-directeur de la section KBX-20232 de la Commune se tenait droit comme un I derrière son bureau en polystyrène expansé. Son costume de vinyle noir le recouvrait d’une armure d’assurance tandis que sa tête distendue jaillissait de la fine ouverture laissée par une cravate anthracite trop serrée. Il amena à sa bouche ses petits doigts boudinés, essuyant un mince filet de bave. Le soleil qui entrait par la fenêtre illuminait ses oreilles décollées, traçant la carte du réseau de ses vaisseaux sanguins.
    — Nous avons reçu un tweet de mécontentement, Monsieur Julien Sorel… Vous savez forcément ce que cela signifie…
    — Attendez… Julien Sorel se décomposa sur sa chaise.
    — Mais je n’attends rien, Monsieur Sorel continua le sous-directeur. Rien du tout. Nous sommes orientés vers l’ACTION. Vers l’efficience ! Chaque minute qui passe fait baisser notre moyenne de performance, et vous le savez !
    — Mais je…
    — Silence ! Nous vous avons donné votre chance, à VOUS ! Une simple statistique dans la courbe sans cesse grandissante du chômage. Une CHANCE de PROUVER à la société ce que vous VALEZ !
    — Mais enfin c’est ridi…
    — Ne me coupez pas la parole ! Un bon employé doit savoir écouter… Écouter ! Vous comprenez ! Nos concitoyens ont d’abord besoin d’une écoute, d’un sourire. Nous offrons plus que des services ! Ceux qui viennent chez nous doivent repartir satisfaits ! TOUS ! Notre image de marque est en jeu et nous ne pouvons pas nous permettre une seule erreur !
    — Mais je vous ass…
    — Nous avons eu un mauvais Sweet ! Vous comprenez ce que cela signifie ?

    D’un geste le sous-chef sorti de sa pile de dossiers impeccablement rangé une mince feuille blanche qu’il posa sous les yeux de son employé. Sous le sigle en forme de colibri, la phrase s’étalait, assemblage de déjections alphabétiques. Julien Sorel sentit une nouvelle fois la crise de rage l’assaillir. Il ramassa sa main droite en un poing compact, enfonçant ses ongles mal coupés dans sa chair. Une perle de sang jaillit de la coupure.

    — Cela a été partagé vingt-huit fois en l'espace de deux heures ! VINGT-HUIT FOIS !

    Le sous-chef appuya sur la dernière affirmation, dégustant ses lettres comme un vin capiteux. La comptabilité des mauvaises performances de ses sujets le plongeait dans une joie extatique. Ses petits yeux porcins se rétrécirent jusqu’à n’être plus qu’une mince ligne dans son visage lunaire. Les muscles zygomatiques dessinèrent une expression animale abjecte.

    — J’ai fait des recherches sur vous mon petit Sorel… Vous n’êtes pas assez SOCIABLE !
    — Mais je ne vois pas ce que ça…
    — Je comprends votre petit jeu ! Je vous connais, mon petit Sorel. Des individus comme vous j’en bouffe quinze à la douzaine dans la semaine. Vous avez bien un compte Fesses de Bouc, mais vous ne partagez rien avec vos proches. Dans une semaine, le nombre de Farts de votre page ne se monte qu’à quatre. QUATRE !! Et je peux même voir que le 01/03/2025 vous avez essayé de partager… Comment qualifier ça ? Des croûtes de votre cru, c’est ça ?
    — Mais je… Ce que je fais chez moi est…
    — C’est du temps que vous grappillez sur votre TRAVAIL, sur votre efficacité. Vous revenez le lendemain, fatiguez, énervé et voilà ! Une plainte partagée…
    — Ce que je fais chez moi…
    — Nous regarde ! Je suis un Responsable moi ! Il me faut des chiffres positifs dans le RAPPORT à la fin du mois, vous comprenez ? Je n’ai que faire « d’artistes du dimanche ». Vous n’avez aucune chance, AUCUNE, de devenir un jour un artiste officiel… Il faut du talent pour ça ! Votre croûte ne vous a valu que deux Farts. DEUX…

