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    mercredi 1 janvier 2025

    Ephéméride 2024-2025

    Cela fait un moment que je n’ai plus réalisé d’éphéméride pour la nouvelle année, mais j’ai éprouvé le besoin de jeter un coup d’œil dans le passé de ce blog pour en tirer quelques conclusions avant de démarrer l’année 2025, laquelle, les personnes qui possèdent une once de jugeote n’en doutent pas une seconde, sera encore pire que 2024, car chaque année, c’est connu : tout augmente ! C’est une loi universelle, gravée dans le marbre de l’éternité (si tant est qu’une telle chose existe !).


    Cet article sera subjectif, grinçant, et foutraque ! Vous êtes prévenu.

    D’abord, je noterai en préambule que ce blog a plus de dix ans, et qu’il est resté mon espace de communication préféré avec le vaste monde, bien plus que les autres moyens apparus depuis, ce qui me classe, je l’imagine sans peine, dans la catégorie des « Boomers », quoique je n’appartienne en aucune manière à cette génération. Ni Fesse-de-Bouc et son abominable interface, ni ex-Twitter ce nids à trépanés du cerveau pour qui 140 caractères représentent le summum de la lecture philosophique et encore moins les suivant, comme ce cancer cérébral de TikTok, ne m’ont convaincu. J’use bien d’Instagram, mais j’avoue qu’il s’agit d’un pis-allée, d’autant plus que cette plate-forme se désertifie. Quant à ma page Deviant-Art, elle demeure en état de coma depuis un bon moment déjà, étant donné que je n’ai plus dessiné depuis… Trop longtemps pour mon propre bien-être mental.

    Depuis que j’ai abandonné critiques et autres analyses filmiques, la fréquentation du blog a drastiquement chuté, comme je m’y attendais. La critique offre un certain confort pour le lecteur qui se sent en connivence graveleuse avec celui qui émet une opinion sur un objet culturel plus ou moins connu. Cette forme de complaisance me plaisait de moins en moins et cet exercice me gâchait ce que je lisais ou ce que je voyais, puisque le processus d’assimilation de l’œuvre était destiné à nourrir les articles en retour. Cependant, l’écriture de ces articles ne s’est pas avérée inutile, au contraire, s’interroger sur nos goûts, sur ce qui les articulent et comment cela s’emboîte reste une démarche intéressante et riche d’enseignements quant elle est accomplie avec honnêteté, mais d’une part, je n’arrivais juste plus à suivre le rythme des sorties, d’autre part, je trouvai de plus en plus pénible de n’avoir pour visites que des personnes venues là pour le ricanement. Même sur d’autres sites, cette expression de sarcasme pédante, un peu vaine, m’est passée comme un rot acide en bouche. Malgré tout, il est à noter qu’à ce jour, mon article sur l’adaptation ratée de Gunnm de Robert Rodriguez attire toujours des lecteurs, mais peu d’entre eux explorent le monde autour de ce court texte, lequel ne mérite pas autant de reconnaissance tant je l'ai torché en vitesse entre deux portes.

    À travers ces lectures critiques, j’avoue que j’ai éprouvé un dégoût de plus en plus lancinant vis-à-vis de ce que l’on me proposait. Tant et tant de récits actuels ne possèdent plus l’étoffe de ce qui sortait dans les années 80-90. J’orbite peut-être autour d'une idée de vieux con – et pourquoi pas, j’assume, j'en ai l’âge – mais il me semble que la créativité de manière globale – avec toutes les exceptions qui sont à inclure là-dedans – a subi une nette baisse de qualité au mitan des années 2000. Pourtant, pour le « moi-d’autrefois » trouvait dans cette boue une sujet bien gras à exploiter, mais voilà, avec mes récits en préparation, et l’existence qui s’en est mêlée, je l’ai définitivement accompli le tour de la question.

    Enfin, il y a un second élément dans l’équation : entre mon déménagement et les innombrables problèmes liés non seulement à mon logement, mais aussi à mon travail, j’ai éprouvé plus d'une fois les limites du surmenage, ce qui m’a obligé à me recentrer sur mes textes et la publication de ceux-ci.

    Ce qui m’amène à l’essentiel :
    Entre la collaboration fructueuse avec MakuZoku, ExpExp et plus récemment de K-Zlovetch ou WingedAyalis, je suis très content de la palette de style présente sur ce blog.

    Tout cela est bien beau, mais une personne un tantinet curieuse me demanderait pourquoi est-ce que je m'obstine à m’associer avec des illustrateurs alors que j’écris ?

    Les trois quarts de mon activité artistique se réalisent à « porte close », c’est-à-dire que je ne montre pas de texte en cours d'avancement, car je les juge illisibles. Ce qui me prive de matière pour entretenir ce lieu qui est censé être une vitrine de mes travaux. Du coup, le recourt à des illustrateurs de talents m’a paru comme une solution judicieuses pour lever le voile sur une partie de ces univers sur lesquels je passe – mine de rien – une heure à une heure et demie par jour, tous les jours, depuis plus de quinze ans maintenant.

    En parlant de cela, je suis aussi content de la collaboration que j’ai débuté avec l’écrivain Tom Larret qui m’a permis de rédiger une courte nouvelle à quatre mains, processus dont je raffole puisque je l’ai déjà expérimenté avec Steve Martin sur l’Œil & la Griffe. J’espère renouveler ce genre de « bœufs » littéraire, tant cela procure un effet galvanisant sur la création.

    Au final, je suis assez satisfait de l’orientation de cet endroit, même si l’hémorragie de lecteurs se poursuit de manière inexorable. Je pense que cela ne s’arrêtera pas : la guerre de l’attention entre les différents médias est devenue féroce, et je ne posséderai jamais la machinerie capable de rivaliser avec des groupes et des personnes bien plus équipés dans le domaine que je ne le serais jamais.

    Maintenant, un petit résumé de ma production de 2023-2024 : 

    2023 a été une drôle d’année : j’ai sorti deux titres, mais l’un d’eux, les Céruléens, restera encore bloqué dans les limbes pour longtemps, je le crains. Le sujet en est tellement polémique que je ne l’exposerai pas sur la place publique. C’est pourtant dommage, car j’aimais bien la manière dont j’avais agencé le récit, et la dynamique entre Ethel Arkady et son alter ego « divine », la cruelle et colérique Sekhmet.

    Mais je me suis rattrapé avec Pornopolis : Akemi Himiko, un mini-comics qui narre la première rencontre entre Ethel Arkady et Akemi Himiko, une antagoniste que j’apprécie énormément, et qui reviendra, n’en doutez point, dans d’autres histoires, notamment Un Dîner en Ville.

    J’en ai parlé en long, en large, et en travers, mais ma meilleure sortie date de la fin d’année 2024 : Adélaïde : livre premier : les journal d’Herbert Engellmann couronne près de 10 ans de travaux sur un monstre littéraire dans lequel je me suis lancé à corps perdu. Quoique n’ayant pas Ethel Arkady comme protagoniste, il se déroule dans son univers, et l’explore un peu plus en profondeur, le tout sur fond de guerre civile. C’est une histoire ambitieuse, dont je suis assez fière, en particulier de l’avoir amené à un premier tome fini.

    En parlant de cela, je vais lister ici les différents textes sur lesquels j'avance, pour vous donner un aperçu de ma production pour l’année à venir :

    – Adélaïde : second livre : le Récit de Ned Flaherty.
    Après avoir collé aux basques d’Herbert Engellmann, ce récit s’accroche à celles de son détective privé, Ned Flaherty, lequel est nanti d’un bras gauche artificiel conçu par le même Engellmann, ce qui facilitera son enquête en eaux troubles, entre vampires, faëries et rumeurs d’assassinat présidentiel. Une histoire qui renvoie autant au Steampunk qu’au polar hard-boiled avec quelques femmes fatales comme la « Chasseresse Pourpre » avec laquelle Ned sera obligé de s’allier, contre son gré, bien entendu !

    – La Chauve-Souris d’Or :
    En 1921, on retrouve Ethel Arkady sur le paquebot de luxe SS Diamant, en compagne de l’archéologue Gertrude Bell, laquelle a exhumé un artefact remontant à une période préhumaine : une « chauve-souris d’or » qui attirera la convoitise du sorcier Aleister Crowley. Un récit qui plonge avec délice dans le « pulp » et dont j’ai enfin achevé le premier jet. J’aime bien cette histoire, quoiqu’elle présente un aspect assez foutraque, mais elle se clôt sur une de mes meilleures scènes d’action dans laquelle Arkady affronte une abomination lovecraftienne, le tout sur fond de tempête apocalyptique.

    – 100 Cercueils partie 1 :
    Celui-là, je pense que je le découperai en trois parties. En 1847, en Arizona, Ethel Arkady alors âgée de 12 ans, se retrouve prisonnière de l’orphelinarium de « la Veuve Noire » après avoir perdu ses parents pendant la bataille de Monterrey. Cette institution, gérée par les vampires, produit, au terme d’une sélection drastique, des sujets capables de devenir des « goules ». Apprentissage du combat, des poisons, mais aussi culturel, rien n’est épargné aux têtes blondes. On y suivra donc les déboires d’Arkady – qui n’a même pas encore gagné son nom – pour s’évader de cet enfer terrestre. Alors, ici, j’avais envie de me confronter à un style que j’avoue ne pas trop porter dans mon cœur : la « Young Littérature ».

    – Pornopolis 1 & 2 :
    Retour dans nos années 2000 et des brouettes, pour l’aventure la plus « cul » d’Ethel Arkady qui aura commis l’erreur de se confier au mauvais amant, ce qui l’enverra tout droit entre les bras d’Akemi Himiko, un de ses plus redoutables adversaires. Je peaufine ce récit depuis longtemps, au point que j’en ai déjà scribouillé plus de quatre versions sans être satisfait. Cette fois, c’est la bonne et j’espère sortir le premier tome, illustré, courant 2025 ! Le deuxième est en cours de rédaction, et il promet d’être aussi complexe en termes d’inflorescences descriptives.

    – Un Dîner en Ville :
    Alors… pressenti comme la nouvelle annuelle s’intercalant entre Pornopolis 2 & 3 pour creuser un peu plus la relation entre Ethel Arkady & Akemi Himiko auxquels je souhaitais offrir une aventure en duo, ce texte a grossi jusqu’à atteindre les dimensions d’un court roman dont j’ai achevé le premier jet. Néanmoins, je suis assez satisfait de celui-ci, même si la fin m’a surpris moi-même. Se situant dans le cadre de Pornopolis, cette histoire possède une évidente charge érotique !

    – Les Chroniques de Yelgor : chant deuxième : la Nuit du Fer-Vivant :
    Après le premier tome, je me suis vraiment lancé dans une saga de « fantasy » complète, avec une véritable odyssée pour nos personnages qui ont toujours les adorateurs de Sol aux fesses. Comme si cela ne suffisait pas, j’ai rallongé la sauce en narrant les aventures de jeunesse d’Allytah Nédérada, notamment le chapitre de sa vie où elle perd son bras droit, ce qui a un tantinet agrandi le récit à un tel point que je me demande si je ne séparerai pas ce roman en deux. À ma décharge, la carte de Yelgor m’offre pléthore de possibilités, et l’extension de l’histoire vers l’extérieure (le premier tome demeurait un quasi hui-clos) me permet d’explorer ce monde très particulier, et comme j’apprécie le fait de me surprendre, je le peuple de tout un tas de créatures exotiques plus ou moins fréquentables.

    J’en resterai là pour ces éphémérides !

    En vous souhaitant chance et bonne santé pour l’avenir.

    dimanche 10 janvier 2016

    Ephémérides 2015 : En route vers l'Apocalypse...

    Comme d’habitude depuis trois ans, je m’autorise un coup d’œil dans le rétroviseur spatio-temporel pour évaluer l’année écoulée. Une occasion de m’exprimer un peu plus ouvertement sur mes préoccupations, sans le filtre de la fiction.



    1. L’Offrande à Erzulie.

    Le dessin de cette année réclame une petite explication.

    Plutôt que de m’inscrire, dans la droite ligne des illustrations de fêtes – avec Père Noël et traineaux – j’ai souhaité suivre une logique différente pour rappeler que cette période de l’année possède un écho païen. Cette image a surgi de façon impromptue de mes crayons, sans effort de ma part.

    Cette fameuse Erzulie du titre est un esprit Vaudou dont les multiples incarnations symbolisent les manifestations protéiformes de l’amour et du désir.

     
     2. Coup de Chaud !

    Le temps passe et les hivers ressemblent de plus en plus au printemps ! Alors que les températures avoisinent les dix ou douze degrés en plein mois de Janvier, il va être assez difficile de se voiler la face sur l’état préoccupant de notre monde si nous souhaitons continuer à exister dans des conditions décentes. La fête est finie, il faut replier les tentes.

    Sauf que faire machine arrière est plus facile à dire qu’à faire. Rien qu’en utilisant internet, on participe à cette lente dégradation de nos conditions de vie. Doit-on renoncer à tous nos acquis scientifiques ? Doit-on abandonner un confort gagné au fur et à mesure des générations ? Sans parler de retourner à l’âge de pierre, il serait tant de se poser les bonnes questions et de ne plus sacrifier tous les efforts sur le vain autel de la cupidité.

    Et les solutions ne viendront pas de la politique telle qu’elle a été menée ces dernières années. Nous fonctionnons avec une mentalité encore enracinée dans le XIX siècle, pour tenter d’apporter de résoudre des problèmes nécessitant une refonte entière de nos institutions. Le capitalisme et la démocratie sous leurs formes actuelle sont morts, finis. Si il en fallait une preuve, les tristes clowns de services François Hollande, Manuel Valls et l’histrion psychopathe Emmanuel Macron – photocopie carbone d’un sarkozysme de sinistre mémoire – ont mis les ultimes clous sur le cercueil de nos mirages.

    Il sera inutile à l’avenir de feindre l’ignorance.
     

    Gangrenés par les lobbys, manipulés de tous les côtés comme des marionnettes dont le spectacle grotesque ne fait plus rire personne, les politiciens sont obsolètes, corruptibles et incapables d’avoir une vision globale – sur le long terme – alors que c’est très exactement ce dont nous avons besoin.

    Quelles solutions ?
     

    Peut-être plusieurs, mais pas de celles qui plairont. Elles ont été théorisées par des personnes bien plus talentueuses sur ces domaines que je ne le serais jamais avec mes modestes moyens et toutes comportent dans leurs ADN la mort de l’élection représentative telle que nous la connaissons.

    Pas celles qui auront la préférence d’une population qui se pense libre alors qu’elle n’est menée que par ses pulsions les plus sombres, encouragées par des gesticulations télévisuelles toujours plus abrutissantes.

    Débarrassons-nous de ces maudites girouettes dont les intérêts ne sont et ne seront jamais les nôtres. Débarrassons du cancer des grandes fortunes et des métastases de l’évasion fiscale. Purgeons surtout nos propres esprits de nos réflexes de dominations, de performances… Ce poison distillé en dose quotidienne par nos médias et les fictions mainstreams qui aiment à flatter nos bas instincts dans le sens du poil.