    Julien Sorel, blême, s’agitait sur sa chaise en grinçant des dents sous l’humiliation. Des ressorts s’ébrouaient sous ses jambes, le tançant de s’opposer au sous-chef, de lui coller un pain qui aplatirait en une pulpe sanglante le tubercule couperosé qui lui servait de nez. Pourtant, les longues heures de dressage scolaire, puis la terreur du chômage avaient fonctionné au-delà de toute espérance. Une force spectrale le condamnait à subir l’humiliation forcée, le scrotum solidement vissé à son inconfortable chaise, impuissant face à son tourmenteur.

    Comme tous ceux de ma génération élevée par le net pensa-t-il, je ne vaux guère mieux qu’un toxicomane qui a besoin de son injection de popularité numérique ! Je suis prêt à toutes les bassesses pour qu’on me lèche au moins une fois dans ma vie mon fondement merdeux. Cela justifie les crédits qui n’en finissent pas, les sacrifices quotidiens, la soumission la plus larvaire.

    L’épilogue, grotesque, se profilait. Pouvait-il saisir l’occasion de s’enfuir de cette prison sans mur ? Comment s’évadait-on lorsque l’on était l'otage de quelque chose d’intangible comme le Néo-Capitalisme ? La pensée de l’arme qu’il portait en permanence sur lui transperça son lobe occipital, comme une évidence limpide, la démonstration hyaline d’une équation dont il traquait depuis des années l’évanescente solution.

    — Aussi, mon cher Julien Sorel, je vous annonce que nous nous passerons de vos services. Vous recevrez votre certificat DZ-222 par courriel dans la semaine qui vient. Il ne vous restera plus qu’à pointer au chômage… Mais suis-je bête ! Vous ne pouvez plus, vous avez déjà épuisé tout votre crédit chômage… Et bien, bon vent alors et vogue la galère !

    Le couperet venait de s’abattre sur sa tête l’envoyant promener dans un panier immatériel. Avec clarté ses neurones galvanisés par l'adrénaline lui dictaient ses prochaines actions. Il connaissait les dernières lois votées et ce que, en ces temps de crise économique terminale, la perte des points de chômage entraînait. Les Web-Canaux diffusaient avec régularité les reportages sur ces clochards que l’on euthanasiait sous la pression de la vindicte populaire.

    Les mêmes esclaves qui scandaient des slogans publicitaires en guise de revendications politiques, ignorant que leurs emplois étaient morts et enterrés depuis longtemps. Ils courraient comme des lemmings après une époque révolue, incapable de changer de paradigme. En cette seconde historique, Julien Sorel n’appartenait plus à ce troupeau d’aveugles. A présent, la trouille qu’exerçait la camarde relâchait son emprise sur son esprit et son corps.

    — Et bien alors ? Vous ne m’avez pas entendu, je vous ai dit que cet entretien était terminé.

    Toutes les années d’éducation de Julien Sorel s’effondraient, comme un barrage rongé par une crue régulière. Les eaux déchaînées envoyèrent valser les réflexes pavloviens et les années de coaching intensif. Toute son existence lui revint comme un boulet amer dans la bouche. Ses liens métaphoriques défilaient comme autant de coups de poing alimentant le feu sacré de sa fureur divine. Les humiliations à répétitions de ses professeurs, les lacis de ses condisciples, les rejets amoureux s’ajoutèrent les uns aux autres pour justifier le geste qu’il préméditait depuis longtemps dans ses rêves d’enfant contrit.

    Ses pieuses aspirations d’art furent les premières à être réduites en miettes, il ne correspondait pas au profil d'un artiste agrégé. Depuis il se contentait de suivre de loin l’évolution de ses camarades de promotion, certains se gaussant de lui. Les injonctions de santé, de bonheur et de succès qui s’étalaient sur les grandes surfaces des affiches publicitaires concassèrent ses notions de morales. N’avoir ni l’un, ni l’autre, revenait à devenir un paria, à glisser sur la dangereuse pente du chômage et de l’opprobre public.