    3. Bilan du Blog :

    Cela fait plus d’un an que j’ai cessé les critiques, par choix autant que par lassitude et le moins que l’on puisse dire c’est que les quelques lecteurs que je conservais ont déserté en masse. Alors qu’un bon Foutage de Gueule me valait au mieux plus de 300 péquins.

    Mais on ne se nourrit pas d’acide chlorhydrique toute sa vie. Je quitte sans regret l’arène du Oueb 3.2.5.5.6 dans laquelle dénigrer, conchier et pontifier sentencieusement demeure l’exercice le plus pratiqué. La recherche du Buzz graveleux a depuis longtemps laissé un champ de ruines dans la notion de partage et de passions qui aiguillaient les premiers fondateurs du Web.

    Des tombereaux de haine se déversent quotidiennement dans les commentaires d'articles. Ces opuscules rageurs sont rédigés par des imbéciles qui confondent un débat avec le déballage indécent d’idées préconçues audibles dans tous les comptoirs de café. Ce faisant — l’ambiance délétère d’une époque minable accentuant le phénomène —, le Oueb s’est métamorphosé en un dépotoir de la pensée humaine. Un remugle pestilentiel qu’un ivrogne atteint de gastroentérite vous souffle à la gueule avec une fatuité toute condescendante. 


    4. Les chantiers en cours…

    Attentats et fanatismes de toutes parts m’ont amené à me plonger sur certains récits plutôt que d’autres. Des histoires qui s’imposaient presque d’elles-mêmes avec des ramifications parfois tentaculaires…

    — Rhésus-Pub :
    Cela m’a demandé un peu plus de temps, mais cette première aventure d’Ethel Arkady sera bientôt prête à être lancée sur la toile. Une fois la routine installée, d'autres nouvelles verront le jour de manière régulière…

    — Adélaïde :
    J’en suis à la deuxième version et il y a encore tant à explorer. Ce Western mêlé de fantasy emprunte sa structure à l’énorme roman Manuscrit trouvé à Saragosse de Jan Potocki. Il y est question d’une épée magique, Adélaïde, qui attise le fanatisme religieux de ceux qui s’en emparent.

    — Pornopolis :
    Ce scénario érotique (mais avec quelques fulgurances horrifiques) situé dans l’univers d’Arkady est appelé à devenir une BD à destination des éditeurs spécialisés dans la fesse facile. Quelques éléments de réflexion politique en rapport indirect avec l’affaire de la dette grecque s'infiltreront dans le récit. Un dossier éditorial sera établi dès que j’aurais achevé une première version du script.

    — La Fille des Serpents :
    Un roman gore à part, que je dois en grande partie à la lecture du livre Redneck movies : Ruralité et dégénérescence dans le cinéma américain de Maxime Lachaud qui m’a bien inspiré. Ma manière de rendre hommage à tout un pan cinématographique viscéral qui exhale des parfums de sueurs rances et de décomposition. Ces productions à petit budget des années 70 dépassent les merdes en plastocs qui s’étalent outrageusement dans les multiplexes.

    — Monatos :
    Je n’ai plus retouché ce scénario depuis un bon moment, mais je tenterais une réécriture dans les plus brefs délais. J’apprécie le cœur de cette histoire et je souhaite qu’elle trouve son public. Les envois aux différents acteurs éditoriaux de la BD n’ayant pas donné grand-chose, il n’est pas impossible que je rédige la seconde version sous forme de roman… À confirmer !

    — Enfin, je proposerais sur le blog un feuilleton au rythme d’un épisode par mois – sauf empêchement ponctuel. Il s’agira d’un conte merveilleux empruntant dans ses premiers chapitres un schéma classique, mais que je m’amuserais à détourner peu à peu de ses rails.

    J’espère que cette histoire vous plaira !


    PS : 

    Et n'oubliez pas :


    Bonne année !

    dimanche 11 janvier 2015

    Éphéméride 2015. L'Année des Ordures !

    Fan-Art de Omaha, the Cat Dancer. Cliquez ici pour la version intégrale !

    Je ne m’autorise que rarement, même sur ce blog, à vous faire part des élans de mon petit cœur fatigué. Parce que soyons sincère, qu’est qu’on en a foutre de mes récriminations ?

    Néanmoins, le premier message de l’année est l’occasion de parler un peu ensemble — enfin moi tout seul surtout — en toute cordialité. Ne vous étonnez donc pas de l’aspect décousu de ce texte, je ne cherche pas à rédiger quelque chose de construit ou à vous enseigner quoique ce soit, ce qui serait grotesque.

    C’est un billet d’humeur, comme je n’en ai plus fait depuis longtemps. Avec toute sa subjectivité viscérale collée à sa peau.

    1. L’Année des Ordures.




    On se réveille avec la gueule de bois avec la France au bord de la guerre civile parce que deux connards ont décidé de faire un carton dans une salle de rédaction. Et que d’autres, les experts télévisuels encartés ouvrent grand leurs claques-merde pour commenter un événement dont nous n’aurons la substantifique moelle que dans une bonne dizaine d’années. Si tant que ne l’ayons, car les deux connards s’étant faits dégommés en mode kamikaze, il va devenir difficile de démêler le vrai de l’affabulation. Les morts ne parlent pas, n’est-ce pas ?

    Que dire de cet acte qui n’ait pas déjà été disséqué par les médias mainstreams, que je n’écoute toujours pas du reste… Mais rien ! Il n’y a rien à en dire, justement. Puisque nous n’en savons que des échos, sur quelles bases solides pourrait-on argumenter ? Aucune ! Oh ! Pourtant, ce n’est pas fini, ça ne fait que commencer, ça va continuer de nous gangréner malgré nous. Comme si le travail des sapes commis par des décennies de « crise » ne suffisait pas à amollir nos cerveaux.

    Le plus idiot dans tout cela c’est que ces malheureux dessinateurs que nous porterons hypocritement aux nus seront instrumentalisés à droite et à gauche, voire serviront de parfait porte-étendard à l’Extrême Droite,[1] cette Extrême droite rampante qu’ils n’ont jamais cessé de brocarder même au pire de leur forme ! Ironie dramatique quand tu nous tiens…

    Alors avant d’entamer de grands discours, l’œil torve empli de certitudes, l’écume haineuse à la gueule, regardez-vous un peu pour voir si votre reflet ne vous renvoie pas l’image d’un beauf à la Cabu !

    Ma seule conviction c’est que le meilleur moyen de dépasser ce bourbier est de continuer à noircir des pages, quitte à déplaire. Ceci nous a rappelé que le crayon et la plume ont conservé intacte la magie qui les entoure.

    2015 promet d’être une belle année pour les ordures. Il ne manque plus que TAFTA passe et je pourrais dire que nous allons couler dans un océan de merdes si profond que nous n’en remonterons probablement jamais.



    Une BD largement fréquentable...

    Récemment, je me demandais pourquoi je n’arrivais plus à écrire de la Scince-Fiction comme à mes balbutiements adolescents. Les derniers mois m’ont suffisamment donné de matière à vomir pour trouver un début de réponse à la question. Non pas que je n’aimasse plus la SF, mais plus les années avance et plus je découvre effaré que mon imaginaire patine par rapport à la réalité. Ce commentaire n’englobe pas la SF de type poétique dont les ressorts ont plus avoir avec la Fantasy et le Fantastique que la véritable anticipation.

    Revoyez et relisez vos classiques ! Le futur c’est maintenant ! Les pires prévisions qu’ont pu faire les auteurs des années 50-70 sont désormais bien ancrées dans notre quotidien…

    Je me rappelle qu'enivré par les trips paranos de Phillip.K.Dick et Richard Matheson, je visualisais ce moment où nous serions tous obligés de contracter 2.300 assurances tandis que nous cotiserions pour une hypothétique retraite à 80 ans. Depuis un nabot est devenu le président de la France et a explosé « le tabou des retraites. ». Sur les traces nihilistes de notre Napoléon bis, des politiciens belges veulent monter l’âge de la retraite à 69 ans...

    Comment encore faire de la SF dans ce contexte ?

    J’ai pourtant essayé plusieurs fois avec des versions space opera du personnage d’Ethel Arkady mais ces tentatives n’ont jamais abouti. Il me manquait toujours quelque chose…

    Je n’arrive plus à me projeter dans un futur, fut-il lointain ou proche. En conséquence, l’univers que je construis autour d’Arkady s’axe à la fois dans le passé et dans la dernière partie sur un présent/futur très légèrement fantasmé. Ce n’est donc pas de la SF, ni de la Fantasy… Et n’ayant pied nulle part, tout du moins je le souhaite ainsi, il m’est loisible d’écrire comme je le veux.

    La Fantasy ne se penche que rarement dans ses soubassements sur des thématiques contemporaines. Notre rapport à la technologie, aux médias et à la politique lui est presque étranger. Le prisme indispensable de la fiction par rapport à l’altérité du présent me paraît avoir été laissé en friche. Je n’ai pas la prétention d’avoir lu tout ce qui ce faisait en Fantasy ou même en SF, ce serait impossible, mais sur la majorité des productions qui me passent entre les mains, et c’est déjà un beau panel, un très petit pourcentage se préoccupe de questions ayant un rapport plus ou moins lointain avec la réalité que nous vivons.

    La littérature de genre des débuts, jusqu’à la fin des années 80[2] me paraissait en phase avec le monde qui nous entourait, que ce soit de manière très directe en exploitant une avancée technologique ou de façon bien plus métaphorique. Les déclinaisons actuelles en revanche font preuve d’une fadeur exemplaire. Comme si le moindre élément susceptible d’entraîner une réflexion en avait été soigneusement expurgé.

    Bien sûr la fiction se doit et avant tout d'être divertissante. Elle doit proposer une bonne histoire et emmener le lecteur dans son univers. Mais c’est encore mieux si elle nous amène dans son sillage à adopter un autre point de vue, qu’elle cherche à nous interroger sur notre propre nature paradoxale.

    À mon humble niveau, c’est ce que je souhaiterais obtenir. J’ai toujours ce désir de ne pas présenter un texte insipide, sans fond, qui ne reprendrait que les stéréotypes que l’on attend de tel ou tel genre. Je veux me servir des genres et non être asservi par eux.

    D’où la forme chaotique qu’adopteront les Aventures d’Ethel Arkady, chaque nouvelle pouvant sauter dans le temps, être simplement divertissante ou posséder dans ses soubassements une allusion à un sujet qui m'interpelle.

    3. La Mort programmée de la Littérature (et affiliés…).

    Le système éditorial est une vieille chose moribonde encore agitée de quelques soubresauts qui nous envoie à la face des pets chargés d’effluves nauséabonds dans le fumet desquels nous pouvons distinguer des fragrances de Marc Levy, d'Amélie Nothomb et autres mastodontes multi-récompensés.

    La fuite en avant du monde du livre me fait peur. Ça sent la naphtaline. Que ce soit dans la Littérature ou dans la BD, ça se crispe, ça coince. Les rotatives tournent de plus en plus vite. Les ouvrages n’ont pas le temps de se gagner un public à la force de leurs idées qu’ils sont éjectés, direction le pilon, pour laisser place à la dernière blogueuse à la mode, à la dernière première dame bafouée.

    Et je ne parle pas de l’horreur logistique qu’entraîne cet état de choses dans mon boulot de bibliothécaire. Même avec un budget assez conséquent, c’est impossible à suivre. C’est ubuesque. Que les auteurs publiés ne touchent plus leurs vies ne me surprend pas quand on voit que la durée d'existence d’un livre ne dépasse pas les deux mois. Certains insectes vivent plus longtemps !

    Cette surproduction étouffe la pluralité de la culture, la tue. Au final, seuls ceux qui ont une promotion digne d’un blockbuster vont réussir à surnager, là où tant d’autres crèveront. Pourtant parfois des petits éditeurs mettent les mains dans le cambouis et accouchent d'un remarquable boulot, exhumant des perles des limbes de l’histoire artistique. Je les salue au passage et les remercie.

    Reste qu’il manque à mon sens une injection de sang neuf dans tout ce bordel. Je serais bien en peine de lister toutes les aberrations systémiques qui gangrènent l’économie du livre, elles sont si nombreuses que cela donne le tournis. Je laisse à des plus patients que moi le soin de se pencher sur la question.

    Dans ce microcosme, les rondes jambes et la cooptation mènent la danse. Je n’y ai pas ma place. J’ai déjà fort affaire, pris entre mon travail alimentaire et une santé parfois déficiente pour me soucier de plaire à untel ou à untel dans le mince espoir que celui-ci daigne jeter un œil approbateur aux modestes fruits de mes efforts.

    J’ai parcouru le long du dur chemin que l’on fait suivre aux auteurs débutants en quelques occasions. Chômeur à l’époque des faits, j’ai malgré tout sacrifié mon maigre pécule sur l’autel de l’un ou l’autre festival de BDs, arpentant des allées empestant le plastique et polluées par des sourires papelards. On a fait des promesses, aucune n’a été tenue.

    Je regrette amèrement d’avoir fait ces démarches, d’avoir engagé une somme de travail, colossale, auprès de dessinateurs croyant tout comme moi dans les possibilités de l’histoire que nous mettions sur pieds. Je suis d’autant plus agacé par cette situation quand je vois les livres et les BDs indigentes qui sont vomis par ce système[3].

    Alors non ! Mes propres productions ne sont pas parfaites. Qui peut prétendre à la perfection ? Elles sont ce qu’elles sont, mais en l’état je les pense ni pire, ni mieux que ce que je peux parfois feuilleter dans les étals des librairies.

    Et si c’est le cas, si elles peuvent trouver un public, se tordre dans tous les sens pour parvenir jusqu’à toi, lecteur, pourquoi n’userais-je pas des plate-formes éditoriales disponibles sur le Oueb ?

    Car c’est peut-être dans les entrailles de silicium que joue le futur de la littérature !

    4. Et donc...


    Recherche pour la couverture de Massacre Payant...


    Donc au fil des ces quelques réflexions que je me désole de vous imposer, mais qui sont restées depuis trop longtemps coincées dans ma gorge, quelle est la suite des événements ?

    Pour certains projets en cours, je continuerais les démarches éditoriales, en sachant que les chances sont infinitésimales. Pour d’autres, et notamment tout ce qui relève du Cycle d’Arkady comme je l’appelle, ce sera peu à peu mis à votre disposition sur la grande toile d’araignée.

    Si j’ai ne serait-ce que deux lecteurs, je considérerais cela comme une victoire ! Oui, je me contente de peu, mais je ne suis pas Valérie Trierweiler.

    En outre, les récits resteront accessibles aussi longtemps que le Web perdurera. J’en imprimerais également certains pour l’une ou l’autres occasions particulières.

    Produire de A à Z une nouvelle, un fascicule est une gageure. Il est toujours préférable d’avoir derrière soi une équipe éditoriale plutôt que de faire tout le boulot soi-même. Parce qu’il apporte un œil frais, un recul et un préposé à la correction des manuscrits, l’éditeur est un auxiliaire irremplaçable. S’en passer c’est ralentir singulièrement le temps d’écriture. Mais je crains soit de n’avoir pas assez de talent, soit de ne pas être commercialement fiable pour parvenir à convaincre un éditeur. Pour le moment au moins.