    Il s’était astreint pendant des années à se composer un masque de sourire pour faire face aux railleries qui le cernaient de toutes parts. Enfermé dans les rues de la Ville, se cognant contre les murs de béton et de verre d’une existence morne, il consentit à se compromettre, préférant un moindre mal à une inféodation totale et unilatérale. C’était un combat sans trêve entre lui et ceux qui acceptaient sans broncher cette réalité amorphe.

    Mais le sentiment de liberté qui gonflait dans son cœur, alors même que le sous-chef venait de proclamer sa mise à mort prochaine l’exaltait. Dans son porte-document, la baïonnette allemande, prise de guerre d’un aïeul de la famille mort depuis des éons dans le chaos boueux de Verdun, vibrait d'une nouvelle vie. Soudain, elle symbolisait sa lutte contre son asservissement volontaire. Une façon de se rappeler que si sa génération s’accordait au patronyme de « génération Fesses-de-Boucs », autrefois des générations héroïques avaient foulé la Terre et changé la face de l’humanité.

    Ses contemporains devaient s'emparer des armes, montrer à ces cinquantenaires aigris et corrompus qu’une réalité plus violente, plus viscérale existait toujours dans l'âme humaine. Les traits du sous-chef se décomposèrent en une grimace grotesque lorsqu’il se leva, le torse bombé, la lame rouillée, mais encore mortelle, à la main.

    Le sous-chef recula derrière le maigre paravent de son bureau tandis que son monde s’écroulait. Des flatulences nauséabondes explosèrent. Julien Sorel exécuta un arc de cercle parfait de son bras droit, zébrant l’air. L'acier corrodé ouvrit une large échancrure vermeille dans la gorge puis le sang jaillit en un flot mordoré, aspergeant Julien de sa chaude douceur.

    Julien Sorel savait que le Service de Prévention aux Citoyens ne tarderait pas à débarquer pour l'occire séance tenante. Peut-être parviendrait-il à en embrocher un ou deux avant d'être réduit en pulpe par les « Pacificateurs Urbains ». En attendant, il savourait son geste fatal, observant la destruction définitive de l’homme qui symbolisait les compromis et la corruption. 

    —————————————————————————————

    Parce que la musique adoucit les mœurs (paraît-il...).


    vendredi 22 juin 2018

    Bibliothèque des Ombres : Kane : intégrale, vol.2/Karl Edward Wagner

    Deuxième livraison de cette intégrale avec quelques belles nouvelles qui font honneur au genre, comme quoi la longueur ne fait pas la qualité, surtout en Fantasy... Une lecture idéale, à la fraîche pour les longues soirées languissantes d’été… De préférence devant un sommet montagneux.

     Éditeur : Gallimard
    Collection : Folio SF : Fantasy
    Traduit par Patrick Marcel
    688 p.

    Ce deuxième volume comporte l'ultime roman consacré au personnage, six nouvelles et d'un poème, sur lequel je ne reviendrais pas tant l’appréciation de cette forme littéraire est sujette à la subjectivité de chacun.

    — Le Château d’Outre-Nuit
    Troisième roman de la saga de Kane et peut-être le plus faible des trois en ce qui me concerne. On retrouve néanmoins la fameuse « touche gothique » exacerbée de Wagner avec plaisir, d’autant que le titre, dans sa version française, semble renvoyer « Au Château d’Otrante » d’Howard Walpole.

    Un empereur paranoïaque, habitué des purges politiques, commet l’erreur de laisser vive une sorcière – Efrel –, quoique dans un sale état après une séance de torture excentrique. Replié sur son île pour panser ses atroces mutilations, Efrel ourdit complots et conjurations contre le royaume de son ennemi et Kane pourrait être la pierre d’achoppement de sa vengeance… Un Kane qui de son côté compte bien profiter d’Efrel pour s’asseoir sur le trône…

    En dépit du retour d’un Kane menaçant et d’entités marines sur lesquelles planent l’ombre du maître de Providence, ce récit est plombé par une intrigue qui manque de substance et un recours parfois évident aux clichés les plus éculés de l’héroïc-fantasy comme cette princesse attachée nue lors d’un sacrifice…

    Malgré cette baisse de régime, le roman possède quelques fulgurances, fonctionnant surtout autour du personnage d’Efrel et de sa relation avec un Kane prêt à tout, vraiment TOUT, pour asseoir son pouvoir…

    Les nouvelles oscillent quant à elle entre le meilleur et le plus passable. Je me contenterais de citer celles qui ont eu le plus d’impact sur moi :

    — Lame de Fond.
    Kane nous apparaît en redoutable thaumaturge protégeant ses amantes contre la mort, quitte à se débarrasser d’elle lorsqu’elles se rebellent contre lui. Une histoire qui exhale un parfum de romantisme noir et qui établit les ravages du temps sur l’esprit de notre immortel.

    — Deux Soleils au Couchants.
    Kane et un géant – Dwasslir – recherchent le tombeau du dernier roi des géants. Sur fond de discussion sur les tentants et les aboutissants de la civilisation, évoquant un débat qui aura fait couler un fleuve d'encre entre R.E. Howard et H.P. Lovecraft, Wagner dépeint le crépuscule d’une race dont Kane se fait le témoin silencieux. Une nouvelle empreinte de mélancolie dans laquelle la malédiction de l’immortalité devient tangible, tant Wagner nous amène à ressentir le vertige qu’entraîne une vie sans fin qui voit s’écrouler tous les rêves et les espoirs des vivants dans la poussière de la décomposition. Kane apparaît très humain, brouillant l’idée que l’on se fait de ce personnage aux multiples facettes.

    — La Muse Obscure.
    Opyros se tue à la tâche, cherchant dans ses manuscrits raturés la trace qui le mènera au poème parfait. Pris dans les affres d'une rédaction qui lui résiste et le met au supplice, il ouvre son cœur à son ami Kane qui s’avère un fin connaisseur des subtilités littéraires... Wagner nous offre ici une histoire qui tourne autour de considérations sur l’acte d’écriture et des difficultés inhérentes à toutes pratiques créatives. Un texte salvateur pour tous ceux qui tâtent de la plume, du pinceau ou même du marteau dans la manière dont l'auteur envisage ce travail très particulier, qui tient de l'ascèse volontaire et de la recherche de perfection passant par une remise en question permanente. Mais l'art est une maîtresse exigeante et Kane propose à Opyros une aide surnaturelle en lui signifiant néanmoins que celle-ci n’est pas sans danger. Si par la suite le récit se perd dans des péripéties martiales annexes, il s’achève par la folie et un Kane amer, condamné à reprendre la route en solitaire.

    — Miséricorde.
    Kane est employé par une jeune femme ambitieuse pour voler une couronne aux mains de quatre frères versés dans les poisons et la magie noire. Si les forces en présence dépassent le guerrier roux, celui-ci dispose d’un avantage non négligeable : son immortalité. C’est avec une parfaite connaissance du terrain que Kane piège ses adversaires avant de les enrôler sous sa coupe. Une nouvelle distrayante dans laquelle Wagner fait la démonstration des privilèges qu’offre le temps à son personnage. Très « western » dans son esprit, c’est une récréation bienvenue au sein de textes plus graves.

    — Lynortis.
    Pour avoir sauvé une certaine Sessi, Kane se retrouve impliqué dans une chasse au trésor dans les ruines de l’antique Lynortis, une ville détruite par un long et atroce siège auquel a pris part Kane. Cette nouvelle comporte deux versions : une ébauche composée par Wagner lors de son adolescence – qui se trouve dans le troisième tome – et celle qui fut éditée dans le deuxième volume. Le premier jet nous amène à rencontrer un Kane enamouré, ce qui fait un choc ! Outre que le style flamboyant est déjà là, cette première variante demeure bien fade et se complaît souvent dans les pires travers de l’héroïc-fantasy. Ce qui n’est pas le cas de sa reprise, qui se concentre ici sur les conséquences de la guerre à travers des descriptions apocalyptiques, dont la présence de mutilée et surtout d’anciennes mines « magique » explosant sans prévenir sous les pas des infortunés explorateurs et dont le fonctionnement n'est pas si éloigné de nos armements chimiques…. Dans une ambiance proche des westerns spaghettis – avec ces bandes de mercenaires sans foi, ni loi et son chimérique trésor – ce texte s’enorgueillit d’une belle montée en puissance et d’une atmosphère poisseuse, en harmonie avec son atroce sujet.