    Pourtant, je suis un pathétique accroc à l’écriture. Il faut bien que les récits tentent de trouver un lectorat, qu’ils volent de leurs propres ailes, dernières fôtes d’aurtografes incluses.

    Les nouvelles que je balancerais sur le Oueb 2.00 comporteront quelques petites lacunes orthographiques. Je m’en excuse d’avance et prie les éventuels lecteurs de faire preuves d’une certaine indulgence.

    Donc les chantiers en court pour 2015 seront :

    — Blog :

    Conséquemment à mon envie de propulser mes récits dans le Oueb, ce site devrait connaître plusieurs changements significatifs.

    — BD :

    1. Monatos (Avec DuarB) : Nouveau dossier, relance des éditeurs… le scénario est complet. Si rien ne se débloque d’ici l’année suivante, nous aviserons avec le dessinateur de ce que nous ferons… Encore un peu de patience…

    2. La Foie (avec Didizuka) : Je compte finir le scénario de cette histoire qui me tient à cœur dans le courant de cette année. Pour la réalisation ce sera un quatre mains avec Didizuka, bien que je ne sache pas encore la forme que cela prendra. Un dossier sera envoyé aux éditeurs…

    3. l’Ordre Noir : J’aimerais revenir à cette aventure en solo (pour le moment), mais la BD demande énormément d'investissement. Mes conditions d’existence actuelle font que pour un tas de raisons indépendantes de ma volonté, ce temps et surtout l’énergie me manque. Pourtant, l’envie de continuer cette histoire me taraude. Le synopsis est complet, la fin écrite et j'ai quelques pages de découpages d'avance...

    — Écrits :

    1. Quelques nouvelles sont déjà presque achevées. Il ne manque que la mise en forme et des relectures par des tiers pour éliminer au maximum les maladresses. Elles comporteront outre une couverture, des illustrations intérieures. Étant par nature modestement ambitieux, je souhaite que chaque histoire ait un style graphique différent.

    2. D’ici fin Janvier je devrais pondre un roman en quelque 52 heures. Un pari un peu stupide fait dans le cadre du Projet Bradbury, initié par l'écrivain/éditeur Neil Jomunsi. Depuis quelque temps déjà j'avais envie d’obtenir un résulte probant dans des délais resserrés, mais j’ai trop souvent tendance à tourner autour du pot. Ce sera la version finale d’une nouvelle intitulée Massacre Payant dont l’intrigue renvoie autant à la crise financière de 2008. [4] j'en reparlerais prochainement...

    3. Il y aura moins d’articles sans lien direct avec mes fictions sur le blog, pour la bonne raison que leur rédaction me demande du temps, et que ce temps, je veux le récupérer pour mes nouvelles.

    4. Si je participe encore à quelques Appels à Textes ce ne sera qu’avec parcimonie, ce type de concours ne m’inspirant que méfiance. Certaines réponses reçues ayant été très peu courtoises, trop laconiques ou carrément absentes après plusieurs relances. Tous les anthologistes ne sont pas à blâmer et je ne généralise pas, mais un peu de respect pour le travail d’autrui me paraît indispensable pour entamer des relations qui ne soient pas unilatérales entre auteurs et éditeurs… Nous ne sommes pas des chiens !

    Et enfin, malgré tout,

    Une bonne année à vous tous.

    ____________________________________

    [1] - Cela fait un moment que je n’avais plus lu de Charlie Hebdo

    [2] - Qu’on me pardonne mes erreurs de datations et autres approximations, si certains d’entre vous ont quelques meilleures notions que votre humble narrateur, n’hésitez pas à combler mes manques dans les commentaires.

    [3] - Heureusement, l'on trouve de bonnes choses de temps à autre, je vous conseille de vous en remettre à ma Bibliothèque des Ombres pour plus de détails.

    [4] - Toute proportion gardée, ce n’est pas un documentaire. Cette histoire est surtout l’occasion de faire de l’œil aux genres cinématographiques du Giallo et du Slasher dont je suis très friand. Ce roman s’inscrit dans le cadre du Cycle d’Arkady et devrait donc être mis en ligne après relecture. (Il faudra quand même compter plus de 6 mois après rédaction du premier jet.)

    dimanche 12 janvier 2014

    Éphémérides 2014 : L'année de tous les Dangers !


    Bonjour chères lectrices et chers lecteurs…

    Avec la nouvelle année, il est l’heure pour moi de faire une sorte de bilan de ce blog. Cela fait trois ans que je nourris une fois par mois cet espace de liberté où je publie ce qui me traverse la tête dont cet article patchwork. Chaque changement de date est l’occasion de poser des jalons et de regarder ce qui a été fait et ce qui reste à faire. J’achèverais l’article fleuve sur les vampires, bien que les productions que je vise de mes piques - la Bit-Lit dans ce qu’elle peut avoir de plus clichée - s’essoufflent. Il ne reste que quelques indécrottables fanatiques qui ne parviennent pas à voir que la fête est finie.

    Ce dernier point m’inspire une petite réflexion : on pourra me rétorquer que j’ai "beau jeu" de me poser en "père la morale" alors même que j’utilise un univers empreint d’un bestiaire fantastique d’une étonnante similitude avec ce type d'ouvrage que je ridiculise… Après tout, les frasques d’Ethel Arkady se déroulent dans un monde fictionnel en tous points similaire.  N’ai-je pas tout à gagner à la pérennité de ce sous-genre ? Pour ma défense, j’arguerais que les vampires et autres créatures appartiennent à l’ordre de la métaphore. J’en use comme bon me semble et selon l’angle d’attaque que j’ai fixé pour aborder le sujet. Le vampire incarne pour moi « le Capitaliste Ultime ». Il est destiné à être la Némésis d'Ethel Arkady qui symbolise de son côté « la Liberté » dans ce qu’elle peut avoir de plus paradoxale : Arkady pouvant aussi bien décapiter un nouveau-né avec les dents que sauver un SDF sur un coup de tête…

    Ce petit détour par mes propres écrits que je m’applique à rendre cohérent depuis sept ans déjà me fait songer au dilemme qui secoue notre monde humain et dont nous sommes tous les jours pollués par les éructations sonores. Le mantra de nos marionnettistes nous souhaite constamment tendus comme des cordes d’arc obsédées par une « crise » qui n’existe que pour justifier leurs rapacités pantagruéliques. Dans cet environnement mental délétère, ont surgi du net des gourous phagocytant de nobles causes, amalgamant tout et son contraire pour redistribuer des votes en direction du Front National.

    Ce ne serait pas important si ces clébards en rut ne rencontrez pas un tel succès public auprès d’une frange de la population séduite par les sophismes de ces malfaisants dans lesquelles on trouve parfois des pépites d’informations correctes disséminées ça et là comme les cailloux d’un Petit Poucet sadique. Ces amalgames soigneusement conçus rendent d’autant plus virulents les messages conçus par ces crypto-facistes. Tous ces amalgames ont créés une culture dévoyée, profitant des lacunes béantes d’un système d’éducation largement déficitaire qui ne procure pas aux nouveaux citoyens les protections idéologiques dont ils auraient besoin pour juger un tel discours à l’aune d’un esprit critique bien charpenté. Les agitateurs qui se drapent dans les oripeaux d’un catéchisme « antisystème » le savent bien et ils ne proposent que la stratégie du bouc-émissaire. Une méthode qui a en d’autres temps fonctionnée, jusqu’à un certain point…

    Les extrêmes fleurissent comme des champignons, augurant un futur des plus sombres. C’est pourquoi il faut tenter de se rappeler que seul l’Imagination et l'ingéniosité donnent à l’humain l’occasion de s’élever au-delà de sa pitoyable condition. Les solutions à de nombreux problèmes avec lesquels les médias nous angoissent existent, entre les pages des livres, dans la magie de la technologie. Il ne manque que la volonté de les mettre en œuvre. Il est de notre responsabilité de ne pas succomber à la névrose ambiante, de contrôler l’irrationalité qui s’empare de nous lorsque nous sommes acculés par la rumeur pour émerger hors de la vase.

    En cette nouvelle année je ne changerai donc pas mon fusil d’épaule d’autant que les histoires d’Ethel Arkady me permettent de rassembler plusieurs préoccupations qui me tiennent à cœur et qui participent autant de l’observation de la « réalité » tel que nous la construisons que du fantastique le plus pur.

    Pour finir, je vous propose une petite sélection du meilleur et du pire de l’année 2013 (selon moi). Une manière de se faire du bien et de vous recommander quelques nourritures de l’esprit tout en crachant un peu de venin puisque ceci sera le seul article « Foutage de Gueule » de l’année 2014.

    1. Littérature :


    Le meilleur : 

    les Ombres de Canaan / Robert E. Howard.

    Je me replonge avec délectation dans l’univers imaginaire de l’écrivain texan, surtout depuis que ses nouvelles ont été révisées, corrigées et compilées par le traducteur Patrice Louinet qui nous épargne les ajouts de Lyon Sprague De Camps. Rassemblant une sélection de contes horrifiques de Howard, le recueil suit l’évolution de son art dans le domaine du fantastique depuis ses débuts incertains jusqu’à ce que l’auteur trouve sa voie.

    Si Howard est plus connu pour la Fantasy à tendance bourrine avec les aventures de Conan, c’est un réel plaisir de le retrouver sur le terrain du fantastique pur et dur. Les premières nouvelles sont constituées d’hommage à l’écrivain William Hope Hodgson [1]. Elles rappellent par leurs ambiances maritimes et gothiques les récits de Jean Ray [2]. Par la suite Howard se fend de quelques Lovecrafteries et si l’on reconnaît l’empreinte du maître de Providence, la patte d’Howard leur confère une singulière brutalité. La Pierre Noire en particulier, avec son rite démoniaque retranscrit de façon presque clinique par l’écrivain demeure un summum de gore pur et dur.

    Puis le style d'Howard s'affermit. Il décide de transposer des légendes de son Texas natal au sein de sa fiction. Il se débarrasse de toutes influences parasites, dont celle de Lovecraft, qu’il gratifiera d’un pied de nez dans la nouvelle Les Pigeons de l’Enfer. Avec son titre très série Z cette histoire d’horreur d’une efficacité redoutable propose une des plus terrifiantes et originales apparitions de zombie qu’il m’ait été donné de lire. Et après m’être enfilé quelques bouses infâmes sur le sujet (Bonjour le comics Walking Dead), autant dire que cela fait du bien !

    Parsemant l’ouvrage on trouve quelques nouvelles traitant à plusieurs reprises de la réincarnation. Howard accordait du crédit à cette croyance, ce qui donne parfois lieu à des fictions aussi troublantes que poétiques comme « Pour l’amour de Barbara Allen », dans lequel l'auteur change de registre et rédige quelques pages d’une insondable tristesse…

    Tâcheron pissant de la ligne pour les uns ou génie méconnu pour les autres, Howard se situe quelque part entre les deux, mais son talent de conteur ne peut être remis en doute tant ses récits foncent le pied au plancher au cœur du sujet pour embarquer le lecteur ailleurs…

    Le Pire :

    Comprendre l’Empire Alain Soral.

    Quelques précisions préalables : Je suis par essence apolitique et si je respecte votre foi à l’égard des questions religieuses, je déteste que l’on me fasse chier avec un prosélytisme malsain. Il en de même avec des idées issues des égouts de la pensée. Je suis par nature opposé aux régimes maltraitants leurs populations et à toutes formes de censures. Je n’ai pas de carte de partis politiques, ni de sigil ! Maintenant que ceci est clair, allons-y !

    Je me fendais précédemment d’un paragraphe sur les gourous du net, en voici un exemple vivant ! Convaincu par un ami de longue, j’empruntais cet opuscule à la bibliothèque pour m’éclater les rétines à sa lecture. Car qui pourrait trouver des qualités à cette chose puérile d’un homme s’auto congratulant auteur et sociologue. Soyons honnêtes :ceci est un livre de merde !

    Non seulement Alain Soral mélange les sujets les plus diverses qu’il picore dans l’actualité, mais en plus le bougre justifie ses innombrables sophismes par je cite : « Des années de lecture ! » ce à quoi on aimerait demander : « Lesquelles ? » puisque Soral ne nous gratifie d’aucune bibliographie, ceci afin de sauvegarder son lecteur de toutes lourdeurs universitaires. Soral néglige donc l'intelligence de son lecteur tout en l’abreuvant de mots techniques que celui-ci doit maîtriser sous peine de ne pas comprendre les enjeux du texte… Pourtant, une petite bibliographie aurait pu être d’une quelconque utilité à lecteur plus curieux qui aurait apprécié de se désaltérer aux sources de la connaissance de ce grand philosophe qu’est Alain Soral… Égal à lui-même, l'auteur est illogique jusque dans la conception de sa poussive rédaction censée nous expliquer la vie, la mort, le cul en quelque 150 pages.

    Ne nous faisons pas d'illusions, l'auteur ayant autrefois tapiné [3] dans des émissions de télé-réalités sordides pour y exposer son palmarès de dragueur invétéré, il ne faudra pas s’attendre à un style littéraire relevé ni encore moins à des saillies textuelles intelligentes. On nage en plein dans la boue des lieux communs. Combinant un ensemble de phénomènes aléatoires en une seule explication simpliste (tout est de la faute des sionistes-francs-maçons... Ils empoisonnent de l’eau pour qu’on attrape tous un psoriasis…). Lassé de courir après le cul des femmes, je suppose que Soral fait la cour à un pays dans son entier en faisant le pari de le ramener dans le giron d’une extrême droite décomplexée.

    Tout cet assemblage brinquebalant de cliché ne serait pas tragique si l'acculturation causée par les mêmes télé-réalités et leurs logorrhées pour lagomorphes neurasthéniques n’avait envoyé l’esprit critique de la plupart de nos concitoyens dans les chiottes. Comment adhérer aux idées d’un Soral portant aux nues des personnages politiques aussi dangereux que Poutine par exemple, lequel a autrefois descendu froidement sa propre population pour résoudre une prise d’otage.

    Comprendre l’Empire ne propose aucune nouvelle grille de lecture pour saisir les immenses ramifications du pouvoir. L’auteur ne fait aucune différence entre l’ancien capitalisme, défini par son théoricien Adam Smith et le Néo-libéralisme, pas plus qu’il ne suggère de solutions pour sortir de cette solide toile d’araignée où nous sommes tous interconnectés. Pour mettre au point une vision d’avenir il eut fallu se renseigner auprès de scientifiques, d’ingénieurs ; il eût fallu maîtriser tous les paramètres d’un monde complexe en permanente transformation et non en négliger des aspects importants, par exemple l’impact des activités humaines sur l’environnement.