    L’ensemble du volume dégage toujours autant de puissance dans sa narration, même si l’auteur sacrifie la chute de ses nouvelles au profit de la création d’une atmosphère vénéneuse. Chez Wagner, seul le chemin compte, et emprunter le pas de Kane amène le lecteur dans le tourbillon du temps qui demeure le principal ennemi de notre personnage, son monde ne cessant de se décomposer. Cette déliquescence permanente est palpable dans la plupart des textes et explicite souvent en creux les actes extrêmes de notre protagoniste.

    vendredi 26 janvier 2018

    Bibliothèque des Ombres : Agnès la Noire/Robert E. Howard (in Psychovision)

    Retour sur une œuvre mineure dans la pléthorique production de « Two-Gun Bob » pour ce début de 2018, qui m’aura marqué par son rythme ahurissant alliant une narration menée tambour battant à un débordement de violence assez ahurissant. À l’inverse de certaines égéries modernes de la pop-culture, Agnès la Noire ne fait pas vraiment dans le détail lorsqu’il s’agit de tailler dans le vif du sujet…

    (Cliquez sur l'image pour avoir accès à l'article.)

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    jeudi 22 juin 2017

    Publication : 23 rue Albert 1e in Anthologie Nutty Wolves.

    Une de mes nouvelles vient de paraître dans un recueil numérique consacré à un thème qui me fascine : le loup-garou.

    http://nutty-sheep.com/index.php/boutique/anthologie
    Cliquez sur la couverture
    Pitch : Une policière en rupture avec sa hiérarchie, se lance sur les traces d’un tueur en série fantomatique qui sévit dans les corons.

    En dire plus serez déflorer le sujet, n’hésitez pas à vous plonger dans cette courte enquête si vous aimez la gloumoute poilue. D'autres histoires vous attendent dans ce petit fascicule...

    Quoiqu'il en soit, je vous souhaite une bonne lecture !

    dimanche 27 janvier 2013

    TEC (Travail en Cours.) : On lave son linge sale en famille, version couleur.

    En ce moment, je réalise une partie de la version couleur de la BD On lave son linge sale en famille... Les planches seront ensuite homogénéisées par l'autre tête du projet, Didizuka. A ce propos, je vous invite très cordialement à lire son impressionnant dossier sur l'influence de l'art occidental dans le manga en suivant ce lien. Un peu de lecture intelligente en ce froid et déprimant mois de janvier...

    Pose des aplats couleurs.

    Ajout de textures pour donner un peu de relief ou une ambiance bizarre.

    Vérifier ce que ça donne avec le calque de traits.

    Résultat avant le passage de Didizuka.

    lundi 31 décembre 2012

    Éphémérides, nouvelle année et rétrospective...


    En attendant mon long article sur les vampires qui célèbre la fin de la saga Twilight comme il se doit, c'est-à-dire en l’enterrant, voici une petite rétrospective de l’an passé... L'occasion aussi d’annoncer que dans les mois à venir, ce blog devrait évoluer pour se métamorphoser en une véritable vitrine de mes différents travaux mais ceci est une autre histoire…



    La nouvelle année est l’occasion de tirer des bilans, je vais donc sacrifier à la tradition. Si ce blog continu vaille que vaille son existence, on ne peut pas vraiment dire que l’affluence soit au rendez-vous. Sans surprise c'est la rubrique « Foutages de Gueule Ultime » qui reçoit le plus de visites, lesquelles sont prétexte à débat sur l'état déplorable de la création. Malgré le plaisir que j'éprouve à y épancher mon inépuisable fiel, je préfère de loin me plonger dans la rédaction des univers d’Arkady et de ses joyeux compagnons, aussi cette rubrique ralentira-t-elle dans les mois qui viennent. Les imbéciles et les fils à papa ont tellement vérolés la production francophone dans tous les médiums que je n'en vois plus l'intérêt...

    Aüz, dessin préparatoire par Didizuka.

    Des heureux changements personnels m’ont amené à prendre un immense retard dans mes projets Bds ou de romans. Ainsi, Un massacre payant  mettant en scène Ethel Arkady est reporté, mais j’espère le boucler avant fin 2013. Une autre histoire de maison hantée écrite en parallèle devrait suivre.

    Prime-Time, premier essaie de couverture. Dessin par Horlod.

    Au niveau des Bds la plupart des collaborations se sont arrêtées en court de chemin. Soit les dessinateurs se sont lassés (proposer une fiction en ces temps de crises demande une certaine dose conséquente d’abnégation, de patience et de rouerie. A moins d’être adoubé par la naissance, c’est un parcours du combattant dont on a peu de chance de ressortir indemne.), soit il y a eu des différends artistiques. Ainsi, Prime-Time, Wall-Street Payback, La Fille aux Yeux de Diamant, La Foie et La Dame Noire demeurant à l’état de friche. Je consacrerais une nouvelle rubrique à ce sujet. Chacun de ces scénarios bloqués est susceptible d’être repris. Certains sont plus finalisés que d’autres mais tous méritent de croiser le chemin de lecteurs potentiels et d’exister.

    La Fille aux yeux de Diamant, recherche pour le personnage de Charon par
    Alain Letroye. 

    Seul « Monatos » avec le dessinateur DavB progresse très lentement. Mon activité de bibliothécaire me permet de manger, d'avoir un toit et plus de confort mais c’est un frein chronophage et mes histoires n’avancent plus que par soubresauts successifs. Comme d’autres, je suis confronté aux affres du boulot alimentaire et à ses conséquences néfastes dont l’épuisement nerveux. Ecrire ou dessiner se transforme en torture après s’être agité, toute une journée enfermée face à des lecteurs quelquefois odieux avec le personnel. Si les idées trottent dans le crâne, leur faire passer le cap de la main exige certains jours trop d’efforts. Je ne relancerai pas le débat sur la professionnalisation de l’activité artistique tant la question, soulevé sur de nombreux forums se métamorphosent souvent en une foire d’empoigne ou les insultes volent bas.


    Une étude d'Arkady pour Wall-Street Payback.

    Débuté en 2011 Aüz, un projet BD avec Didizuka, devrait renaître de ses cendres courant 2013. Il en est de même pour le chapitre des aventures d’Arkady se déroulant dans les années 1920 dont le story-board est presque achevé, mais dont j’ai la flemme de commencer les planches.

    La Dame Noire, dessin de Nicolas Pitz.


    Pour autant 2012 est-elle une année à marquer, comme les autres d’une croix noire ? Non. Malgré un ralentissement prodigieux de ma capacité de production, il y a eu quelques avancés. Ainsi la publication d’une nouvelle « La Cathédrale de Chair » pour un Appel à Texte, ainsi que ma participation aux recueils de Roman Francophone pour les anthologies Handicap et Artistes. Pour tout ceci, je me dois de saluer bien chaleureusement Didizuka, Sissy Pantelis et Tomthomas Krebs qui ont bien voulu prendre sur leurs temps et relire les horribles premiers jets.


    La Foie avec les Frères Fradet.

    Enfin, une de mes collaborations avec la même talentueuse Didizuka sur le One-Shot « On lave son linge en famille », hommage aux vieux comics d’horreur comme « les contes de la crypte » s’est matérialisé et se diffuse petit à petit dans d’autres pays que la France. Je crois que sous ces auspices, je dois me résoudre à ne plus postuler dans la vieille Europe, mais ailleurs, ou l’on apprécie encore les récits fantastiques…

    Couverture de Monatos par DavB


    À bientôt en 2013 pour de nouvelles aventures donc…

    Une autre illustration de Didizuka pour On lave son linge sale en famille...