    Soral ne fait qu’exciter l’appétit de la foule pour les explications les plus simples au travers d’un discours brassant dans toutes les doctrines « altermondialistes » pour ne pas révéler les traits grimaçants de sa véritable nature. Derrière son apologie du travail (encore…), du français bien français et du musulman bien musulman se dissimule une haine virulente de tout ce qu’il ne peut comprendre.

    Les allures de matamore du sieur Soral et de sa clique ne doivent pas tromper ! Lui et les siens adoptent une double position paradoxale, faite de provocations morbides dans un premier temps puis, dans un mouvement de reflux pouvant parfois être assimilé à de la lâcheté pure et simple, ils assument une posture de victimes outrées, cibles d’une intelligentsia de « bobos » manipulée par les lobbies « Maçonnico-sioniste » ! Rassurons un peu ces paranoïaques pathologiques [4] : les fameux lobbies existent ! Cependant, ils ne font pas grand-chose pour empêcher les idées malsaines de Soral et de ses complices de se diffuser, Comprendre l’Empire ayant été un succès en librairie… Les concepts d’extrêmes droites auraient-ils quelques invisibles protecteurs, encourageant cette gangrène philosophique à se disséminer dans le corps social ?

    Je ne vais pas m’étendre sur l’énormité de la chose, d’autres l’ont fait mieux que moi, mais il est dommageable de voir à quel point ces idéaux grotesques se répandent, trouvant un terreau durable dans les cerveaux malléables. La multiplication des signaux d’alarme impliquant un signe désormais trop célèbre témoignent d'un dangereux ballet idéologique où les camps opposés se nourrissent de leur haine mutuelle en espérant que le jeu de manipulation leur sera à tous deux favorable… [5]

    2. Bande-dessinée :

    Le Meilleur :


    - Moto Hagio Anthologie Moto Hagio

    En musardant de ça et de là entre les rayonnages encombrés des libraires on peut tomber sur de bonnes choses. Dans le domaine du manga ce sera l’auteure méconnue dans nos contrées Moto Hagio qui dans un style vaporeux démontre sa maîtrise implacable de l’histoire courte à tendance parfois horrifique, souvent fantastique. Reconnue comme l’une des créatrices du shojô [6] dans les années 1970, Moto Hagio explore une narration explosée dosant de manière subtile l’angoisse.

    Enfant meurtrier, double envahissant, gémellité troublante peuplent un univers trouble qui rappelle souvent les meilleurs écrivains du fantastique comme Edgar Allan Poe ou Henry James. Le diable se loge dans les petits détails et le passage d'une case à une autre peu amener un retournement de situation redoutable. En outre Moto Hagio n’hésite pas à changer de genre, arpentant parfois les arcanes d'une SF complexe. Avec Nous Sommes Onze, l’auteure montre toute l’étendue de son talent dans un angoissant huis clos spatial. On regrettera que la suite des aventures des onze se disperse un peu trop. Un écueil largement tempéré par la qualité de la narration et la description d'un univers cohérent.

    Plus qu’une BD classique, cette œuvre participe d’une recherche à la fois graphique et thématique sur le médium tout en repoussant les limites des genres. Malheureusement, la publication qui lui est consacrée par Glénat démontre encore une fois toute la médiocrité de cet éditeur qui nous offre à nouveau des livres fragiles, mal encollés et mal imprimés… Capitalisme sauvage quand tu nous tiens...


    - Sandman / Neil Gaiman.

    Dans le petit monde du comics, Sandman a gagné ses titres de noblesse grâce à un récit morcelé dont chaque fragment peut se lire comme une histoire complète, mais dont l’ensemble des parties forme une vaste saga sur le rêve dont les personnages récurrents ne cessent de se croiser. De 1989 à 1996, Neil Gaiman construit un univers foisonnant, passant d’une époque à une autre pour les besoins de son scénario. Picorant à toutes les traditions de contes et légendes, il cimente sa fiction dans un faisceau de références qui aboutiront à une fin aussi tragique qu’inévitable. Les variations de style graphique peuvent rebuter, chaque chapitre bénéficiant du travail d'un dessinateur différent. Cependant, ces fluctuations possèdent une justification, Neil Gaiman confiant chaque partie de son script à un artiste capable de lui conférer l’ambiance idoine.

    Pourquoi parler d’une BD qui n’est pas récente ? Tout simplement parce que les éditions Urban Comics ont décidé de réimprimer l’ensemble des épisodes en faisant table rase des forfanteries éditoriales de Panini Comics. La traduction a été repensée et quelques planches bonus ont été ajoutées. Des analyses de scénarios et des interviews complètent ces monstrueux ouvrages nous permettant de nous replonger dans un classique de la littérature. On pourra reprocher le prix excessif aux alentours de 35,00 € par album ce qui ne met pas la série à portée de toutes les bourses, mais vous pouvez toujours les faire venir dans vos bibliothèques !

    Quoi qu'il en soit, en passant de la fantasy à l’horreur gothique, Sandman offre en une seule histoire un gigantesque panorama de toute la richesse du fantastique. Une saga qui demeurera l’unique diamant de son auteur, Sandman ayant, épuisé toutes les audaces narratives de Neil Gaiman.  Il ne retrouvera jamais une telle virtuosité et ce ne sont pas ses médiocres romans qui me convaincront du contraire. Une œuvre dont la perfection dépasse tous les codes, les conventions et les stéréotypes du genre… Ce qui est déjà pas mal pour des « petits Mickey »…


    - Cromwell Stone / Andreas.

    Ma découverte de cet auteur complet allemand ne date, à ma grande honte, que de l'année dernière. Doté d’un style anguleux et jouant des possibilités narratives induites par le découpage, Andreas a trituré les capacités de la BD à explorer de nouveaux territoires au travers de scénarios flirtant toujours avec le fantastique et la science-fiction. Cette recherche de l'inquiétante étrangeté va conduire l'Allemand à s'intéresser de près à l'œuvre d'Howard Phillip Lovecraft.

    On a beaucoup glosé sur les difficultés qu’il y avait à adapter Lovecraft dans d’autres médias que la littérature. Ceci s’explique sans doute par une technique d’écriture oscillant entre une précision chirurgicale dans les nombreuses descriptions qui émaillent ses récits et un goût pour l’hypertrophie adverbiale confinant aux délires lorsque les abominations du cosmos achèvent de rendre fous les héros. Cette méthode de narration consistant à empiler les adjectifs et les adverbes les uns derrière les autres créent un effet incantatoire, une ivresse par le verbe.

    À côté de cela on lui reprochera de bâtir des dialogues plats et de négliger la caractérisation de ses personnages, mais c’est oublier que les protagonistes de Lovecraft ne sont que des appareils sensoriels placés là où ils sont pour transmettre aux lecteurs une vérité angoissante avant d’être broyés. À ces difficultés s’ajoute encore la maîtrise totale de la structure de l’histoire. Perfectionniste, Lovecraft peaufinait l'architecture narrative de ses contes. À cet égard, des nouvelles comme l’Appel de Cthulhu, l’Affaire Charles Dexter Ward ou les Montagnes Hallucinées sont des modèles de construction dramatique.

    Ces pièges ne parviennent pas à annihiler l’attrait des beautés morbides suggérées par l’écrivain et de nombreux artistes, toutes pratiques confondues, se sont frottés de front à son l'univers suintant. La plupart ont connu un échec prévisible en tentant de visualiser les créatures du « Mythe de Cthulhu » mais celles-ci s’apparentent à l’incarnation du concept « d’Horreur Cosmique ». Elles sont donc, du fait de leur statue à la limite du symbolique, peu aptes à être matérialisées de manière crédible. Certains exégètes lovecraftiens, plus prudents dans leurs démarches ont biaisé le problème en adaptant les nouvelles de Lovecraft à leurs visions propres. Cette option peut parfois aboutir à des résultats assez étranges comme le Néonomicon d’Alan Moore.