    PS : Le passage d'une année à l'autre est souvent l'occasion de faire des petits "Best of". Voici donc ce que je retiens de cette merveilleuse année.

    En vrac : Le mieux : Sarkozy a dégagé !! Le pire : Il a laissé derrière lui un pays ravagé par le communautarisme et la haine. Il faudra beaucoup de temps pour que le paysage politique français (mais pas seulement) s'en remette.

    Cinéma : Des rares films de 2012 pour lesquels je me suis déplacé, c'est ParaNorman (L'étrange pouvoir de Norman) qui mérite les éloges. Scénario en béton, réalisation impeccable, le film conjugue à merveille l'horreur au conte pour enfant sans les prendre pour des glands.

    A l'opposé du spectre, Prometheus restera le film de merde ultime, le mètre étalon du genre, boursouflé de prétention artistique, gangrené de médiocrité scénaristiques et de maladresses dans la réalisation. 




    A côté de cet infect étron, même le très médiocre The Dark Knight Rise et sa polémique journalistique moisie passe pour un chef-d'oeuvre, c'est dire ! Quant à Pixar, il confirme tout le mal que je pense d'eux avec Rebelle, une production qui porte très mal son titre...

    BD : En tant que bibliothécaire, je lis aussi pas mal de BD. 2012 fut une année chargée de livres (4000 sorties environ) mais au final peu d'ouvrages retiennent l'attention. Je parlerais seulement de l'apparition sur le marché du comics de l'éditeur Urban Comics qui exécute un travail titanesque pour la reconnaissance du médium à travers de belles rééditions des classiques de Vertigo et de DC comics. Certes cela fait très mal au porte-monnaie mais au moins sommes-nous vengés des délires de Panini comics...



    Un titre ne cesse de surgir dans ma tête, c'est l'excellent Nou3 de Grant Morrison et Franck Quietly, mélange incroyable de SF cyberpunk et d'émotions dans lesquelles nos amis à quatre pattes sont pris à partis dans des guerres humaines qui ne les concernent pas....

    Signalons un éditeur peu connu : les Editions Muffin qui font dans le Yaoi américain avec une aventure "gay" de Sherlock Holmes (une thèse largement mise en avant dans les films de Guy Ritchie) dans "L'aventure du Concussoris Magnus" dont l'impression, la mise en scène et l'histoire en font un des meilleurs mangas du moment.



    Dans le registre du foutage de gueule ultime, outre le coup marketing de La Page Blanche, n'oublions pas Glénat, éditeur peu scrupuleux qui fait payer au prix fort le manga 2001 Night Stories en crachant à la figure des lecteurs avec une finition de merde, un papier glacé pourri qui prend les empreinte de doigt et une reliure collée. Pour 99€, l'acheteur peut exiger un peu plus d'effort....

    dimanche 28 octobre 2012

    Preview : On lave son linge sale en Famille 03.

    Le projet du one-shot avec Didizuka avance peu à peu et se pare à présent de couleurs pour votre plus grand plaisir. Rien ne vaut une bonne histoire d’horreur en cette période de l’année. Voici donc un petit aperçu de la couverture. Le lettrage a été réalisé par mes soins, à la main et sans recours à l'informatique.... L'histoire sera disponible en anglais et en français...


    dimanche 7 octobre 2012

    Publicité : Handicap, une nouvelle vie ?

    Un peu de publicité pour une fois, une de mes nouvelles (Aveugle en Trois-Temps)  est parue dans un petit opuscule produit par un groupe centré sur l'auto-édition, Romans-Francophones que vous pouvez vous procurer via le site d'impression à la demande, Lulu. 

    Plusieurs personnes ont passé quelques nuits blanches à relire les textes pour les expurger de leurs fautes !! L'impression est très satisfaisante et le pavé de 315 pages à une bonne gueule. Vous aurez donc entre vos mains un livre que vous pourrez mettre dans votre bibliothèque et n'ayant rien à envier aux "grands éditeurs".  

    Illustration de couverture par Misore-Seppen.

    4ème de Couverture.