    À l’opposé de ce traitement, Andreas contourne les écueils qui lui barraient la route en s’inspirant de la cosmogonie de Lovecraft sans faire référence à aucun de ses textes. Pourtant, le synopsis de ce triptyque contient tous les éléments pour figurer dans l'univers du reclus de Providence. Ainsi le personnage principal, Cromwell Stone, nous apparait-il d’abord comme un homme traqué par de mystérieux tueurs pour avoir participé à une croisière qui fut le théâtre de phénomènes étranges. Il se réfugie dans une immense bâtisse hantée tandis que d'inquiétants voisins surgissent dans son environnement anxiogène. Le lecteur s’en doute : la maison est liée aux événements de la funèbre croisière, eux-mêmes connectés à l’émergence d’une entité divine perdue sur notre planète. Cromwell Stone, tiraillé par des forces occultes qui le dépasse n’échappera pas à son destin et connaîtra lui aussi un sort bien plus pervers que la mort…

    La dimension d'horreur cosmique donne toute son essence lovecraftienne à un récit mené tambour battant est obtenue grâce au travail graphique d’Andreas rappelant certaines gravures du 19ème siècle. Le noir et blanc tranché apporte une indéniable atmosphère à cette BD qui multiplie les visions dantesques. Cromwell Stone, bien qu’en marge de l’univers de Lovecraft peut se lire comme une synthèse de toutes ses thématiques de prédilection. Au travers de cette BD d'une rare intelligence, Andreas prouve que les meilleures adaptations sont celles qui conservent l’esprit particulier d’un auteur sans en suivre la lettre…

    Le Pire :

    Les sorties de bouses imprimés ont été si nombreuses en 2013 que je n’aurais pas assez d’un livre de 2300 pages pour en venir à bout. Autant se concentrer sur ce qui est bon…

    3. Cinéma :

    - Le meilleur : 


    Je me suis déjà fendu d’un article au sujet de ce film et de ses nombreux détracteurs. Que dire sinon que Tarantino essaie toujours d’exhumer une certaine forme de divertissement populaire sans pour autant renoncer à en faire un objet qui ne serait qu’uniquement marchand. Si on peut lui reprocher sa gouaille et quelques tics de réalisation, le résultat est néanmoins efficace et digne des séries B d’antan. Un spectacle intelligent qui marque le retour du western spaghetti sur grand écran. Que demander d’autre ?





    - Le Pire : 



     - Le Hobbit : La Désolation de Smaug / Peter Jackson.
    En s’occupant du Hobbit, juste après être sorti de la réalisation du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson tente de refaire ce qui a fait son succès dans la fantasy. Las, il semble bien que le système hollywoodien ait dévoré l’âme de Peter Jackson avec la même rapidité que le dragon Smaug croquant un nain.

    Le moindre tic stylistique du réalisateur est multiplié par 1000. Les prises de vue aérienne se muent en complexes mouvements de caméra aussi inutiles que gerbant. Le montage accuse une paresse inouïe là où Peter Jackson n’hésitait pas  autrefois à faire des cuts violents, incisifs qui frappaient par leurs brutalités et donnaient un impact dramatique puissant au passage d’une scène à une autre. La direction photographique atonale ne saisit aucune ambiance. Les différentes séquences éclairées de façon similaire sombrent dans une platitude exaspérante. Ainsi la description d’une ville a-t-elle exactement le même étalonnage qu’une scène angoissante impliquant hallucinations et araignées géantes… La technique du 48 images par seconde confère une texture de plastique à tous les objets, achevant de sortir le spectateur de l’univers du film. Comment prendre fait et cause pour des personnages ressemblant à des playmobiles ?

    D'autre part, le scénario souffre de béances monstrueuses dues aux ajouts qui ont été nécessaires pour faire du Hobbit une saga en trois volets. Ainsi, la love-story esquissé entre un nain semblable à un surfeur californien et une elfe, totalement inutile pour le récit, leste une bonne partie du métrage d’une enfilade de stéréotypes embarrassants. Les exemples de pareilles bourdes abondent pendant ces longues et pénibles 3 heures de projection. Je ne parle pas du jeu misérable des acteurs qui torpille un ensemble déjà saumâtre.

    Le pire étant de voir que de nombreux spectateurs apprécient un tel plat faisandé. Le pire étant de constater qu’un réalisateur que j’ai admiré a définitivement vendu son âme au diable. Le pire étant d’avoir payé ma place pour cette bouse de dragon fumante, espérant encore, niais que je suis, assister à un moment de cinéma et non à un film en plastoc…

    Les résolutions 2014 :

    - Compte tenu des impératifs temporels et du besoin que l’on a parfois de se décrasser la tête (lectures, sport, jeux et autres…) je posterais un peu moins d'articles originaux. Pour l’année 2014, je me contenterais d'achever le long texte sur les vampires et j’entamerais lorsque mon emploi du temps me le permettra la révision d’un article sur H.P.Lovecraft et ses nombreuses déclinaisons.

    - À côté de cela je m’astreindrais remettre en ligne mes illustrations, BDs, peintures, courts-métrages et photographie. Ceci afin de ne pas perdre ce rendez-vous mensuel avec vous.

    - Quelques courtes critiques apparaîtront pour nourrir la Bibliothèque des Ombres, car je m’aperçois que j’ai de plus en plus tendance à oublier ce que j’ai lu. En un autre temps, je tenais un journal de lecture et le moment est venu de me contraindre de nouveau à cette discipline. Si vous rodez en ces lieux vous pourrez y trouver de quoi sustenter votre esprit ou, parfois, passer votre chemin sur tel ou tel gâchis de papiers ayant la forme d’un livre…

    Bonne Année à tous et à toutes.


    ___________________________________________

    [1] - Auteur qui influencera H.P.Lovecraft, notamment pour l'ambiance maritime déliquescente.

    [2] - Écrivain dont je raffole également et que j’avoue avoir plus lu que Hodgson, ceci expliquant cela…

    [3] - Pour reprendre son expression favorite qui revient de manière pathologique dans son discours...

    [4] - Mon avis, pour ce qu'il vaut dans le bras de fer Valls / Dieudonné : Je m'en bats les couilles ! Dieudonné, autrefois piètre humoriste s'est acoquiné à Alain Soral, ce qui le disqualifie d'office comme étant quelqu'un de raisonnable. L'attitude de Valls dans cette affaire est au choix stupidement conne ou dangereusement suicidaire. En tendant à Dieudonné (qui n'attendait que ça !) une aussi belle exposition médiatique il gave une certaine extrême-droite de nouveaux convertis ! A croire que Dieudonné à trouver un nouveau partenaire pour ses sinistres pantalonnades...

    [5] - Pour ceux que la pensée intéresse réellement et qui veulent élargir leurs champs d'investigations et qu'un peu d'effort dans la lecture ne rebute pas, je recommandes quelques ouvrages qui valent bien plus que la marmelade de mots de Soral :  Éloge de la Fuite / Henri Laborit ; La Nouvelle Grille / Henri Laborit ; Ecoute Petit Homme / Wihelm Reich ; Psychologie de masse du Fascisme / Wihelm Reich ; Essai d'exploration de l'Inconscient / C.G.Jung ; L'unique et sa Propriété / Max Stirner ; liste non exhaustive, bien évidemment... D'une manière générale préférez toujours l'original à l'imitation...

    [6] - Qu’on nommera manga « pour fille » bien que cette définition ne corresponde pas vraiment à la réalité d’un courant tiraillé entre d’énormes différences de tonalité...